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Femmes et sport

5 mars 2009

Le minis­tère mène une poli­ti­que volon­ta­riste pour déve­lop­per la pra­ti­que fémi­nine, notam­ment dans les quar­tiers sen­si­bles, et favo­ri­ser l’accès des fem­mes aux pos­tes à res­pon­sa­bi­li­tés dans les ins­ti­tu­tions spor­ti­ves.

Des constats

Les fem­mes sont de plus en plus nom­breu­ses à pra­ti­quer des acti­vi­tés phy­si­ques et spor­ti­ves : de 9% en 1968, on cons­tate une pro­gres­sion à 48% aujourd’hui. Cependant, même si elle aug­mente, la pra­ti­que fémi­nine licen­ciée, reste net­te­ment en retrait par rap­port à celle des hom­mes puis­que 2/3 des licen­cié(e)s sont des hom­mes.
De plus, le déve­lop­pe­ment de nou­veaux freins cultu­rels d’ordre com­mu­nau­taire dans les quar­tiers sen­si­bles entraîne une lente exclu­sion des jeu­nes filles dans les quar­tiers sen­si­bles. Le sport fémi­nin dif­fère encore sen­si­ble­ment du sport mas­cu­lin, qu’il s’agisse des dis­ci­pli­nes choi­sies, de l’inten­sité des acti­vi­tés au cours de la vie, des lieux de pra­ti­ques ou encore de l’enga­ge­ment dans la com­pé­ti­tion. En effet, au 31 décem­bre 2006, 34 % des spor­tifs de haut niveau ins­crits sur les lis­tes minis­té­riel­les sont des fem­mes.
Concernant l’accès des fem­mes aux pos­tes à res­pon­sa­bi­lité(s), plus on pro­gresse dans la « hié­rar­chie », moins il y a de fem­mes.... Ce cons­tat de cette sous-repré­sen­ta­tion fémi­nine aux pos­tes de res­pon­sa­bi­lité élective est également observé en matière d’enca­dre­ment tech­ni­que. A titre de sim­ples illus­tra­tions, au 31 décem­bre 2006, 30% des conseillers tech­ni­ques spor­tifs (CTS), 10% des entraî­neurs natio­naux(ales) (EN) et 4% des direc­teurs tech­ni­ques natio­naux (DTN) sont des fem­mes.
Enfin, l’accès des fem­mes aux for­ma­tions et aux métiers du sport reste encore insuf­fi­sant.

Des avancées importantes

Au plan natio­nal

- L’ensem­ble des minis­tè­res, dont le minis­tère de la santé, de la jeu­nesse, des sports et de la vie asso­cia­tive a par­ti­cipé, dès 2003, à l’élaboration de la charte « Pour l’égalité des hom­mes et des fem­mes, la France s’engage » afin que cette préoc­cu­pa­tion soit inté­grée dans les poli­ti­ques publi­ques, aux échelons natio­nal, régio­nal et local. Ainsi, en 2004, le MSJS s’est-il notam­ment engagé à :

  • observer les situations des femmes et des hommes dans la fonction publique,
  • valoriser l’accès à la fonction publique,
  • sensibiliser et former les personnels à la dimension de l’égalité,
  • respecter la parité dans les jurys et les instances administratives.

    A titre de simple illustration, la part des femmes chefs de bureau au sein de l’administration centrale du MSJSVA est passée de 28,2% en 2000 à 47,6% en 2004.

- un groupe de tra­vail natio­nal « Femmes et Sports » a été mis en place en 2004, pré­sidé par Madame Brigitte Deydier, alors vice-pré­si­dente de la fédé­ra­tion fran­çaise de Judo, ; il a mené de nom­breu­ses consul­ta­tions et recher­ches autour de 2 thè­mes :

  • l’accès des femmes aux fonctions dirigeantes,
  • la pratique des jeunes filles et femmes dans les quartiers urbains sensibles. Il a remis son rapport « Femmes et Sports » aux ministres, le 21 avril 2004, lors de la 6e conférence européenne.
    Le MSJSVA a décidé de réaliser une plaquette « Femmes et Sport : de la réflexion à l’action » (décembre 2004) présentant les préconisations de ce rapport, ainsi que les actions qu’il entend conduire et/ou soutenir à titre prioritaire en 2005. Cette plaquette avait pour objet de mieux faire connaître les travaux conduits par ce groupe de travail et de donner aux acteurs amenés à développer des politiques sportives les moyens d’améliorer l’image, la place et le rôle des femmes dans le sport.

Au plan euro­péen

- La France a assuré, d’avril 2002 à avril 2004, la pré­si­dence du réseau euro­péen « Femmes et sports », struc­ture infor­melle liée à la Conférence spor­tive euro­péenne et ras­sem­blant des repré­sen­tants des gou­ver­ne­ments et des mou­ve­ments spor­tifs euro­péens (41 Etats euro­péens actuel­le­ment repré­sen­tés).

