Un enjeu majeur pour le sport
La prise en compte de cet enjeu constitue un défi de grande ampleur, notamment pour le monde sportif. Chaque acteur du sport (éducateur, organisateur, dirigeant, sportif…) va devoir prendre en compte dans ses objectifs et dans son fonctionnement les contraintes et les opportunités de cette nouvelle donne sociale, environnementale et économique.
Avec 16 millions de licences, 175 000 associations et 60 000 établissements d’activités physiques et sportives, le sport français représente un espace éducatif incomparable. Il constitue en cela, sur la base de la pratique des activités physiques et sportives, un vecteur unique pour engager nos concitoyens dans une démarche environnementale et sociale cohérente, ambitieuse et de qualité.
Une stratégie ambitieuse pour y répondre
Madame Rama YADE, secrétaire d’Etat chargée des sports, a décidé d’adopter d’ici la fin de l’année 2010 une stratégie pour une évolution durable du sport ayant notamment pour objectif d’inscrire les politiques conduites par le ministère, son réseau territorial et ses établissements dans le cadre défini par la Stratégie nationale de développement durable 2010-2013 (SNDD). Elle visera à faire du secrétariat d’Etat aux sports un acteur exemplaire aussi bien dans son organisation et son fonctionnement que dans les politiques publiques qu’il met en œuvre sur le territoire.
L’ambition de la ministre est d’associer l’ensemble des acteurs intervenant dans le champ du sport (CNOSF, fédérations, clubs et comités sportifs, acteurs économiques, collectivités locales, ministères, ONG...) à une démarche de développement durable, qui conduirait de la logique du « toujours plus » à celle du « toujours mieux ».
Les premières Assises nationales du sport et du développement durable du jeudi 20 mai 2010
La ministre a décidé d’organiser en partenariat avec le CNOSF, les premières Assises du sport et du développement durable qui, dans le cadre d’une large consultation, permettront d’arrêter cette stratégie et d’adopter un plan d’actions pluriannuel.
La journée de lancement des Assises
La journée nationale de lancement des Assises s’est tenue le 20 mai 2010, à Paris, en présence de Rama YADE, secrétaire d’État chargée des sports, Chantal JOUANNO, secrétaire d’État chargée de l’écologie et Denis MASSEGLIA, président du CNOSF.
Cette journée a représenté un rendez-vous fondateur, rassemblant 450 personnes issues du mouvement sportif, des services de l’Etat, des collectivités locales, des acteurs et experts économiques, environnementaux et sociaux.
Dans son discours de clôture, Rama YADE a évoqué cinq grands défis pour un développement durable du sport :
La mise en place d’une nouvelle gouvernance du sport.
« Rien n’a jamais été réellement fait pour repenser le système existant, qui se résume le plus souvent à un tête-à-tête entre l’Etat et le mouvement sportif. Les Assises doivent donc nous permettre d’associer d’autres acteurs dans les débats des prochains mois ; pourquoi ne pas envisager, à l’automne prochain, la création d’une instance nationale à la composition élargie, qui serait chargée du suivi de la mise en œuvre des décisions prises à l’issue des Assises. Cette instance serait évidemment ouverte aux collectivités territoriales : principaux financeurs du sport français, elles sont le plus souvent oubliées lorsque vient le moment de prendre des décisions nationales importantes. […]Les industries du sport ne doivent également pas être négligées. [….]Enfin, il ne faut pas non plus hésiter, selon les sujets, à inclure des acteurs qui n’interviennent pas habituellement dans le champ du sport, mais dont l’expertise est indiscutable. »
La place de l’Etat dans cette nouvelle gouvernance.
