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SIGNATURE DU PROTOCOLE D’ACCORD Relatif aux modalités de mise en place à compter du 1er septembre 2010, du campus de l’excellence sportive de Bretagne, intégrant les missions dévolues au CREPS de Dinard | 02/02/2010 |

2 février 2010

Monsieur le préfet,
Monsieur le président du Conseil régional,
Monsieur le député,
Mesdames et messieurs les Elus,
Messieurs les présidents d’Université ou leurs représentants,
Mesdames et messieurs les membres du conseil d’administration du CREPS
Monsieur le président du CROS,
Mesdames et Messieurs,

Vous avez sou­haité m’invi­ter à la signa­ture du pro­to­cole d’accord rela­tif -je cite et ouvre les guille­mets !- « aux moda­li­tés de mise en place à comp­ter du 1er sep­tem­bre 2010, du cam­pus de l’excel­lence spor­tive de Bretagne, inté­grant les mis­sions dévo­lues au CREPS de Dinard ».

Comme en matière d’accord inter­na­tio­naux, tout est dit dans le titre !

Même si l’ari­dité admi­nis­tra­tive et juri­di­que de l’énoncé du pro­to­cole ne reflète pas toute la pas­sion des mois de négo­cia­tion ! Et tout l’enjeu pour la Bretagne et tous ses élus que consa­cre sa conclu­sion.

Quand je suis arri­vée au secré­ta­riat d’Etat, j’ai trouvé une impasse et « l’Union sacrée de toute la Bretagne » et de l’ensem­ble de ses élus face à un pro­jet de fer­me­ture du CREPS de Dinard, dont vous n’accep­tiez ni la déci­sion, ni les consé­quen­ces.

Cette una­ni­mité, n’est-ce pas Cher René COUANEAU, Cher Monsieur le Député de Saint Malo, trans­cen­dait les fron­tiè­res poli­ti­ques de la gau­che et de la droite !

Quant à vous, Cher Marius Mallet, en votre qua­lité alors de maire de Dinard, quel atta­che­ment, quelle déter­mi­na­tion n’avez-vous pas mon­tré pour le main­tien du Creps sur le ter­ri­toire de votre com­mune !

En poli­ti­que, comme dans la vie d’ailleurs, il y a deux atti­tu­des face à une dif­fi­culté : bais­ser les bras ou sau­ter l’obs­ta­cle.

Lorsque nous nous som­mes ren­contrés, Monsieur le pré­si­dent du Conseil régio­nal, le 16 sep­tem­bre der­nier, quel­ques semai­nes après ma nomi­na­tion, les négo­cia­tions étaient au point mort, engluées dans un esprit d’acri­mo­nie.

Il était urgent de trou­ver une solu­tion.. Ce que nous avons fait tous ensem­ble, autour d’une feuille de route sim­ple que je vous pro­po­sais : « ni fer­me­ture sèche : ni statu-quo ».

Aujourd’hui, je sou­haite sou­li­gner la qua­lité de la concer­ta­tion qui s’est enga­gée alors et ren­dre hom­mage à tous ceux qui en ont été l’âme.

Vous, Monsieur le pré­fet, à qui j’avais confié le lourd man­dat d’abou­tir, en conci­liant les contrain­tes qui s’impo­saient au minis­tère et l’exi­gence de faire émerger une solu­tion non seu­le­ment accep­ta­ble pour cha­cun, mais qui soit réel­le­ment tour­née vers l’ave­nir et por­teur d’une véri­ta­ble ambi­tion, pour la Bretagne et pour le sport.

Vous m’accor­de­rez, même si tel n’est pas l’usage d’adres­ser également mes remer­cie­ments très sin­cè­res et appuyés à votre Secrétaire géné­rale aux affai­res régio­na­les, madame Isabelle Gravière Troadec, au direc­teur régio­nal de la jeu­nesse, des sports et de la cohé­sion sociale, mon­sieur Christian Caradec.

Des mots cha­leu­reux aussi à Monsieur Yves SAMSON, véri­ta­ble che­ville ouvrière du comité de pilo­tage.