Conçue dès l’ori­gine dans le cadre d’une démar­che par­te­na­riale entre le MSJS et le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), cette pré­si­dence avait pour objec­tifs de :

  • Contribuer au développement d’une culture de l’égalité entre les hommes et les femmes conforme aux recommandations du Groupe Européen « Femmes et Sports » et selon les principes de l’approche intégrée de l’égalité entre les hommes et les femmes (gender mainstreaming) ;
  • Développer le réseau européen en renforçant les coopérations avec les pays du sud de l’Europe et le nouveau réseau des pays méditerranéens ;
  • Échanger les savoir-faire et développer les coopérations multilatérales dans le but de promouvoir les projets « femmes et sport » et d’accroître ainsi la démocratie dans la société ;
  • Encourager les efforts nationaux et internationaux en vue d’améliorer la place des femmes aux postes de responsabilité pour garantir un meilleur équilibre des décisions ;
  • Favoriser la présence de femmes dans toutes les délégations nationales lors des compétitions organisées en Europe et notamment aux Jeux Olympiques d’Athènes 2004 ;
  • Promouvoir la réflexion et l’action pour l’égalité dans l’éducation dans le cadre de la préparation de « l’année européenne de l’éducation par le sport ».

    La 6e conférence européenne du réseau européen « Femmes et sports », organisée à Paris les 24, 25 et 26 avril 2004, avait pour thème « Femmes, Sport et Démocratie. Les femmes, un enjeu pour le sport. Le sport, un enjeu pour les femmes ».
    Elle a été clôturée par un « appel à l’action » de tou(te)s les participant(e)s à tous les pays européens pour développer le principe d’égalité dans le sport. A cette occasion a été réaffirmé le besoin de coopération et de coordination entre les organisations européennes et nationales, gouvernementales et non gouvernementales, ainsi qu’avec les organisations olympiques responsables des questions liées à la part et à la place des femmes dans le sport.

- Les pro­gram­mes d’échanges spor­tifs, négo­ciés en appli­ca­tion d’accords bila­té­raux, signés par la France avec une quin­zaine d’Etats euro­péens, offrent l’oppor­tu­nité de confron­ter des expé­rien­ces fran­çai­ses et étrangères par l’ins­crip­tion de points spé­ci­fi­ques « Femmes et sport ». A titre d’illus­tra­tion, un échange avec l’Allemagne a traité, en 2004, des ques­tions com­pa­rées de l’accès des fem­mes aux res­pon­sa­bi­li­tés dans les ins­tan­ces spor­ti­ves et des pro­blé­ma­ti­ques par­ti­cu­liè­res liées à la pra­ti­que spor­tive fémi­nine dans les quar­tiers sen­si­bles.

Les concours national et régionaux Femmes et sport

Les concours natio­nal et régio­naux ont été reconduits en 2009

En France, depuis 2005, le Ministère de la santé et des sports (MSS) et le Comité natio­nal olym­pi­que et spor­tif fran­çais (CNOSF) ne sont pas en reste puisqu’ils orga­ni­sent les concours « fem­mes et sport » dont l’objec­tif est de pro­mou­voir l’image, la place et le rôle des fem­mes dans les pra­ti­ques phy­si­ques et spor­ti­ves.
Les prix attri­bués en 2009 :
Un tro­phée et trois prix étaient en jeu :
1/ Le prix « Sport : le coup de pouce » [récom­pense d’une valeur de 5 000 €], qui récom­pense une per­sonne de moins de 30 ans pour son inves­tis­se­ment exem­plaire, au plan ter­ri­to­rial, en qua­lité de béné­vole sur cette thé­ma­ti­que, quelle que soit la nature de son enga­ge­ment [diri­geant(e), arbi­tre, spor­tif(ve), éducateur(trice)…]. Le prix a été attri­bué à Julie Lazard, 20 ans lau­réats de la région Bourgogne, pour son inves­tis­se­ment exem­plaire en Savate, boxe fran­çaise.
2/ Le prix « Sport, filles et cités » [10 000 €], qui récom­pense la meilleure stra­té­gie ou action en matière de déve­lop­pe­ment de la pra­ti­que – phy­si­que et spor­tive – fémi­nine ou mixte (hom­mes / fem­mes) dans les quar­tiers urbains sen­si­bles ; Le prix a été attri­bué à l’asso­cia­tion de Boxing club des Fontaines lau­réate de la région Centre pour son action d’Aéroboxe mise en place afin de favo­ri­ser les mixi­tés par la pra­ti­que de la boxe.
3/ Le prix « Sport : le coup de cœur » [valeur de 5 000 €], qui récom­pense une per­sonne pour son par­cours et son inves­tis­se­ment exem­plai­res, au plan ter­ri­to­rial, en qua­lité de béné­vole sur cette thé­ma­ti­que, quelle que soit la nature de son enga­ge­ment [diri­geant(e), arbi­tre, spor­tif (ve), éducateur (trice)…] est décerné à Elisabeth Biais, lau­réate de la région Ile-de-France pour son inves­tis­se­ment dans le karaté.
4/ Le tro­phée natio­nal « Femmes et sport » [15 000 €], qui récom­pense la meilleure stra­té­gie ou action menée par une fédé­ra­tion spor­tive en matière de fémi­ni­sa­tion des pos­tes à res­pon­sa­bi­li­tés (fonc­tions électives, tech­ni­ques ou à titre pro­fes­sion­nel) et / ou de déve­lop­pe­ment de la pra­ti­que – phy­si­que et spor­tive – fémi­nine. Le prix a été attri­bué à la Fédération fran­çaise de foot­ball pour son plan d’action qua­drien­nal 2008-2012 de fémi­ni­sa­tion.