« L’Etat doit d’abord avoir un rôle d’impulsion et de coordination. J’ai ainsi créé, dès l’automne dernier, une mission « développement durable » sous l’autorité du Directeur des sports. Cette mission a été au cœur de la préparation de ces Assises et a su rassembler autour de ce projet tous les acteurs présents aujourd’hui..[…] L’Etat doit aussi avoir un rôle d’expertise reconnue. Un des objectifs des Assises sera ainsi de compléter la mission avec un centre de ressources dédié au développement durable, chargé de l’analyse, la prospective et l’évaluation des politiques faisant le lien entre sport et développement durable. Ce centre aura notamment vocation à travailler en réseau avec nos services déconcentrés. Le secrétariat d’Etat doit apprendre à mieux travailler avec des acteurs extérieurs au monde du sport. À cet égard, je considère que le renforcement de notre partenariat avec l’ADEME est une priorité. »
Le rôle éducatif du sport.
« L’association sportive, au-delà de l’aire de jeu, est aussi un lieu de transmission de savoir. Le sport inculque des valeurs indispensables au vivre-ensemble, il enseigne des comportements essentiels au respect de l’environnement social et naturel. […] Comment fait-on concrètement pour inciter les associations sportives à développer cette dimension éducative ? Il n’y a pas de réponse évidente à cette question. La réflexion sur les formations dispensées aux éducateurs ou futurs éducateurs doit être engagée. […] Elles doivent inclure une dimension « développement durable » plus forte, en particulier pour les formations professionnelles continues. »
La nécessaire évolution des équipements sportifs.
« Les équipements que nous construisons aujourd’hui ont toujours beaucoup de mal, pour la plupart, à bien prendre en compte les exigences du développement durable, que ce soit les impératifs écologiques ou les besoins sociaux des pratiquants, des parents et des bénévoles. Il me semble donc urgent de faire sortir de terre une nouvelle génération d’équipements sportifs. Il faut remettre les architectes, les urbanistes au cœur de ces préoccupations. »
La stratégie d’accueil de la France en matière d’événements sportifs.
« Il y a évidemment un travail sérieux à effectuer pour pouvoir, le plus en amont possible, concevoir des candidatures respectant les critères de plus en plus stricts imposés par les organisations internationales. Mais je pense qu’il faut aller plus loin et avoir une plus grande ambition pour notre pays. Mon ambition n’est pas seulement que la France soit un pays respectueux des normes de développement durable. Mon ambition, c’est que notre pays devienne le pays référence en la matière. Je souhaite créer un modèle français d’organisation durable des événements sportifs, irréprochable dans la conception des dossiers et la préparation des candidatures, innovant dans l’animation des compétitions pendant leur déroulement, et exemplaire concernant l’héritage économique, social et écologique laissé à la ville hôte et la contribution au développement du sport sur le territoire en question. »
« En montrant aujourd’hui qu’il était prêt à relever ce défi immense – tant environnemental qu’économique ou social – que représente le développement durable, le sport confirme, une nouvelle fois, qu’il est un fait de société majeur », a conclu la secrétaire d’Etat.
| Pour mettre en œuvre la future stratégie nationale du sport et du développement durable, la secrétaire d’Etat a également proposé une méthode qui s’appuie sur quatre éléments principaux : |
Documents :
Programme de la journée de lancement des Assises nationales du sport et du développement durable - 20 mai 2010
Rapport écrit des interventions et tables rondes – assises SDD - 20 mai 2010
Calendrier des assises territoriales
Communiqués de presse :
Date à retenir des assises nationales du sport et du développement durable
Communiqué de presse des assises nationales du sport et du développement durable
Discours - 20 mai 2010 :
Discours d’ouverture de Rama Yade
Discours de clôture de Rama Yade
Discours de Denis Masseglia
Vidéos du 20 mai 2010 :
Voir les films
Des Assises territoriales et une conclusion nationale
Les Assises se poursuivront par des journées interrégionales et régionales en outre-mer, jusqu’en octobre prochain. Ces journées ont vocation à favoriser le dialogue entre les différentes parties prenantes du sport et du développement durable, à promouvoir des bonnes pratiques et à proposer des actions à mettre en œuvre dans le cadre de la future stratégie nationale.
