Discours de la Ministre lors de la réunion des fédérations au CNOSF

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Discours d’introduction

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Merci de votre présence. Je suis heureuse que nous puissions nous retrouver cet après-midi pour ce temps d’échange. Il fait suite à des ateliers de réflexion que vous avez menés avec mes équipes la semaine dernière, je sais que les échanges à cette occasion ont été fructueux, et je suis heureuse que nous puissions être rassemblés aujourd’hui pour en faire la restitution.

Vous savez j’ai accepté avec un grand honneur la mission qui m’a été confiée par le Président de la République et le Premier ministre d’être ministre des Sports.

Tour à tour sportive de haut niveau, éducatrice, dirigeante bénévole d’association, élue, et bien évidemment avant tout en tant que citoyenne, j’ai la conviction que le sport est une pépite sous-utilisée par la société, qui a beaucoup de mal à expliquer avec précision son rôle social, réel, au grand public. Et pourtant le sport est notre bien commun, il est un facteur d’épanouissement, de santé, de bien être, il est l’un des vecteurs de la relation à l’autre.

C’est pour cette raison que j’ai défendu et fait adopter au moment de l’examen du budget un amendement pour que le budget du ministère retrouve son niveau de l’année 2017, année qui fut l’année de référence.

Je veux devant vous aujourd’hui clarifier ma vision, la partager avec vous, comme un cadre de travail qui appelle à faire ensemble.

D’abord nous devons accueillir, les Français, les pratiquants.

Dirigeants et éducateurs du monde sportif français, nous avons une vraie responsabilité : notre mission consiste à trouver du talent aux autres, à ne pas douter, à donner confiance à celles et ceux qui sont prêts à s’engager par et pour le sport, à leur donner les clés pour révéler des qualités qu’ils ignorent parfois en eux.

Je me réjouis de ce défi qui est le mien : être la ministre de ceux qui découvrent le sport, de ceux qui s’entrainent, de ceux qui réussissent à haut niveau et des personnes qui les encadrent. Mais aussi être la ministre de ceux qui recherchent le plaisir du jeu à travers la pratique sportive, de ceux qui n’ont pas encore fait l’expérience du sport, pour favoriser la rencontre entre un individu et l’expérience sportive.

Fidèle aux engagements, mon action doit aussi avoir en ligne de mire l’objectif d’augmenter significativement le nombre de pratiquants. Cela doit passer par des nouvelles offres sportives à destination de tous les publics sur tous les territoires et à tous les âges.

Ensuite nous devons renforcer notre coopération.

Coopérer, c’est faire ensemble, co-construire. C’est aussi nous rapprocher entre disciplines sportives. Et mon ministère sera sensible aux projets et aux actions de partages de pratiques intra et interdisciplinaires, dans une logique d’ouverture qui profite à tous.

Ma démarche sera de redonner leur vraie place aux acteurs de terrain, et vous êtes les premiers d’entre eux, aux côtés des collectivités locales et du monde économique. Coordonnons nos énergies et nos visions pour atteindre cet objectif de développer le sport dans notre pays.

Mon ambition, bien sûr, c’est la réussite.

Mon lointain prédécesseur, Léo Lagrange, disait : « Notre souci est moins de créer des champions (…) que d’incliner la jeunesse de notre pays à aller régulièrement sur le stade, sur le terrain de jeux, à la piscine. » Je partage pleinement cette vision ! Mais je vais plus loin, en affirmant que c’est en incitant la jeunesse de notre pays à aller régulièrement sur le stade, à la piscine ou sur n’importe quel terrain de jeux, que nous participerons à éveiller des envies, à susciter des pratiques, et in fine, à créer une génération de champions. Mon objectif, c’est de réconcilier cette double ambition.

Fixons-nous des objectifs simples, clairs, atteignables, compréhensibles par tous. Viser 3 millions de nouveaux pratiquants et pour ce faire proposer les conditions permettant à chacun de pratiquer une activité sportive, c’est déjà réussir. Je ne veux plus du chiffre comme seul indice de la réussite de nos actions. Ce qui importe c’est comment.

Nous avons la mission de réussir ensemble les Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024.

L’objectif fixé de 80 médailles lors des Jeux de Paris 2024, je ne le vois pas comme l’alpha et l’oméga de notre politique. Je le vois comme un cap, qui nous enjoint à bâtir et à mettre en place une méthode, avec l’ensemble du mouvement sportif français, et avec toutes les parties prenantes. C’est notre intelligence collective et une démarche de confiance qui doivent permettre de définir une trajectoire qui nous rendra plus efficace, plus performant, et plus puissant.

La trajectoire que nous vous proposons est celle d’une nouvelle gouvernance qui redéfinit la place de l’Etat et de tous les acteurs autour d’une même responsabilité : elle est double et indissociable : le développement du sport pour tous et le haut niveau.

A travers cette agence unique du sport à la gouvernance partagée avec les collectivités publiques, le mouvement sportif et le monde économique, nous agirons ensemble, de concert, dans la confiance et le respect de chacun des acteurs.

C’est ainsi que nous réaliserons les engagements majeurs du projet sportif pour notre pays, en « libérant le sport », tout en s’assurant que chacun trouve sa place.

Notre responsabilité est grande : faisons ensemble de la France une nation sportive.

Discours de conclusion

Cher Tony, Chère Emmanuelle, Cher Denis, chers toutes et tous, je vous remercie pour cet exercice de transparence et d’échange.

Nous sommes à un moment important de l’histoire du sport et des institutions sportives. Je veux donc vous parler vrai.

1/ Nous avons décidé de faire ensemble ; c’est inédit pour notre éco-système marqué par des égo habitués à se demander qui domine. J’inclus le ministère bien sûr dans ce constat.

