Depuis 2008, l’UE est pilotée par « une équipe présidentielle ». Cette équipe est constituée de trois Etats, qui se succèdent et se coordonnent au sommet de l’Union. Il s’agit de la France (2e semestre 2008), la République tchèque (1er semestre 2009) et la Suède (2e semestre 2009).
1/ Bilan de la présidence française (1er juillet - 31 décembre 2008)
Le programme de la présidence française du Conseil de l’Union européenne dans le domaine des sports visait à répondre aux objectifs suivants :
• prendre en compte le contexte de la ratification retardée du Traité de Lisbonne et de l’adoption du Livre Blanc sur le sport par la Commission européenne en juillet 2007, décliné dans le plan d’action Pierre de Coubertin ;
• assurer une continuité avec les présidences précédentes en particulier en traitant de plusieurs thématiques figurant dans l’agenda des ministres ; veiller à une meilleure prise en compte du sport par le droit communautaire ;
• favoriser le dialogue entre les institutions européennes et le mouvement olympique et sportif international.
A) Programme de la Présidence française
Sept événements ont été mis en place dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne :
« Une cordée d’Européennes sur le toit de l’Union » (1er juillet 2008) ;
Une rencontre des ministres des sports de l’Union européenne en marge des Jeux Olympiques (Pékin, 11 août 2008) ;
Un séminaire d’experts sur l’échange d’informations et la veille partagée dans le domaine des sports en Europe (Paris, 25 - 26 septembre 2008) ;
Une action festive « Vivre l’Europe, Vivre le sport » au Champ de Mars (Paris, 5 octobre 2008) ;
Une réunion des directeurs des sports de l’Union européenne (Versailles, 30 - 31 octobre 2008) destinée à préparer la réunion des ministres ;
Un Forum européen du sport en collaboration avec la Commission européenne (Biarritz, 26 et 27 novembre 2008) ;
Une réunion informelle des ministres des sports de l’Union européenne (Biarritz, 27 et 28 novembre 2008).
B) Résultats et bilan politique
La réunion informelle des ministres des sports de l’Union européenne des 27 et 28 novembre 2008 a constitué l’aboutissement des travaux conduits durant la présidence française. Cet événement a rassemblé 200 participants, parmi lesquels 18 ministres européens, le Commissaire européen à l’éducation, la formation, la culture, la jeunesse et le sport, des représentants du Parlement européen, du Conseil de l’Europe, des responsables du mouvement olympique et sportif international et européen au niveau le plus élevé, ainsi que le président de l’Agence mondiale antidopage.
La réunion a permis de concrétiser les réflexions sur quatre thèmes abordés par les ministres des sports dans leur « agenda permanent » et de donner une impulsion décisive à la prise en compte des caractéristiques spécifiques du sport et au dialogue entre les institutions européennes et le mouvement olympique et sportif international.
En conclusion de la réunion, la Présidence a fait adopter une déclaration commune des ministres des sports, complétée par des conclusions de la Présidence.
Mise en œuvre de l’agenda permanent des ministres des sports
• Sur le sport et la santé, les ministres des sports ont examiné 41 lignes directrices à caractère politique en faveur de l’activité physique comme facteur de santé, établies par un groupe d’experts réunis sous l’égide de la Commission et ont décidé de les transmettre aux autres ministres concernés (santé, éducation, environnement, politique de la ville, etc.).
• Sur la lutte contre le dopage, les participants unanimes ont constaté avec regret que l’Agence mondiale antidopage n’avait pas donné suite aux engagements pris à Ljubljana le 29 janvier dernier par son président, en faveur d’une meilleure prise en compte des aspirations de l’Europe (protection des données privées et statuts de l’Agence). Sur le même thème, les ministres ont fait part de leur intérêt pour la proposition française consistant à mettre en œuvre un nouveau mode de coopération entre les autorités publiques et les représentants de l’industrie pharmaceutique afin de détecter au plus tôt les produits potentiellement dopants mis sur le marché ; ils ont demandé que soit examinée la possibilité d’extension de cette coopération au niveau européen.