Je ne sau­rais oublier le direc­teur du Creps, Gérard Fangeau, dont l’atti­tude a été, tout au long d’une année 2009 gui­dée par un grand sens du ser­vice public. En tant que direc­teur d’une équipe d’hom­mes et de fem­mes atta­chés à leur établissement, connais­sant pro­ba­ble­ment très bien ses atouts sans igno­rer ses points fai­bles, il se devait d’être atten­tif aux inquié­tu­des des per­son­nels et faire en sorte que les mis­sions conti­nuent à être assu­rées. Beaucoup d’autres auraient, dans la même situa­tion, lar­guer les amar­res ou bais­ser la voi­lure.

En tant que chef d’établissement, haut-fonc­tion­naire de son minis­tère, vous vous deviez, cher direc­teur, d’expli­quer la réforme, de par­ti­ci­per aux réu­nions, de répon­dre pro­ba­ble­ment à des dizai­nes d’enquê­tes, d’état des lieux, d’argu­men­tai­res divers et variés. En énonçant ainsi les cho­ses, cha­cun per­çoit ce qu’a pu être votre soli­tude, cher mon­sieur Fangeau.

Je suis sûr que le résul­tat auquel nous som­mes arri­vés aujourd’hui vous appa­raî­tra comme la meilleure des reconnais­san­ces.

Merci à vous et au tra­vers vous à l’ensem­ble des per­son­nels du CREPS.

Dans toute négo­cia­tion, il y a bien tou­jours au moins deux par­ties, deux appro­ches, deux logi­ques d’inté­rêt plus ou moins oppo­sées, voire annon­cées comme inconci­lia­bles.

La pre­mière règle, c’est de res­pec­ter le point de vue de l’autre, de com­pren­dre ses contrain­tes et sa logi­que.

Votre inter­ven­tion Monsieur le Président du Conseil régio­nal, a lar­ge­ment contri­bué à tour­ner la page du dia­lo­gue de sourds et a avancé.

Vous avez com­pris que la restruc­tu­ra­tion du réseau des établissements du minis­tère, leur recen­trage sur deux mis­sions prin­ci­pa­les, l’excel­lence spor­tive et la for­ma­tion dans le sec­teur de l’envi­ron­ne­ment spé­ci­fi­que et là où l’offre dis­po­ni­ble est insuf­fi­sante, était une exi­gence forte, incontour­na­ble, dans le contexte géné­ral de la réforme de l’Etat.

De notre côté, nous avons pris acte que la Bretagne, toute la Bretagne, dans tou­tes ses com­po­san­tes, col­lec­ti­vi­tés, mou­ve­ment spor­tif, par­le­men­tai­res, ne pou­vait accep­ter de se retrou­ver, sous le motif de la fer­me­ture du Creps de Dinard, exclue du réseau natio­nal de l’excel­lence spor­tive. Et que cela aussi était incontour­na­ble. J’allais dire que l’évidence sau­tait aux yeux ! Mais comme tou­tes les évidences…cela demande du tra­vail…

Mais la concer­ta­tion s’est enga­gée. A Paris et à Renne.

Et de quelle façon ! C’est pas moins d’une dizaine de réu­nions, du comité de pilo­tage qui se sont tenues, sous la copré­si­dence du Conseil régio­nal, assu­rée par le Vice-pré­si­dent aux sports du conseil régio­nal, mon­sieur Daniel GILLES, que je sou­haite tout par­ti­cu­liè­re­ment saluer, et la Secrétaire géné­rale aux affai­res régio­na­les, madame Isabelle Gravière -Troadec.

Tous les acteurs essen­tiels étaient pré­sents autour de la table, qua­si­ment cha­que semaine depuis octo­bre der­nier :

- les vil­les de Dinard, et de Rennes, Rennes Métropole, le Pays de Saint–Malo, le Conseil régio­nal d’Ile et Vilaine, l’Université et les dif­fé­rents ser­vi­ces du Conseil régio­nal et de l’Etat.

