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Intervention de Rama Yade, Secrétaire d’État chargée des sports, à l’occasion de la « Rencontre du sport scolaire » | 25/05/2010 |

25 mai 2010

Monsieur le Ministre, cher Luc,
Monsieur le Président, cher Denis,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis sportifs,

Le sport sco­laire est né avec l’école. Dès lors que la République s’est fixée pour but de faire de cha­que jeune un citoyen libre et accom­pli, elle a encou­ragé l’accom­pa­gne­ment de l’ensei­gne­ment des dis­ci­pli­nes tra­di­tion­nel­les d’une pra­ti­que spor­tive régu­lière. Son ambi­tion a été de met­tre en pra­ti­que l’anti­que sagesse de Juvénal qui sonne aujourd’hui comme une injonc­tion : un esprit sain dans un corps sain.

Le sport à l’école, ce n’est donc pas un hasard, une lubie ou une mode. C’est un impé­ra­tif de vie et d’éducation. Un impé­ra­tif parce que le sport contri­bue à l’équilibre glo­bal de l’élève : on le sait, la réus­site n’est pas uni­que­ment fonc­tion de la quan­tité des ensei­gne­ments sui­vis. Elle dépend aussi de la cohé­rence du pro­jet éducatif et de sa capa­cité à assu­rer le bien-être des élèves. Et il n’y a rien de tel que l’acti­vité spor­tive pour favo­ri­ser l’épanouissement per­son­nel, sans par­ler de ses atouts en matière de santé publi­que. Un impé­ra­tif encore parce que le sport trans­met des valeurs de res­pect des règles, d’ouver­ture aux autres, et d’esprit d’équipe. Un impé­ra­tif enfin parce que le sport induit aussi le déve­lop­pe­ment de qua­li­tés car­di­na­les : le sens et le goût de l’effort, l’estime de soi, la com­pé­ti­tion qui sont essen­tiels à la réus­site éducative, pro­fes­sion­nelle et sociale.

Si nous som­mes réu­nis aujourd’hui c’est pour essayer de défi­nir ensem­ble une feuille de route afin de favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment et la mise en valeur de la pra­ti­que spor­tive des élèves et ainsi réa­li­ser notre ambi­tion com­mune : faire du sport un axe fort de la réus­site éducative.

Cette feuille de route s’appuie sur deux prin­ci­pes : - d’une part, la volonté farou­che de ren­for­cer la pré­sence du sport à l’école et c’est un pro­jet que le secré­ta­riat d’État au sport a à cœur d’accom­pa­gner ; - et d’autre part, le sou­hait de rap­pro­cher l’école du monde spor­tif. Et le secré­ta­riat d’État au sport inter­vient là en tant que force de pro­po­si­tion, en tant qu’inter­mé­diaire aussi, en tant que sou­tien direct aux poli­ti­ques mises en place enfin.