Mais nous avons décidé de donner du souffle au modèle sportif en confiant aux fédérations le soin de construire, de proposer et de rendre visible leurs plans de développement fédéraux.

Ce pouvoir rendu aux fédérations pour aller jusqu’aux clubs va nous imposer à tous de nous placer dans un système de confiance.

Au sein de l’agence, l’Etat accepte un partage inédit de la décision pour faire ensemble, pour « ne plus décider seul de ce qui est bon pour vous ».

Et c’est une révolution pour l’Etat ; faire confiance, faire ensemble, c’est une nouvelle façon de penser et de faire.

Alors, pour réussir, il va falloir que nous fassions tous l’effort de la transparence, de l’exigence, de la lucidité : de la vérité en somme.

Parce que pour durer ensemble nous devons nous dire la vérité.

Pour le haut niveau et la haute performance, la vérité c’est que notre système d’organisation du sport de haut niveau est performant. Nous ne le changerons donc pas. La vérité aussi, c’est que la haute performance qui se fabrique sur la base de facteurs humains dans la cellule de performance entre l’athlète, son entraîneur, n’est pas suffisamment aidée. Cette cellule doit être l’objet de toute notre attention. Je demande à Claude Onesta d’être avec vous, d’être à votre écoute, et je vous demande d’accepter ce challenge, ce regard que je souhaite bienveillant et exigeant pour le sport olympique et paralympique.

Pour le développement, la vérité c’est que les fédérations ne sont plus parfaitement en phase avec les attentes de la société. Pour relever ce challenge auxquels vous êtes nombreux à vous être déjà attelés, vous me trouverez toujours à vos côtés. Mais je ne veux pas de protectionnisme, je veux de l’ambition ; c’est ainsi que vous gagnerez, que nous gagnerons pour le sport dans notre pays.

Pour la démocratie, la vérité c’est que le système électif fédéral reste encore à parfaire pour établir le lien qui va naturellement se renforcer entre les clubs et les instances dirigeantes des fédérations. Mais, sur ce point, je ne veux pas forcer le cours des choses ; d’ores et déjà, 30% des fédérations ont des systèmes électifs qui organisent un parfait chaînage entre la base et les instances dirigeantes. Mon rêve c’est que d’ici 2024 nous soyons tous tout près du but, celui d’une plus grande démocratie en respectant les spécificités de chacun.

Je n’occulterais pas le sujet des CTS. A mon avis, le sport français, ministère, collectivités territoriales, fédérations, doivent aligner leurs ressources humaines aux besoins du nouveau modèle. Et ça ne concerne pas que les CTS ! Sachez que je cherche à avancer dans le respect des personnes.

2/ Alors, nos échanges l’ont montré, tout n’est pas écrit. Et c’est heureux. A l’heure du changement, chacun se projette différemment vers l’avenir, et c’est normal.

Après la concertation, il nous faut passer à la co-construction.

Que signifie la co-construction ?

La confiance d’abord. C’est ainsi qu’il nous faut avancer ensemble.

Un préfigurateur va être prochainement nommé. Il finalisera avec tous les acteurs les paramètres principaux de l’agence :

-  ses statuts : ils s’élaborent et ne sont pas définitifs bien sûr. Chacun sait que des statuts ne sont signés qu’après de longs échanges. Nous ne sommes pas au bout des échanges et c’est normal. Le président du CNOSF consultera bien sûr ses instances avant signature, tout comme les associations représentant les collectivités consulteront les leurs.

-  sa méthode : je demanderai au Préfigurateur d’être participatif et collaboratif. La préfiguration sera bien sûr accompagnée par un comité de pilotage participatif. Mais au-delà, je souhaite qu’un comité d’orientation avec des athlètes et des pratiquants challenge en permanence les décisions.

Au final, ce que nous construisons est un très bon exemple de « gouvernement ouvert ». Fondé sur le tryptique « transparence-participation des citoyens-collaboration avec les acteurs organisés », vous le savez, c’est ce type de gouvernance qui est prôné à l’échelle internationale depuis la COP 21. Ils l’ont dit ; nous le faisons !

La co-construction impose aussi de la patience et de l’endurance : « Paris ne s’est pas fait en un jour » !

Notre organisation va se construire dans la durée sur la base du socle de confiance et de valeurs que nous nous fixerons.

De façon très pragmatique, je le répète, si des fédérations ne se sentent pas capables de produire dès 2019 des projets fédéraux, alors, ce sera pour 2020 et en 2019, la commission territoriale du CNDS persistera.

Il me semble que ce que nous voulons, c’est la réussite collective. Soyons sereins, lucides et simplifions-nous la tâche !

Vous êtes des cadres, des hommes et femmes d’entreprises, des « patrons », et, vous le savez, votre métier, c’est bien pour partie de « gérer l’incertitude »… Je vous fais confiance pour mettre ces qualités au profit de la transformation collective de notre modèle.

Permettez-moi enfin de dire un mot des fuites, des pétitions, dont nous sommes coutumiers.

J’ose vous dire qu’elles ne nous grandissent pas car elles sont signe de fébrilité et de rapports de force qui ne s’expriment pas librement entre nous.

Evitons de laisser le public porter ce regard sur nous. Cela ne nous fait rien gagner.

Nous sommes à un moment où nous devons collectivement et plus que jamais illustrer les valeurs du sport. C’est la condition pour gagner la confiance du public et des institutions en faveur du sport.

Nous faire confiance pour créer la confiance ; c’est le challenge que je vous propose.

A l’heure de la construction de l’héritage des jeux, je compte sur vous pour réussir : pour le sport, pour notre pays, pour les clubs et pour les fédérations. Je vous remercie !

Dernière mise à jour le 16 novembre 2018

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