La défense et la valorisation de la langue Française au sein des instances internationales
Utilisation de la langue française au sein du mouvement sportif international et dans le cadre des jeux Olympiques.
La charte olympique stipule dans sa règle 24 que le français et l’anglais sont les deux langues officielles du Comité International Olympique (CIO) et qu’en cas de divergence, seul le français fait foi. Les autorités françaises ont donc toujours veillé à la préservation de cet équilibre linguistique.
Lorsqu’à l’issue des jeux olympiques de Lillehammer (Norvège), en février 1994, cet équilibre leur a paru être rompu, des mesures ont été prises pour le rétablir.
Le Ministère des Sports en France a mis en place et animé à cet effet un groupe de travail interministériel associant des représentants du ministère des Affaires étrangères, de la culture et de la communication (Délégation générale à la langue française), le Comité national olympique et sportif français ainsi que des opérateurs comme l’Institut national du sport et de l’éducation physique (INSEP) et des écoles parisiennes d’interprétation et de traduction. Les travaux de ce groupe interministériel se concrétisaient par la signature de conventions avec les comités d’organisation des jeux olympiques d’Atlanta (Etats-Unis, 1996), de Nagano (Japon, 1998), Sydney (Australie, 2000), Salt Lake City (Etats-Unis, 2002) et la mise en place d’un programme de soutien au français comportant différentes actions. A titre d’exemple, on peut mentionner : la mise à disposition de stagiaires pour la traduction de documents officiels et l’interprétation pendant la période de déroulement des jeux, la réalisation d’un lexique bilingue ou trilingue spécialisé dans le vocabulaire sportif, la traduction des sites Internet dédiés aux jeux, la formation au français de volontaires étrangers ou de membres des différents comités d’organisation.
Depuis 2004, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’est intéressée à la question de la présence du français aux J.O. Son action s’est traduite notamment par la recherche de synergies avec d’autres pays francophones et la désignation d’un « grand témoin », personnalité extérieure chargée de l’évaluation de la présence du français durant les jeux. Monsieur Hervé Bourges s’est chargée de cette tâche aux J.O. d’Athènes (été 2004). Madame Lise Bissonnette, présidente-directrice-générale de la bibliothèque nationale du Québec, lui a succédé lors des jeux olympiques d’hiver à Turin (Italie, 2006). Et c’est à Monsieur Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et sénateur, qu’est revenue la responsabilité de procéder à l’évaluation des jeux olympiques de Pékin.
En ce qui concerne les J.O. de Pékin, le Secrétaire général de l’OIF, Monsieur Abdou Diouf, a signé personnellement la convention de partenariat liant l’OIF au comité d’organisation chinois. La cérémonie a eu lieu à Pékin, le 26 novembre 2007, en présence des présidents chinois et français, Messieurs Hu Jintao et Nicolas Sarkozy.
Depuis lors, le Ministère des Sports a confié la présidence du groupe de travail interministériel au ministère des Affaires étrangères et européennes, mais il y garde une place très active en y apportant son expérience et des connaissances techniques propres au milieu du sport.
La commission spécialisée de terminologie et néologie du ministère chargé des sports
A l’image des autres départements ministériels, le Ministère des Sports , est chargé de faire respecter les dispositions de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française dans le domaine relevant de sa compétence. Il est notamment impliqué dans cette mission, en raison du caractère très varié, technique et évolutif du langage sportif, avec en particulier l’émergence de nouvelles pratiques sportives, et de la spécificité du contexte international où domine souvent la pratique de l’anglais.
Un décret du 3 juillet 1996 stipule que chaque ministère doit nommer et maintenir une commission spécialisée de terminologie et de néologie dont les missions sont :
• d’établir les cas où il est besoin de compléter le vocabulaire français ;
• de proposer des termes pertinents, accompagnés de leur définition.
• de concourir à la diffusion des termes et définitions retenus.
Chaque commission bénéficie de deux appuis au sein de son ministère pour le suivi, la diffusion et la promotion de ses travaux :
• Un haut fonctionnaire de terminologie.
• Un service désigné pour assurer son secrétariat général.
Cette commission spécialisée soumet des fiches terminologiques qu’elle a élaborées à une Commission générale, qui les examine avant de les transmettre à l’Académie française dont l’avis conditionne la publication au Journal officiel de la République Française.
L’ensemble du dispositif est coordonné par la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF).
En ce qui concerne la jeunesse et les sports, la commission spécialisée comprend une trentaine de membres, tous bénévoles, dont :
• 35% sont des représentants du mouvement sportif,
• 23% des représentants de l’administration,
• 20% des lexicologues ou des terminologues,
• 11% des journalistes de la presse écrite ou parlée
• 10% des représentants de l’Académie française et de la DGLFLF
• et un représentant des pratiquants des jeux de l’esprit.
La composition de la commission spécialisée de terminologie et de néologie de la jeunesse et des sports, dont le mandat s’étend sur la période 2005-2009, s’établit comme suit :
Président : George-Ray JABALOT.