Le 1er axe de notre ambi­tion doit être de ren­for­cer le sport à l’école. C’est le sou­hait du pré­si­dent de la République qui a plu­sieurs fois insisté sur l’impor­tance de créer le « mi-temps spor­tif » à l’école. Le mi-temps spor­tif c’est quoi ? C’est en fait la mise en place de struc­tu­res et d’horai­res adap­tés en faveur du sport, non pas pour que les élèves devien­nent tous des cham­pions, des outils spé­ci­fi­ques exis­tent déjà pour le sport de haut niveau, mais pour qu’ils béné­fi­cient tous plei­ne­ment des bien­faits phy­si­ques et éducatifs de l’acti­vité spor­tive. Parce que l’on ne refera pas l’école en un jour, ce mi-temps spor­tif est l’hori­zon que nous devons attein­dre. Pas un hori­zon indé­fi­ni­ment reculé cepen­dant, pré­texte à tou­tes les inac­tions. Un but à quoi se mesure nos pro­grès. Cela passe à mon sens par la mise en place de pro­jets expé­ri­men­taux, qui béné­fi­cient aujourd’hui d’une base légis­la­tive solide, et qui peu­vent s’appuyer sur la réus­site de nom­breu­ses sec­tions spor­ti­ves sco­lai­res qui mènent déjà des pro­jets spor­tifs à visée éducative. A cet égard les pro­jets mon­tés à Epinal, dans une dizaine d’établissements sco­lai­res, et à Meaux, au lycée Jean Vilar, ouvrent des pers­pec­ti­ves très inté­res­san­tes. Le film qui nous sera pro­jeté mon­tre à quel point cette solu­tion est sédui­sante et peut s’avé­rer moti­vante pour les élèves concer­nés. Alors voilà, fai­sons aujourd’hui le rêve que plu­sieurs dizai­nes de mil­liers d’élèves pour­ront béné­fi­cier demain d’une dizaine d’heu­res de sport par semaine, grâce à l’éducation phy­si­que et spor­tive, grâce à l’asso­cia­tion spor­tive, grâce aux sec­tions spor­ti­ves. Et n’oublions pas non plus nos Universités qui doi­vent avoir l’ambi­tion de retrou­ver les pres­ti­ges et les suc­cès du sport uni­ver­si­taire. Des pro­jets exis­tent. Mettons les en pers­pec­tive.

Je pense sur­tout au pro­jet du « mi-temps spor­tif ». Je l’avais sou­tenu dès mon arri­vée au secré­ta­riat d’Etat aux Sports et l’avais d’ailleurs évoqué devant le mou­ve­ment spor­tif réuni dans le grand amphi­théâ­tre de la Sorbonne, le 6 octo­bre der­nier.

Je suis donc ravie, Luc, que tu en fas­ses aujourd’hui une prio­rité. Car sans l’Education natio­nale, rien n’est évidemment pos­si­ble.

Je te confirme toute ma dis­po­ni­bi­lité pour que nous tra­vail­lions ensem­ble sur ce sujet si impor­tant. Je pense en effet que le secré­ta­riat d’Etat aux Sports a un rôle impor­tant à jouer dans ce pro­jet éducatif.

Il est un par­te­naire essen­tiel de l’UNSS qu’il a sou­tenu finan­ciè­re­ment à hau­teur de 4,3 mil­lions d’euros en 2009 par le biais de sa conven­tion d’objec­tifs et des sub­ven­tions accor­dées par le Centre natio­nal pour le déve­lop­pe­ment du sport (CNDS).

Il est un sou­tien indis­pen­sa­ble du CNOSF et des autres fédé­ra­tions spor­ti­ves, comme cel­les de l’ath­lé­tisme, du bas­ket-ball, de la gym­nas­ti­que ou du ten­nis, qui pour­raient par­ti­ci­per elles aussi au « mi-temps spor­tif ».

Il est enfin, par le biais du CNDS, un acteur impor­tant dans la cons­truc­tion et la réno­va­tion des équipements spor­tifs. C’est un point impor­tant car, nous le savons tous, la pra­ti­que spor­tive sco­laire est très sou­vent contrainte par un accès dif­fi­cile aux équipements spor­tifs. Le Président de la République nous a demandé de faire du « mi-temps spor­tif » une réa­lité. Le défi est dif­fi­cile. Mais je crois que nous y arri­ve­rons, cher Luc, cher Denis, si nous par­ve­nons à met­tre en com­mun nos efforts.

Le 2e axe de tra­vail est pré­ci­sé­ment de rap­pro­cher le monde sco­laire et le monde spor­tif. Ils se diri­gent trop sou­vent dans la même direc­tion en se croi­sant de temps en temps, for­tui­te­ment ou grâce à des rela­tions per­son­nel­les, mais sans met­tre sys­té­ma­ti­que­ment en com­mun leur énergie. Ils ont pour­tant tout à gagner à mar­cher main dans la main.

