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Intervention devant les personnels de la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale | 02/02/2010 |

2 février 2010

Monsieur le directeur régional,
Mesdames et messieurs,

Merci de vos mots cha­leu­reux, Monsieur le Directeur, Cher Christian Caradec.

Je suis heu­reuse d’être parmi vous.

De vous ren­contrer tou­tes et tous et de pou­voir, par cet échange direct, pren­dre en compte la diver­sité des par­cours, des com­pé­ten­ces, des iden­ti­tés pro­fes­sion­nel­les, des sta­tuts aussi, qui com­po­sent désor­mais les DRJSCS.

Je n’oublie pas les per­son­nels du CREPS de Dinard : c’est une très bonne ini­tia­tive de les avoir conviés ! Cela me donne l’occa­sion de les saluer au tra­vers de cette petite délé­ga­tion pré­sente ici autour du Directeur, Gérard Fangeau et de leur dire, comme je viens de le faire à l’ins­tant en Préfecture à l’occa­sion de la signa­ture du Protocole, com­bien ma reconnais­sance est grande.

Je tiens à cha­cun de mes dépla­ce­ments dans les régions et les dépar­te­ments à venir saluer les per­son­nels de nos ser­vi­ces et établissements, cel­les et ceux qui, sur le ter­rain met­tent en œuvre, avec intel­li­gence et pas­sion, les poli­ti­ques publi­ques du sport.

Vous ren­contrez, c’est vous expri­mer ma reconnais­sance pour le tra­vail accom­pli.

C’est mon pre­mier dépla­ce­ment en tout cas en ser­vice déconcen­tré depuis l’entrée en vigueur au 1er jan­vier 2010 de le réforme des DRJSCS.

Je suis atten­tive à la situa­tion des ser­vi­ces, des établissements et des per­son­nels qui y tra­vaillent, d’abord parce que vous êtes les for­ces vives de ce Ministère.

Or, je n’ignore pas que les trans­for­ma­tions consi­dé­ra­bles aujourd’hui de l’orga­ni­sa­tion ter­ri­to­riale de l’Etat ont pu faire naî­tre chez bon nom­bre d’entre vous des inter­ro­ga­tions, voire des inquié­tu­des.

Je n’évoquerais que les poli­ti­ques res­sor­tant du dépar­te­ment minis­té­riel dont j’ai la charge.

L’Etat allait-il conti­nuer à faire du sport un axe impor­tant de son action ? Les métiers qui sont les vôtres, et que vous avez choi­sis, vont-ils pou­voir conti­nuer à s’exer­cer au sein de nou­vel­les enti­tés, à voca­tion plus trans­ver­sa­les et inter­mi­nis­té­riel­les ?

Ma convic­tion et ma volonté sont sim­ples à résu­mer : je ne crois tout sim­ple­ment pas qu’une poli­ti­que publi­que du sport puisse se pilo­ter depuis quel­ques bureaux ou d’une agence pari­sienne.

Peut-être cer­tains en rêvent-ils ?

Vous sem­blez le crain­dre, en m’évoquant les échos qui vous par­vien­draient s’agis­sant des pis­tes de réforme de la RGPP2.

LA QUESTION DE LA PRIVATISATION DES CONSEILLERS TECHNIQUES SPORTIFS EST-ELLE A L’ORDRE DU JOUR ?

Ma réponse est sim­ple : non. Rompre le lien avec les CTS, ce serait renon­cer à notre modèle spor­tif.

Ce modèle fran­çais repose, au titre de l’Etat, sur trois piliers qui don­nent la cohé­rence à tout l’édifice et cons­ti­tue le ciment de la délé­ga­tion don­née aux fédé­ra­tions :

-  l’exis­tence d’une admi­nis­tra­tion clai­re­ment iden­ti­fiée comme char­gée du sport et dis­po­sant de moyens de finan­ce­ments publics affec­tés à la poli­ti­que publi­que du sport, que ces moyens soient bud­gé­tai­res ou dédiés (CNDS en par­ti­cu­lier)

-  un corps de fonc­tion­nai­res spé­cia­li­sés, les pro­fes­seurs de sports au sein duquel sont recru­tés les CTS, tout en ména­geant des sys­tè­mes de mobi­lité de va et vient don­nant de la flui­dité à l’ensem­ble.

-  un cadre juri­di­que adapté, en l’occur­rence le Code du sport, qui sans met­tre l’acti­vité spor­tive hors du droit com­mun, prend en compte ses spé­ci­fi­ci­tés et les contrain­tes consé­cu­ti­ves à la mis­sion de ser­vice public qui lui est atta­ché.

Ces 3 com­po­san­tes sont soli­dai­re­ment cons­ti­tu­ti­ves de notre modèle spor­tif fran­çais.

Ceux qui pen­sent qu’on peut garan­tir le modèle en s’exo­né­rant de l’un pilier ou d’un autre, sont ou aveu­gles ou d’une grande naï­veté.

J’EN VIENS MAINTENANT A LA MISE EN PLACE DES NOUVEAUX SERVICES REGIONAUX ET DEPARTEMENTAUX.

Je crois que c’est bien le sens de votre deuxième ques­tion.

Le ren­for­ce­ment du rôle de pilo­tage conféré à la nou­velle direc­tion régio­nale de la jeu­nesse, des sports et de la cohé­sion social, désor­mais opé­ra­tion­nelle depuis le 1er jan­vier 2010, ne signi­fie pas la dis­pa­ri­tion du niveau dépar­te­men­tal.