Haut fonctionnaire de terminologie : En cours de désignation.
Secrétaire générale :
Michèle TOUSSAINT (qui a succédé à Jean-Luc JANISZEWSKI).
Membres :
Catherine ABELA, Patrick BACRY, Gabriel BERNASCONI, Pascal BERREST, Jacques BLOSCISZEWSKI, Jean-Louis BOUJON, Sandrine BRETAGNE, Maurice BRUZEK, Roy COMPTE, Isabelle DAGUIN-CASWELL, Stéphane DESCAVES, Claude-Louis GALLIEN, Jean-Pierre GAREL, Michel GIRAULT, Patrick ISSERT, Bertrand JARRIGE, Pascale LAFITTE-CERTA, Philippe MACHU, Patrick MALKA, Stéphane MARTIN LAPRADE, Thierry MAUDET, Claire RANGOUSSIS, José SAVOYE, Maryvonne SIMONEAU, Valérie SIMONPIETRI, Christiane TETET, Jean UZAN, Annick WAGNER.
Correspondants permanents :
Michel FARDEAU, au titre de l’Académie des sciences, Jean-Mathieu PASQUALINI, au titre de l’Académie française, Etienne QUILLOT, au titre de la DGLFL.
Le rôle des Français au sein des instances sportives internationales
La présence de nos compatriotes aux niveaux décisionnels dans les instances sportives internationales constitue un enjeu important sur les plans sportif, politique et économique. Elle participe au rayonnement de notre modèle sportif, et de notre langue. A ce titre, la promotion du rôle des Français au sein des instances sportives internationales fait l’objet d’un soutien concerté avec le mouvement sportif et d’un suivi spécifique au sein de la Direction des Sports.
Le suivi des grands évènements sportifs internationaux
Le délégué interministériel aux grands événements sportifs nommé en décembre 2008 est Monsieur Frederic Jugnet. Haut responsable national en matière d’accueil d’événements supra-nationaux, il conseille le gouvernement, anime et coordonne les activités des administrations de l’Etat et des établissements publics nationaux, suscite les initiatives, rencontre et encourage les auteurs de projets. Il assure les relations entre l’Etat et les comités d’organisation, contribue à l’information du public et à la valorisation du savoir-faire français hors de nos frontières. L’action de la direction des sports du ministère de la santé et des sports - Secrétariat d’Etat aux sports - vient en soutien à ces interventions au sommet de l’Etat. Elle s’applique essentiellement aux championnats et coupes d’Europe, aux championnats et coupes du monde, ainsi qu’aux manifestations exceptionnelles telles que les Universiades, les Jeux méditerranéens, les Jeux de la francophonie et d’autres Jeux à vocation régionale ou thématique. Ses interventions s’articulent autour de trois concepts-clé : la veille, l’analyse et le conseil.
• La veille : Soucieuse de renforcer sa capacité d’anticipation, la direction des sports souhaite mieux connaître et prévoir les grands événements sportifs que les fédérations sportives françaises se voient attribuer ou pour l’organisation desquels elles aimeraient se porter candidates. Des outils de recensement sont créés et un dialogue permanent avec les fédérations a été instauré afin de suivre les démarches entreprises par ces dernières pour l’organisation des grands événements sportifs internationaux.
• L’analyse et le financement : La capacité d’expertise du ministère de la santé et des sports - Secrétariat d’Etat aux sports - permet de mieux apprécier l’opportunité de la manifestation au regard notamment du positionnement de la France au plan international et du développement de la discipline. L’expertise technique porte sur le statut juridique du comité d’organisation, sur les conséquences en matière budgétaire, fiscale, douanière, etc... Au niveau financier, le ministère et le CNDS peuvent être sollicités pour participer, par l’attribution de subventions, à l’équilibre du budget de la manifestation.
• Le conseil : Il s’agit là d’une capacité d’accompagnement, qui permet de faire bénéficier certaines fédérations ou comités d’organisation de l’expérience acquise au fil des ans par la direction des sports dans la préparation des grands événements.
Si ces actions du ministère de la santé et des sports - Secrétariat d’Etat aux sports viennent en appui de celles du délégué interministériel aux grands événements sportifs, elles complètent aussi les dispositions prises par le Comité national olympique et sportif français.
C’est ainsi qu’en 2009 plusieurs grandes compétitions ont pu être programmées sur le sol français : championnats du monde de ski alpin, championnats du monde de vol libre ou de sport boules. L’attention que le ministère porte aux grands événements sportifs internationaux s’applique aussi à l’extérieur de nos frontières. La préparation des Français aux XVIe Jeux Méditerranéens organisés à Pescara (Italie) du 26 juin au 5 juillet, et des VIe Jeux de la Francophonie à Beyrouth (Liban, 27 septembre au 6 octobre 2009) s’inscrivent dans ce cadre.