Sans oublier le mou­ve­ment spor­tif régio­nal, uni der­rière le pré­si­dent du comité régio­nal olym­pi­que et spor­tif, dont je salue le pré­si­dent, dont l’action, la vigi­lance, mais aussi le désir de voir les cho­ses avan­cer a été déter­mi­nant.

Je sais votre atta­che­ment, mon­sieur le pré­si­dent du CROS, à la cause du sport : on ne sert pas, comme vous l’avez fait, durant toute sa car­rière comme cadre tech­ni­que de l’Etat, sans que cela ne laisse quel­ques tra­ces et prin­ci­pes.

Mon insis­tance à citer le rôle et l’enga­ge­ment des uns et des autres, et la liste est plus lon­gue encore, n’est pas une conces­sion à la bien­séance. Elle est l’expres­sion de ma reconnais­sance pour la qua­lité du tra­vail accom­pli et pour la den­sité et la qua­lité de votre inves­tis­se­ment col­lec­tif au sein du COPIL.

Pardonnez-moi ce préam­bule que cer­tains pour­raient trou­ver un peu long. Mais il n’est pas de pro­jet ni d’ambi­tion qui ne soient d’abord por­tés par des hom­mes et par des fem­mes de convic­tion. Merci encore à vous tous.

Je vou­drais reve­nir main­te­nant au contenu du pro­to­cole qui va être signé dans un ins­tant par le pré­si­dent du Conseil régio­nal, et, au nom de l’Etat, par le Préfet.

C’EST UN PROTOCOLE RESOLUMENT NOVATEUR

Ce qui se met en place, ici, n’existe nulle part ailleurs.

Disant cela, je ne fais pas réfé­rence à la struc­ture juri­di­que, sur laquelle le COPIL a com­mencé à tra­vailler. Le Gip n’est qu’un outil au ser­vice d’une dyna­mi­que de pro­jet. C’est un outil per­ti­nent, qui per­met d’orga­ni­ser un par­te­na­riat iné­dit.

Mais la nova­tion est à mes yeux davan­tage encore dans cer­tains par­tis-pris.

Je n’en cite­rai qu’un : la prise en compte de la dimen­sion recher­che, domaine dans lequel l’expé­rience du labo­ra­toire M2S de l’Université Rennes 2, est tout sim­ple­ment remar­qua­ble.

Les appli­ca­tions avec le Campus seront ren­for­cées, ainsi que les syner­gies au plan natio­nal, notam­ment avec l’Insep, qui comme vous le savez, est devenu, il y a quel­ques semai­nes, un Grand Etablissement de type uni­ver­si­taire, au sens du Code de l’éducation.

Je sais le rôle actif qui a été le vôtre, mon­sieur Paul Delamarche, en votre qua­lité de res­pon­sa­ble de l’UFR, au sein du COPIL. Vos fonc­tions natio­na­les de res­pon­sa­bles de la coor­di­na­tion des UFR STAPS au niveau natio­nal lais­sent augu­rer des rela­tions cons­truc­ti­ves entre les uni­ver­si­tés et le réseau des établissements du minis­tère des sports.

C’EST ENSUITE UN PROTOCOLE TOURNE VERS L’AVENIR.

Il prend en compte l’exis­tant, et tout par­ti­cu­liè­re­ment les mis­sions actuel­les du Creps, qui sont ins­cri­tes dans la dyna­mi­que spor­tive régio­nale. Mais, le pro­jet du Campus est bien, pour la Bretagne, de s’enga­ger dans l’élaboration d’une véri­ta­ble stra­té­gie en faveur de l’excel­lence spor­tive.

D’évidence, votre région a des atouts immen­ses.

Mais l’excel­lence spor­tive ne doit plus beau­coup au hasard et à l’expres­sion spon­ta­née d’un talent indi­vi­duel.