Le niveau dépar­te­men­tal demeure l’échelon de mise en œuvre : il a pour lui les atouts de la proxi­mité.

Que vau­drait une bonne poli­ti­que de déve­lop­pe­ment des pra­ti­ques conçue au niveau natio­nal dont les objec­tifs stra­té­gi­ques et opé­ra­tion­nels seraient lais­sés aux bon­nes dis­po­si­tions de tels ou tels acteurs ou à l’idée qu’il s’en fait .

Une poli­ti­que publi­que du sport, comme dans tout autre domaine de l’action de l’Etat, ce n’est pas comme un menu au res­tau­rant où cha­cun com­mande ce qui plait à son goût.

La poli­ti­que du sport est natio­nale. Et dire cela ne signi­fie pas que tou­tes les prio­ri­tés doi­vent être hié­rar­chi­sées de la même manière et que les moda­li­tés d’action doi­vent répon­dre à une pro­cé­dure uni­que conçue dans les bureaux cen­traux du minis­tère.

Il faut don­ner un cap.

Mais la manière d’y arri­ver, le moyen de mobi­li­ser les res­sour­ces les plus adé­qua­tes au niveau des ter­ri­toi­res, ce n’est pas depuis Paris seul que cela doit se déci­der. C’est aussi de la res­pon­sa­bi­lité des ser­vi­ces. J’y serai atten­tive.

En tant que DRJSCS, col­la­bo­ra­teur direct du pré­fet de région qui pilote la poli­ti­que du sport et de la cohé­sion sociale, il vous revient de recher­cher les nou­vel­les arti­cu­la­tions à déve­lop­per, à inven­ter peut-être, entre le niveau dépar­te­men­tal et le niveau régio­nal.

L’exper­tise, l’ingé­nie­rie sociale, indis­pen­sa­bles à l’accom­pa­gne­ment des acteurs qui est une des dimen­sions for­tes de la poli­ti­que publi­que du sport, requiè­rent de recher­cher les niveaux les plus per­ti­nents de mobi­li­sa­tion de com­pé­ten­ces. Le niveau régio­nal, niveau de pilo­tage des poli­ti­ques publi­ques, demeure un niveau pri­vi­lé­gié d’appré­cia­tion.

Je sais que vous êtes en attente sur ce point et votre ques­tion me conforte dans ma convic­tion.

Je sou­haite à la fois vous don­ner le cap de la poli­ti­que publi­que du sport et vous redon­ner de l’ini­tia­tive.

Je le dirai pro­chai­ne­ment aux pré­fets.

Au niveau dépar­te­men­tal, les pro­fes­seurs de sports doi­vent être mobi­li­sés confor­mé­ment à leurs com­pé­ten­ces métiers, à leurs com­pé­ten­ces sta­tu­tai­res pour la mise en œuvre de la poli­ti­que publi­que du sport.

Cela n’inter­dit pas de recher­cher les coo­pé­ra­tions nou­vel­les à déve­lop­per au sein des nou­vel­les direc­tions inter­mi­nis­té­riel­les.

Beaucoup se sont plaints sou­vent d’une trop grande étanchéité entre les ser­vi­ces et les poli­ti­ques de l’Etat, pour ne pas pen­ser qu’il puisse être néces­saire d’y met­tre un peu de lien.

Pas au prix de renon­cer aux objec­tifs assi­gnés à la poli­ti­que publi­que du sport.

J’en viens main­te­nant à votre troi­sième ques­tion.

LA POLITIQUE DU SPORT EST-ELLE SOLUBLE DANS LA COHESION SOCIALE ?

Poser ainsi, cette ques­tion ne fait pas sens.

Evidemment que le sport par­ti­cipe de la cohé­sion sociale. Il y par­ti­cipe même for­te­ment.

La région Bretagne avec ses 6000 clubs, ses 950 000 licen­ciés, contri­buent au lien social au sein des ter­ri­toi­res. Le club spor­tif demeure un des rares espa­ces de mixité sociale et inter­gé­né­ra­tion­nel­les.

Qui peut pen­ser qu’un tel maillage soit sans effet sur les condi­tions même de la vie sociale ?

Dans un autre domaine, sans l’ins­tru­men­ta­li­ser pour autant, le sport et l’acti­vité phy­si­que et spor­tive, peu­vent cons­ti­tuer un vec­teur d’inté­gra­tion ou d’inser­tion sociale extra­or­di­naire. Les poli­ti­ques publi­ques trans­ver­sa­les, depuis des décen­nies, la poli­ti­que de la ville en sont une bonne illus­tra­tion,

Mais pas besoin de réduire le sport : ce n’est pas un sim­ple sup­port d’acti­vité péda­go­gi­que, ce qu’il est aussi.

Le sport, dans les poli­ti­ques de cohé­sion sociale, a sa légi­ti­mité pro­pre.

Inutile de le tra­ves­tir, de l’abi­mer, de le rape­tis­ser.

Quelle drôle d’idée et pour quel objec­tif ?!

Retenez de mon pas­sage ici parmi vous un mes­sage de mobi­li­sa­tion, un mes­sage de confiance.

Je vou­drais, puis­que le mois de jan­vier n’est pas encore à son terme, vous sou­hai­ter une bonne et très heu­reuse année. Seul le pro­­noncé fait foi