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Inauguration de la nouvelle tribune du Stade Yves-du-Manoir - Colombes | 26/07/09 |

27 août 2009

Monsieur le Ministre,
cher Patrick Devedjian,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Président,
Chers Amis,

Comme il y a des héros de légende, cer­tains lieux pos­sè­dent cette aura que tis­sent la mémoire et l’his­toire. Yves-du-Manoir est un de ces lieux excep­tion­nels.

C’est un hon­neur et un plai­sir pour moi d’être là aujourd’hui, à vos côtés, dans ce stade chargé d’émotion et d’exploits.

J’ai écouté Pierre Berbizier nous pré­sen­ter ses joueurs. Rendez-vous compte ! Combien de fois ont-ils, à eux tous, porté le maillot de leur sélec­tion natio­nale ? Quatre cents ? Cinq cents ? Combien d’essais ont-ils mar­qués, com­bien de drops ou de trans­for­ma­tions ont-ils pas­sés ? Combien de fois ont-ils fait bas­cu­ler un match en réus­sis­sant le pla­quage de la der­nière chance ou le débor­de­ment que conclura l’un de ces « essais du bout du monde » qui sont le creu­set des légen­des ?

Aujourd’hui, je vou­drais vous expri­mer ma gra­ti­tude et mon admi­ra­tion pour ces moments qui m’ont fait vibrer, à l’unis­son des fou­les sur ces gra­dins. Car, nous avions eu l’occa­sion de nous ren­contrer, bien avant mes nou­vel­les fonc­tions, à plu­sieurs repri­ses lors de la Coupe du monde de rugby.

Alors oui, nous autres, hom­mes et fem­mes poli­ti­ques, nous ne pou­vons que res­sen­tir de l’admi­ra­tion pour ces joueurs, comme pour tous les ath­lè­tes qui por­tent très haut les valeurs du sport.

Certains sta­des ont une âme. Celle d’Yves-du-Manoir a celle du rugby. Un stade où le rugby est chez lui depuis plus de cent ans, un stade où le Racing fait rêver Colombes et les Colombiens depuis 1920, un stade qui a accueilli à la fois les Jeux olym­pi­ques de 1924, la finale de la Coupe du monde de foot­ball 1938 et de nom­breu­ses fina­les de Coupe de France de foot­ball et de cham­pion­nat de France de rugby.

Le rugby et le Racing sont ici dans leur jar­din. Tout nous rap­pelle que l’his­toire de ce stade est étroitement liée à celle des Ciel et Blanc. Le nom même du stade, puis­que Yves du Manoir était un jeune joueur du Racing, brillant demi d’ouver­ture, très vite inter­na­tio­nal, trop vite arra­ché au rugby, au sport et à la jeu­nesse par son autre grande pas­sion, l’avia­tion.

L’archi­tec­ture aussi nous le rap­pelle. Quel splen­dide sym­bole que ce stade rénové, pour les Jeux de 1924, par un archi­tecte, Louis Faure-Dujarric, qui fut capi­taine du Racing ! Le rugby n’est pas qu’un jeu, ni qu’un sport : il est l’âme de ce « lieu de mémoire » qu’est Yves-du-Manoir et que Pierre Nora aurait pu ins­crire à l’inven­taire des lieux maté­riels ou imma­té­riels où s’est for­gée la mémoire natio­nale.

La mémoire de Colombes et des Colombiens, en tout cas, est ancrée ici. Elle résonne tou­jours des exploits de Géo André, Robert Paparemborde, Guy Basquet, André Chilo ou Jean-Pierre Rives ; elle rit encore des facé­ties des gaillards du « show-biz », les Mesnel, Blanc, Lafond, Guillard et Rousset - je me sou­viens de leurs nœuds papillons et de cette grande bouf­fée d’air frais qu’ils appor­taient à cha­que match, hérauts de la « French Attitude » dont a parlé le pré­si­dent Lorenzetti. Elle garde le sou­ve­nir de same­dis et de diman­ches pas­sés ensem­ble, entre amis, entre col­lè­gues, sim­ples voi­sins de tri­bune ou vraie famille, à « refaire le match », espé­rer, souf­frir, espé­rer encore, gagner ou per­dre, on ne sait plus.

Et puis­que l’on parle des anciens, que dire de la trace indé­lé­bile que lais­sent dans la mémoire du rugby deux anciens Racingmen, René Crabos et Frantz Reichel, dont le pré­si­dent Lorenzetti m’a expli­qué qu’ils avaient légué jusqu’à leur nom à des caté­go­ries de jeu­nes. Là encore, tout un sym­bole. A Colombes, comme à Béziers, à Colomiers, à Bègles, à Auch ou à Aurillac, le rugby est un via­ti­que for­mi­da­ble.

J’ai bien entendu, cher Jacky Lorenzetti, ce que vous nous avez dit de l’ensei­gne­ment des codes et des valeurs du rugby et de la for­ma­tion de citoyens-rug­by­men. Vous savez - nous en avons parlé ensem­ble - à quel point le sujet est, pour moi, une prio­rité. Le rugby à Colombes tisse un lien entre les géné­ra­tions, et un lien social entre les habi­tants. Un lien que nous, hom­mes et fem­mes poli­ti­ques, avons la res­pon­sa­bi­lité, le devoir de pré­ser­ver. Croyez que je m’y emploie, et que je conti­nue­rai de m’y employer.

C’est pour cela qu’au-delà de cette admi­ra­tion dont je vous par­lais, cette admi­ra­tion à laquelle nous invi­tent cette équipe impres­sion­nante et ce lieu de mémoire si pres­ti­gieux, il y a aussi de la fierté. De la fierté d’avoir coupé sym­bo­li­que­ment ce ruban et de par­ti­ci­per aujourd’hui à l’inau­gu­ra­tion de cette tri­bune. Je vous remer­cie, cher pré­si­dent Lorenzetti, d’avoir rendu ce moment pos­si­ble. Je vous remer­cie au nom de tous les Colombiens qui seront plus nom­breux à avoir la chance de voir évoluer quel­ques-uns des meilleurs joueurs du monde chez eux, à Colombes. Laissez-moi for­mer des vœux pour que ce plai­sir se pro­longe.

Au moment où le mou­ve­ment spor­tif et le monde poli­ti­que s’accor­dent enfin à reconnaî­tre qu’il est grand temps de réno­ver nos encein­tes spor­ti­ves deve­nues vétus­tes (et je pense autant aux sal­les qu’aux sta­des), vous nous mon­trez la voie. A nous d’être suf­fi­sam­ment intré­pi­des, ambi­tieux et ima­gi­na­tifs pour repren­dre le flam­beau. Vous pou­vez comp­ter sur moi.

Vous pou­vez aussi comp­ter sur moi pour être à vos côtés aussi sou­vent que pos­si­ble et vous accom­pa­gner tout au long de cette sai­son qui mar­que votre retour dans l’élite du rugby fran­çais. Comme tous les Colombiens, je me réjouis de ce retour et vous sou­haite une très belle sai­son spor­tive. Je serai très vite parmi vous, dès ce samedi, pour un choc qui s’annonce pas­sion­nant face à Bayonne.