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Discours de Roselyne Bachelot-Narquin à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer

21 septembre 2008

Sous réserve du prononcé

Mesdames et mes­sieurs,
Chers amis,

C’est tout le minis­tère, Santé, Jeunesse, Sport, Vie asso­cia­tive qui se trouve, ce matin, réuni pour sou­te­nir cette jour­née mon­diale Alzheimer 2008.

Un seul minis­tère pour un même com­bat.

Cette mani­fes­ta­tion soli­daire met en lumière le sens de cette unité vou­lue par le Président de la République : Sport et Santé mar­chent ensem­ble dans la même direc­tion.

Prévenir la mala­die, don­ner à cha­cun les moyens de mieux gérer son capi­tal-santé au long cours, amé­lio­rer la qua­lité de vie des Français dont l’espé­rance de vie croit d’un tri­mes­tre cha­que année : tels sont les objec­tifs com­muns de la poli­ti­que que nous menons.

Cette poli­ti­que, bien entendu, doit tenir compte d’une évolution démo­gra­phi­que sans pré­cé­dent.

A l’hori­zon de 25 ans, un tiers de la popu­la­tion fran­çaise aura plus de 60 ans.

Les pro­grès de la lon­gé­vité sont spec­ta­cu­lai­res : si l’on compte aujourd’hui 6 000 cen­te­nai­res en France, on pré­voit que 150 000 cin­quan­te­nai­res d’aujourd’hui attein­dront cet âge.

Nous devons, dès aujourd’hui, nous pré­pa­rer à cette pers­pec­tive.

Il s’agit, bien entendu, de s’occu­per des pro­blè­mes patho­lo­gi­ques liés à la vieillesse, et notam­ment de la recru­des­cence des mala­dies neu­ro­dé­gé­né­ra­ti­ves. Mais pas seu­le­ment !

La nou­velle confi­gu­ra­tion démo­gra­phi­que nous oblige à pren­dre désor­mais en consi­dé­ra­tion d’autres ques­tions, des ques­tions qui enga­gent notre ave­nir com­mun : com­ment pré­pa­rer le pas­sage à la vie âgée ? Comment pré­ve­nir ? Mais aussi : com­ment accom­pa­gner ?

Intégrer ces ques­tions à notre poli­ti­que de santé publi­que, c’est radi­ca­le­ment chan­ger notre angle d’appro­che. Il est désor­mais pos­si­ble, en effet, de limi­ter la dépen­dance des per­son­nes âgées ou de la retar­der par des actions de pré­ven­tion et d’éducation à la santé afin d’amé­lio­rer l’espé­rance de vie sans inca­pa­ci­tés.

La vieillesse n’impli­que plus la mau­vaise santé.

Il faut le rap­pe­ler , et tra­vailler , en ce sens, à ren­for­cer ces pro­grès : à 80 ans, les deux tiers des per­son­nes abor­dent le qua­trième âge en vivant de façon auto­nome. Nul ne peut affir­mer aujourd’hui, de manière géné­rale, que « la vieillesse est un nau­frage ».

Chacun espère au contraire bien vieillir.

Avec les pro­grès de la lon­gé­vité, on reste et l’on veut res­ter jeune plus long­temps.

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Pour faire face au défi du vieillis­se­ment, il convient donc d’enga­ger une poli­ti­que glo­bale et pros­pec­tive.

Parce que l’entrée dans la vieillesse se pré­pare, il faut déve­lop­per la pré­ven­tion des fac­teurs de ris­que et pro­mou­voir une meilleure hygiène de vie.

La lutte contre le taba­gisme, les cam­pa­gnes de pré­ven­tion et de lutte contre le bruit, la pro­mo­tion d’une ali­men­ta­tion équilibrée dans le cadre du PNNS, cons­ti­tuent autant d’ini­tia­ti­ves dont les effets conju­gués per­met­tent une amé­lio­ra­tion sub­stan­tielle de la qua­lité de vie au long cours.

Le plan natio­nal « Bien-Vieillir » dont j’ins­talle le 23 sep­tem­bre pro­chain le comité de suivi, pro­cède d’une même stra­té­gie glo­bale.