En parallèle, le secrétariat d’Etat aux sports va animer des groupes de travail chargés de travailler sur les priorités annoncées par la secrétaire d’Etat dans son discours de clôture du 20 mai et solliciter la contribution de près de 150 experts reconnus dans ce champ ainsi que l’ensemble des acteurs concernés.
Une journée de conclusion sera ensuite organisée pour présenter la stratégie adoptée et mobiliser tous les acteurs pour sa mise en œuvre.
Le bilan Carbone® des activités sportives fédérales
Le Bilan Carbone® est une méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre à partir de données facilement disponibles pour parvenir à une bonne évaluation des émissions directes ou induites par une activité. Son objectif est de permettre d’établir un plan d’actions pour réduire ces émissions, qui se décline, pour le mouvement sportif, selon trois axes :
permettre le chiffrage des émissions de gaz à Effet de Serre engendrées par ses activités (stages de formation, rassemblements statutaires, compétitions, locaux, etc.) ;
déterminer les priorités d’actions et aider à la mise en place de plans d’action formalisant l’engagement des directions nationales, des ligues, comités ou des clubs dans le sens des réductions des émissions ;
évaluer la dépendance des activités sportives fédérales aux variations du coût de l’énergie et les engager dans une démarche d’adaptation aux changements induits par le réchauffement climatique.
Grâce à cette méthode, toute entité (dont une Fédération sportive) désirant agir pour limiter la dérive climatique peut ainsi connaître sa pression globale sur le climat et ses marges de manœuvre à court et moyen terme pour la faire baisser. A plus long terme, l’objectif est de modifier la stratégie de l’activité pour la rendre progressivement moins « riche » en émissions de gaz à effet de serre et en limiter les conséquences pour les Fédérations.
La décision d’une fédération sportive de conduire un Bilan Carbone® est stratégique pour chacun des échelons fédéraux. Elle nécessite une validation précise des instances dirigeantes et, autant que possible, la mobilisation d’un binôme élu et responsable technique pour assurer la pérennité du projet. Deux options sont possibles et peuvent se compléter pour mettre en œuvre la réalisation d’un Bilan Carbone® :
En interne : l’association peut décider de faire réaliser ce Bilan Carbone® par un membre de son équipe. Dans ce cas, cette personne devra participer à une session de formation « Bilan Carbone® » organisée par l’ADEME, afin d’acquérir les bases indispensables pour la réalisation d’un tel travail ;
Avec l’aide d’un bureau d’études spécialisé, l’association peut décider de faire réaliser le travail par un bureau d’études titulaire d’une attestation de formation ADEME.
Un guide pratique permettant la réalisation du Bilan Carbone® des activités sportives fédérales et une plaquette de communication ont été élaborés à cette attention par le ministère chargé des sports et l’ADEME en coopération avec le ministère chargé du développement durable et le CNOSF et en appui avec 5 fédérations sportives volontaires.
Documents :
Télécharger le guide
Télécharger la plaquette de présentation
Des ressources sport et développement durable
Beaucoup d’acteurs du sport réfléchissent, travaillent sur le sujet du sport et du développement durable et produisent des outils remarquables. Le ministère chargé des sports souhaite mettre en avant et mutualiser ces travaux dans l’objectif de développer durablement le sport. Chaque acteur est ainsi sollicité pour y apporter sa contribution, tenant compte de sa spécificité et de son savoir faire.
Des ressources téléchargeables
Une première sélection non exhaustive de documents est proposée sur ce site. Elle présente une série d’outils (guide, charte, Agenda 21…) directement opérationnels pour les acteurs du sport désirant s’investir pour un développement durable du sport.
Faites connaître vos actions, expériences et outils.
Le ministère chargé des sports souhaite connaître l’ensemble des contributions entrant dans une dynamique de développement durable. Nous encourageons chaque acteur concerné donc à remplir ce questionnaire en ligne.

