Des constats
Les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer des activités physiques et sportives : de 9% en 1968, on constate une progression à 48% aujourd’hui. Cependant, même si elle augmente, la pratique féminine licenciée, reste nettement en retrait par rapport à celle des hommes puisque 2/3 des licencié(e)s sont des hommes.
De plus, le développement de nouveaux freins culturels d’ordre communautaire dans les quartiers sensibles entraîne une lente exclusion des jeunes filles dans les quartiers sensibles.
Le sport féminin diffère encore sensiblement du sport masculin, qu’il s’agisse des disciplines choisies, de l’intensité des activités au cours de la vie, des lieux de pratiques ou encore de l’engagement dans la compétition. En effet, au 31 décembre 2006, 34 % des sportifs de haut niveau inscrits sur les listes ministérielles sont des femmes.
Concernant l’accès des femmes aux postes à responsabilité(s), plus on progresse dans la « hiérarchie », moins il y a de femmes....
Ce constat de cette sous-représentation féminine aux postes de responsabilité élective est également observé en matière d’encadrement technique. A titre de simples illustrations, au 31 décembre 2006, 30% des conseillers techniques sportifs (CTS), 10% des entraîneurs nationaux(ales) (EN) et 4% des directeurs techniques nationaux (DTN) sont des femmes.
Enfin, l’accès des femmes aux formations et aux métiers du sport reste encore insuffisant.
Des avancées importantes
Au plan national
L’ensemble des ministères, dont le ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative a participé, dès 2003, à l’élaboration de la charte « Pour l’égalité des hommes et des femmes, la France s’engage » afin que cette préoccupation soit intégrée dans les politiques publiques, aux échelons national, régional et local. Ainsi, en 2004, le MSJS s’est-il notamment engagé à :
- observer les situations des femmes et des hommes dans la fonction publique,
- valoriser l’accès à la fonction publique,
- sensibiliser et former les personnels à la dimension de l’égalité,
- respecter la parité dans les jurys et les instances administratives.
A titre de simple illustration, la part des femmes chefs de bureau au sein de l’administration centrale du MSJSVA est passée de 28,2% en 2000 à 47,6% en 2004.
un groupe de travail national « Femmes et Sports » a été mis en place en 2004, présidé par Madame Brigitte Deydier, alors vice-présidente de la fédération française de Judo, ; il a mené de nombreuses consultations et recherches autour de 2 thèmes :
- l’accès des femmes aux fonctions dirigeantes,
- la pratique des jeunes filles et femmes dans les quartiers urbains sensibles. Il a remis son rapport « Femmes et Sports » aux ministres, le 21 avril 2004, lors de la 6e conférence européenne.
Le MSJSVA a décidé de réaliser une plaquette « Femmes et Sport : de la réflexion à l’action » (décembre 2004) présentant les préconisations de ce rapport, ainsi que les actions qu’il entend conduire et/ou soutenir à titre prioritaire en 2005. Cette plaquette avait pour objet de mieux faire connaître les travaux conduits par ce groupe de travail et de donner aux acteurs amenés à développer des politiques sportives les moyens d’améliorer l’image, la place et le rôle des femmes dans le sport.
Au plan européen
La France a assuré, d’avril 2002 à avril 2004, la présidence du réseau européen « Femmes et sports », structure informelle liée à la Conférence sportive européenne et rassemblant des représentants des gouvernements et des mouvements sportifs européens (41 Etats européens actuellement représentés).
Conçue dès l’origine dans le cadre d’une démarche partenariale entre le MSJS et le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), cette présidence avait pour objectifs de :
- Contribuer au développement d’une culture de l’égalité entre les hommes et les femmes conforme aux recommandations du Groupe Européen « Femmes et Sports » et selon les principes de l’approche intégrée de l’égalité entre les hommes et les femmes (gender mainstreaming) ;
- Développer le réseau européen en renforçant les coopérations avec les pays du sud de l’Europe et le nouveau réseau des pays méditerranéens ;
- Échanger les savoir-faire et développer les coopérations multilatérales dans le but de promouvoir les projets « femmes et sport » et d’accroître ainsi la démocratie dans la société ;
- Encourager les efforts nationaux et internationaux en vue d’améliorer la place des femmes aux postes de responsabilité pour garantir un meilleur équilibre des décisions ;
- Favoriser la présence de femmes dans toutes les délégations nationales lors des compétitions organisées en Europe et notamment aux Jeux Olympiques d’Athènes 2004 ;
- Promouvoir la réflexion et l’action pour l’égalité dans l’éducation dans le cadre de la préparation de « l’année européenne de l’éducation par le sport ».
La 6e conférence européenne du réseau européen « Femmes et sports », organisée à Paris les 24, 25 et 26 avril 2004, avait pour thème « Femmes, Sport et Démocratie. Les femmes, un enjeu pour le sport. Le sport, un enjeu pour les femmes ».
Elle a été clôturée par un « appel à l’action » de tou(te)s les participant(e)s à tous les pays européens pour développer le principe d’égalité dans le sport. A cette occasion a été réaffirmé le besoin de coopération et de coordination entre les organisations européennes et nationales, gouvernementales et non gouvernementales, ainsi qu’avec les organisations olympiques responsables des questions liées à la part et à la place des femmes dans le sport.