Le secré­ta­riat d’État au sport tente de rem­plir cette mis­sion par dif­fé­rents moyens. Elle octroie d’abord des moyens finan­ciers aux fédé­ra­tions sco­lai­res au sein des­quel­les plus de 2,5 mil­lions de jeu­nes pra­ti­quent une acti­vité spor­tive, ce qui cons­ti­tue 15 % des licen­ciés recen­sés au niveau natio­nal. Les trois fédé­ra­tions que sont l’UNSS (union natio­nale du sport sco­laire), l’USEP (union spor­tive de l’ensei­gne­ment pri­maire) et l’USGEL (union spor­tive de l’ensei­gne­ment libre) sont ainsi sub­ven­tion­nées à hau­teur de plus de 5 mil­lions d’euros par an par le secré­ta­riat d’Etat aux Sports et le CNDS. Je n’insis­te­rai pas davan­tage sur ce point, je sais que le public, et notam­ment les jeu­nes cham­pions ici pré­sents, est déjà acquis aux ver­tus de ce qu’on appelle au quo­ti­dien l’AS (asso­cia­tion spor­tive) et qui per­met de se confron­ter régu­liè­re­ment à ses petits cama­ra­des des autres établissements dans une atmo­sphère à la fois joyeuse et com­pé­ti­tive.

Je tiens quand même à saluer l’inves­tis­se­ment majeur et exem­plaire des qua­tre fédé­ra­tions uni­sport repré­sen­tées aujourd’hui et qui porte des pro­jets exem­plai­res en faveur du sport sco­laire : les opé­ra­tions « bas­ket école », « urban athlé », la mise en place du « ten­nis évolutif » ou encore l’har­mo­ni­sa­tion des com­pé­ti­tions et de mani­fes­ta­tions de gym­nas­ti­ques sont autant de preu­ves de leur enga­ge­ment. Les conven­tions qui seront signées dans quel­ques ins­tants confir­ment et conso­li­dent cet inves­tis­se­ment de tous les jours. Merci encore à ces fédé­ra­tions.

Le secré­ta­riat d’Etat au sport est par ailleurs très investi sur la mise en place du volet spor­tif de l’accom­pa­gne­ment éducatif. 20 mil­lions d’euros ont été consa­crés en 2009 à ce dis­po­si­tif par le Centre natio­nal pour le déve­lop­pe­ment du sport (CNDS). Il per­met une décou­verte attrayante et ludi­que pour les élèves d’acti­vi­tés spor­ti­ves sus­cep­ti­bles de débou­cher sur une prise de licence en vue d’une pra­ti­que régu­lière.

Une atten­tion par­ti­cu­lière est por­tée à des publics plus éloignés de la pra­ti­que spor­tive, notam­ment les jeu­nes filles et les élèves han­di­ca­pés, parce que tout le monde doit avoir la chance de béné­fi­cier des ver­tus bien­fai­tri­ces du sport.

Les zones ambi­tions réus­site ont également fait l’objet d’un trai­te­ment plus favo­ra­ble. Là encore l’école doit jouer son rôle d’émancipation sociale en offrant à tous les moyens d’accé­der aux acti­vi­tés spor­ti­ves. En dépit de la conjonc­ture bud­gé­taire dif­fi­cile, 20 mil­lions d’euros sont encore consa­crés à ces pro­gram­mes en 2010.

Je suis ainsi venu ici pour rap­pe­ler mon enga­ge­ment au ser­vice du sport à l’école, au ser­vice du rap­pro­che­ment entre les mon­des sco­laire et spor­tif.

Le sys­tème sco­laire en sor­tira gagnant, la pra­ti­que spor­tive en sor­tira gagnante. Ce n’est pas l’hôte de ces lieux, le pré­si­dent du comité natio­nal olym­pi­que qui me contre­dira, je crois qu’il en est déjà per­suadé. Quant à Luc Châtel, je sais sa dis­po­ni­bi­lité et sa sagesse per­sé­vé­rante.

J’ai donc aujourd’hui l’espoir de vous avoir convaincu, tou­tes et tous, de l’impor­tance de ren­for­cer le sport à l’école et espère que nous aurons la force de por­ter ce pro­jet ensem­ble.

Je vous remer­cie. Seul le pro­noncé fait foi