Le jury au niveau natio­nal était pré­sidé en 2009 par : Cathy Melain, joueuse de bas­ket-ball fran­çaise, capi­taine de l’équipe de France. Elle est dou­ble cham­pionne d’Europe avec l’équipe de France, en 2001 et 2009. Avec son club de Bourges, elle a rem­porté à trois repri­ses la com­pé­ti­tion de clubs la plus impor­tante en Europe, l’Euroligue. De plus la Fédération Française de bas­ket-ball a été lau­réate du tro­phée natio­nal Femmes et sport lors de l’édition 2008 du concours.

L’ensem­ble des actions pré­sen­tées au titre du concours « fem­mes et sport » témoi­gnent de la forte impli­ca­tion indi­vi­duelle et col­lec­tive des acteurs (tri­ces) du sport pour déve­lop­per le sport fémi­nin et amé­lio­rer l’accès des fem­mes aux pos­tes de res­pon­sa­bi­lité et don­ner ainsi à cha­cun une l’oppor­tu­nité de s’épanouir et de ser­vir le sport.

Le pôle ressources national (PRN) « Sport, famille et pratiques féminines »

Afin de ren­for­cer l’impact des mesu­res pri­ses en faveur de la pra­ti­que spor­tive fémi­nine et de l’accès des fem­mes aux fonc­tions de diri­gean­tes, le minis­tère a créé de créer le pôle res­sour­ces natio­nal « Sport, famille et pra­ti­ques fémi­ni­nes » implanté au CREPS PACA - Site d’Aix-en Provence

Les moyens humains et financiers

Les moyens humains

Une per­sonne est char­gée de mis­sion natio­nale sur ce dos­sier à la direc­tion des sports.

Par ailleurs, dans cha­que région a été dési­gnée un(e) cor­res­pon­dant(e) régio­nal(e) « Femmes et Sport » Liste des cor­res­pon­dants régio­naux « Femmes et Sport ».

Les moyens finan­ciers

Dans le cadre des conven­tions d’objec­tifs pas­sées annuel­le­ment entre le minis­tère chargé des sports et les fédé­ra­tions spor­ti­ves, les fédé­ra­tions peu­vent béné­fi­cier de sub­ven­tions pour des actions spé­ci­fi­ques « fem­mes et sport ». Ces finan­ce­ments ont notam­ment per­mis d’orga­ni­ser des actions d’accom­pa­gne­ment des diri­gean­tes ou entraî­neu­res, des actions spé­ci­fi­ques pour per­met­tre l’accès des jeu­nes filles à la per­for­mance, des actions de sen­si­bi­li­sa­tion, des actions pro­mo­tion­nel­les.
Sur la part régio­nale du CNDS, des cré­dits sont également consa­crés à des actions spé­ci­fi­ques de déve­lop­pe­ment de la pra­ti­que fémi­nine (5 % des sub­ven­tions allouées par le CNDS). Près de 10% du mon­tant des sub­ven­tions est consa­cré à la pra­ti­que fémi­nine dans les quar­tiers sen­si­bles.
Le plan de créa­tion d’emplois qua­li­fiés (dit « 1000 emplois STAPS ») se déploie selon 3 pro­gram­mes dont l’un concerne le déve­lop­pe­ment et la valo­ri­sa­tion, d’une part, du sport fémi­nin en géné­ral et, d’autre part, du hand­ball fémi­nin, en par­ti­cu­lier, à l’occa­sion des cham­pion­nats du monde de hand­ball fémi­nin qui a été orga­nisé en France en décem­bre 2007.