Les programmes d’échanges sportifs, négociés en application d’accords bilatéraux, signés par la France avec une quinzaine d’Etats européens, offrent l’opportunité de confronter des expériences françaises et étrangères par l’inscription de points spécifiques « Femmes et sport ». A titre d’illustration, un échange avec l’Allemagne a traité, en 2004, des questions comparées de l’accès des femmes aux responsabilités dans les instances sportives et des problématiques particulières liées à la pratique sportive féminine dans les quartiers sensibles.
Les concours national et régionaux Femmes et sport
Les concours national et régionaux ont été reconduits en 2009
En France, depuis 2005, le Ministère de la santé et des sports (MSS) et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) ne sont pas en reste puisqu’ils organisent les concours « femmes et sport » dont l’objectif est de promouvoir l’image, la place et le rôle des femmes dans les pratiques physiques et sportives.
Les prix attribués en 2009 :
Un trophée et trois prix étaient en jeu :
1/ Le prix « Sport : le coup de pouce » [récompense d’une valeur de 5 000 €], qui récompense une personne de moins de 30 ans pour son investissement exemplaire, au plan territorial, en qualité de bénévole sur cette thématique, quelle que soit la nature de son engagement [dirigeant(e), arbitre, sportif(ve), éducateur(trice)…]. Le prix a été attribué à Julie Lazard, 20 ans lauréats de la région Bourgogne, pour son investissement exemplaire en Savate, boxe française.
2/ Le prix « Sport, filles et cités » [10 000 €], qui récompense la meilleure stratégie ou action en matière de développement de la pratique – physique et sportive – féminine ou mixte (hommes / femmes) dans les quartiers urbains sensibles ; Le prix a été attribué à l’association de Boxing club des Fontaines lauréate de la région Centre pour son action d’Aéroboxe mise en place afin de favoriser les mixités par la pratique de la boxe.
3/ Le prix « Sport : le coup de cœur » [valeur de 5 000 €], qui récompense une personne pour son parcours et son investissement exemplaires, au plan territorial, en qualité de bénévole sur cette thématique, quelle que soit la nature de son engagement [dirigeant(e), arbitre, sportif (ve), éducateur (trice)…] est décerné à Elisabeth Biais, lauréate de la région Ile-de-France pour son investissement dans le karaté.
4/ Le trophée national « Femmes et sport » [15 000 €], qui récompense la meilleure stratégie ou action menée par une fédération sportive en matière de féminisation des postes à responsabilités (fonctions électives, techniques ou à titre professionnel) et / ou de développement de la pratique – physique et sportive – féminine. Le prix a été attribué à la Fédération française de football pour son plan d’action quadriennal 2008-2012 de féminisation.
Le jury au niveau national était présidé en 2009 par : Cathy Melain, joueuse de basket-ball française, capitaine de l’équipe de France. Elle est double championne d’Europe avec l’équipe de France, en 2001 et 2009. Avec son club de Bourges, elle a remporté à trois reprises la compétition de clubs la plus importante en Europe, l’Euroligue. De plus la Fédération Française de basket-ball a été lauréate du trophée national Femmes et sport lors de l’édition 2008 du concours.
L’ensemble des actions présentées au titre du concours « femmes et sport » témoignent de la forte implication individuelle et collective des acteurs (trices) du sport pour développer le sport féminin et améliorer l’accès des femmes aux postes de responsabilité et donner ainsi à chacun une l’opportunité de s’épanouir et de servir le sport.
Le pôle ressources national (PRN) « Sport, famille et pratiques féminines »
Afin de renforcer l’impact des mesures prises en faveur de la pratique sportive féminine et de l’accès des femmes aux fonctions de dirigeantes, le ministère a créé de créer le pôle ressources national « Sport, famille et pratiques féminines » implanté au CREPS PACA - Site d’Aix-en Provence
Les moyens humains et financiers
Les moyens humains
Une personne est chargée de mission nationale sur ce dossier à la direction des sports.
Par ailleurs, dans chaque région a été désignée un(e) correspondant(e) régional(e) « Femmes et Sport » Liste des correspondants régionaux « Femmes et Sport ».
Les moyens financiers
Dans le cadre des conventions d’objectifs passées annuellement entre le ministère chargé des sports et les fédérations sportives, les fédérations peuvent bénéficier de subventions pour des actions spécifiques « femmes et sport ». Ces financements ont notamment permis d’organiser des actions d’accompagnement des dirigeantes ou entraîneures, des actions spécifiques pour permettre l’accès des jeunes filles à la performance, des actions de sensibilisation, des actions promotionnelles.
Sur la part régionale du CNDS, des crédits sont également consacrés à des actions spécifiques de développement de la pratique féminine (5 % des subventions allouées par le CNDS). Près de 10% du montant des subventions est consacré à la pratique féminine dans les quartiers sensibles.
Le plan de création d’emplois qualifiés (dit « 1000 emplois STAPS ») se déploie selon 3 programmes dont l’un concerne le développement et la valorisation, d’une part, du sport féminin en général et, d’autre part, du handball féminin, en particulier, à l’occasion des championnats du monde de handball féminin qui a été organisé en France en décembre 2007.