Dans un uni­vers ou la com­pé­ti­tion est de plus en plus exa­cer­bée, les par­cours de l’excel­lence spor­tive offrent moins de prise au hasard. Ils s’orga­ni­sent, et ils requiè­rent une mobi­li­sa­tion de moyens, cen­trés sur un seul objec­tif : per­met­tre aux jeu­nes spor­tifs qui ont fait le choix de s’adon­ner au sport de haut niveau, de met­tre tou­tes leurs chan­ces de leur côté. Mais pas à n’importe quel prix ! Pas en sacri­fiant leurs études et leur for­ma­tion ini­tiale ou au détri­ment de leur santé.

C’est cela l’éthique du modèle fran­çais, ce dou­ble pro­jet spor­tif et de vie, auquel tien­nent tous ceux pour les­quels le sport est d’abord pétri de valeurs.

Le cam­pus de l’excel­lence spor­tive de Bretagne sera à la fois l’opé­ra­teur pri­vi­lé­gié de cette stra­té­gie de l’excel­lence spor­tive en Bretagne, mais également en matière de for­ma­tion, tout en cons­ti­tuant une pla­te­forme de par­te­na­riat, de coo­pé­ra­tion et de mutua­li­sa­tion, dont je ne doute pas qu’elle soit exem­plaire.

La démar­che est ambi­tieuse ; c’est une évidence. C’est aussi une démar­che concrète, prag­ma­ti­que. Il s’agit là de la troi­sième dimen­sion sur laquelle je sou­haite met­tre l’accent.

Le pro­jet Campus, c’est un pro­jet en action.

Le GIP « Campus de l’excel­lence spor­tive de Bretagne » contri­buera dans le res­pect des dis­po­si­tions du code du sport et des com­pé­ten­ces du DRJSCS, à met­tre en œuvre 4 sec­teurs d’acti­vité : le sport de haut niveau, les for­ma­tions aux métiers du sport, le déve­lop­pe­ment de la recher­che scien­ti­fi­que mul­ti­dis­ci­pli­naire, l’accueil du mou­ve­ment spor­tif et des asso­cia­tions de jeu­nesse et d’éducation popu­laire.

Pour l’exer­cice de ces mis­sions, dès le 1er sep­tem­bre 2010, le GIP « Campus » pren­dra en charge le site de Dinard ; mais l’enjeu est bien de conce­voir un site mul­ti­po­laire, recen­tré dans un pre­mier temps sur le domaine uni­ver­si­taire de RENNES.

D’autres sites ont pro­ba­ble­ment voca­tion à terme et au rythme que vous arrê­te­rez col­lec­ti­ve­ment, à s’inté­grer ou à nouer des coo­pé­ra­tions avec le nou­veau cam­pus, véri­ta­ble « assem­blier » de la stra­té­gie de l’excel­lence spor­tive en Bretagne.

Le pro­to­cole pré­voit que l’Etat, au tra­vers notam­ment de sa nou­velle direc­tion régio­nale de la jeu­nesse, des sports et de la cohé­sion sociale, accom­pa­gnera les par­te­nai­res régio­naux pour conduire cette réflexion.

Je me féli­cite de cons­ta­ter que la voile et les acti­vi­tés nau­ti­ques ont voca­tion, au tra­vers de l’Ecole natio­nale de voile et des sports nau­ti­ques , à pren­dre toute sa place dans cette dyna­mi­que visant à l’émergence d’une véri­ta­ble stra­té­gie en faveur de l’excel­lence spor­tive en Bretagne.

Tous ici, nous en avons une claire cons­cience.

Le pro­to­cole n’est pas une page qui se ferme sur un para­phe.

C’est un nou­veau livre qui s’ouvre, au ser­vice du déve­lop­pe­ment du sport en Bretagne et au-delà, un exem­ple dont je sais déjà qu’il sera suivi avec atten­tion, dans d’autres régions.

Ce pro­jet de cam­pus de l’excel­lence spor­tive de Bretagne peut être un exem­ple à sui­vre, dans une logi­que d’expé­ri­men­ta­tion.

Dans tous les cas, il est, pour toute la Bretagne, avec l’Etat, un beau, un très beau chal­lenge.

Je vous remer­cie.

Seul le pro­noncé fait foi.