En effet, il ne s’agit pas seu­le­ment d’induire de nou­vel­les habi­tu­des, en per­met­tant de mieux pré­ser­ver son capi­tal-santé, pré­co­ni­sant notam­ment une ali­men­ta­tion et une acti­vité phy­si­que adap­tées.

Il s’agit aussi de modi­fier les repré­sen­ta­tions socia­les de la vieillesse.

Il fau­dra, pour y par­ve­nir, contre­dire le pré­jugé para­doxal d’une société vieillis­sante qui n’accorde pas aux séniors la place qu’ils méri­tent et qui suc­com­bent trop sou­vent aux sirè­nes d’un jeu­nisme aux accents fre­la­tés.

Pour bien vieillir, en effet, nos socié­tés doi­vent être en mesure d’assu­mer plei­ne­ment leur des­tin.

La nou­velle donne démo­gra­phi­que impli­que, en ce sens, de mener une poli­ti­que ambi­tieuse visant à favo­ri­ser l’acti­vité des séniors, comme s’y emploie d’ailleurs le Gouvernement.

De manière géné­rale, la reva­lo­ri­sa­tion de l’image des séniors ne sera pas sans effet, en ter­mes de santé publi­que.

Pouvoir assu­mer son âge, sans com­plexe, c’est aussi, de toute évidence, le meilleur moyen de bien vieillir.

*

Les patho­lo­gies liées au vieillis­se­ment sup­po­sent, bien entendu, une poli­ti­que de santé régie par quel­ques prin­ci­pes spé­ci­fi­ques.

En élevant « la lutte contre la mala­die d’Alzheimer » au rang de prio­rité pré­si­den­tielle, Nicolas Sarkozy a bien pris la mesure du défi qui nous reste à rele­ver.

Le plan Alzheimer et mala­dies appa­ren­tées 2008-2012 doit ainsi per­met­tre la mise en œuvre de mesu­res sus­cep­ti­bles d’amé­lio­rer la prise ne charge des patients, leur qua­lité de vie, ainsi que celle de leur entou­rage.

Ce plan devrait, d’ailleurs, avoir un effet d’entraî­ne­ment, sus­cep­ti­ble de sti­mu­ler la recher­che, et impli­quant une amé­lio­ra­tion glo­bale de la prise en charge sani­taire et médico-sociale.

Florence LUSTMAN, que je suis heu­reuse de retrou­ver ce matin, est le chef d’orches­tre de ce pro­gramme ambi­tieux et inno­vant.

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L’acti­vité phy­si­que quo­ti­dienne pré­vient, comme vous le savez, un grand nom­bre de patho­lo­gies : mala­dies car­dio­vas­cu­lai­res, can­cer, obé­sité, bien sûr, mais aussi ostéo arti­cu­lai­res et dégé­né­ra­ti­ves, y com­pris l’arthrose !

Une acti­vité phy­si­que adap­tée est béné­fi­que à tous les âges de la vie, y com­pris durant la vieillesse. Il ne s’agit pas, mon cher Bernard, de décro­cher des médailles et de viser la per­for­mance, mais d’éviter la séden­ta­rité, sou­vent cor­ré­lée, d’ailleurs, à l’iso­le­ment.

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La mar­che nor­di­que qui nous réu­nit ce matin est d’abord, en effet, pour nous tous une mani­fes­ta­tion fra­ter­nelle.

Je remer­cie la FFA et la fédé­ra­tion fran­çaise de ran­don­née pédes­tre d’avoir orga­nisé cet événement.

C’est pour nous tous une joie de nous retrou­ver, en ce beau parc de Sceau où s’annon­cent déjà les cou­leurs de l’automne, aux côtés des per­son­nes attein­tes par la mala­die d’Alzheimer et de leurs pro­ches.

Je vou­drais donc, pour ouvrir cette mar­che, faire un vœu : le vœu que notre « vieille Nation », coor­don­nant ses efforts, puisse démon­trer sa vita­lité et conti­nuer, fidèle à ses valeurs, de mani­fes­ter sa soli­da­rité envers les plus fai­bles.

Je vous remer­cie