• Sur l’évaluation de l’impact économique du sport, les ministres ont été informés des avancées du groupe de travail sur l’établissement de comptes satellites du sport nationaux et européen et ont encouragé la poursuite de ces travaux. La présidence française a également présenté les résultats de l’évaluation économique de la coupe du monde de rugby 2007. Par ailleurs, le bilan de l’enquête menée sur le financement public et privé du sport en Europe, déjà présentée dans le cadre de la réunion des directeurs des sports à Versailles les 29 et 30 octobre 2008, a été rappelé.
• Sur la double formation, sportive et académique, des sportifs de haut niveau, les ministres ont unanimement reconnu l’importance de ce thème et ont souhaité qu’il soit donné suite aux recommandations formulées à l’issue d’une enquête menée dans les 27 Etats de l’Union entre 2006 et 2008 par des cabinets spécialisés, à la demande de la Commission.
La prise en compte des caractéristiques spécifiques du sport et le renforcement du dialogue entre les institutions européennes et le mouvement olympique et sportif international
La voie choisie par la présidence française pour tenir compte de cette préoccupation est celle du traitement des spécificités « par paquets », qui se distingue de l’approche « au cas par cas » qui est celle des juridictions européennes. A l’occasion de la réunion de Biarritz, le Commissaire FIGEL a indiqué que la Commission privilégiait une approche « thème par thème », qui rejoint la position française.
Les ministres ont pris acte avec intérêt de la position commune du mouvement olympique et sportif international et européen sur la spécificité et l’autonomie du sport. A l’issue des débats, qui ont été particulièrement riches, ils sont parvenus aux conclusions suivantes :
• Sur les mesures susceptibles de renforcer l’ancrage régional et national des clubs professionnels, les ministres ont reconnu l’intérêt des règles visant à assurer la présence dans les équipes de clubs de joueurs sélectionnables dans l’équipe nationale du pays considéré. Ils ont souhaité que les discussions se poursuivent sur ces règles, afin que puisse être dégagée une solution compatible avec le droit communautaire ;
• Les ministres ont souhaité la mise en place dès 2009 d’un cadre formel de consultation entre les institutions européennes, le Comité international olympique et le mouvement sportif, en relation avec le Conseil de l’Europe ;
• Enfin, les ministres ont demandé à la Commission de donner des orientations juridiques plus claires sur l’application du droit communautaire aux organisations sportives, concernant les problèmes prioritaires auxquels elles sont confrontées.
Une déclaration sur le sport a été introduite en annexe des conclusions du Conseil européen en date du 12 décembre 2008 dans les termes suivants :
« Le Conseil Européen reconnaît l’importance des valeurs attachées au sport, essentielles à la société européenne.
« Il souligne la nécessité de prendre en compte les caractéristiques spécifiques du sport, au-delà même de sa dimension économique.
« Il se félicite de la mise en place d’un dialogue constructif dans le cadre du premier Forum européen du sport par la Commission européenne.
« Il appelle au renforcement de ce dialogue avec le Comité international olympique et les représentants du mouvement sportif notamment sur la « double formation » sportive et éducative des jeunes ».
C) Perspectives
La présidence française a proposé dans ses conclusions que les travaux se poursuivent durant les présidences suivantes (tchèque puis suédoise) sur un certain nombre de thèmes, notamment :
• l’autorégulation du mouvement sportif appliquée au contrôle de gestion des clubs professionnels, qui pourrait être réexaminée sur la base des conclusions de la conférence que la Commission se propose d’organiser sur cette question en 2009 ;
• l’encadrement du métier d’agent sportif, pour lequel la France a présenté les travaux législatifs en cours et qui pourra être évoqué au niveau européen à l’issue de l’étude d’impact que doit réaliser la Commission
2/ La présidence tchèque (1er janvier - 30 juin 2009)
Les autorités sportives de Prague ont décidé de limiter le programme de leur présidence à deux rencontres :
• une réunion de coordination de l’équipe présidentielle, au niveau des experts (4 mars 2009)
• une réunion des directeurs des sports de l’UE (28-29 avril 2009).
Au plan thématique les Tchèques ont souhaité faire porter leur temps de présidence sur deux points :
• l’autonomie du mouvement sportif
• le volontariat dans le domaine du sport.
Notons que c’est également sous présidence tchèque qu’a été renouvelé le Parlement européen (élections du 4 au 7 juin 2009).
3/ La présidence suédoise (1er juillet - 31 décembre 2009)
Les autorités sportives suédoises ont fait connaître le calendrier de leur présidence dans le domaine des sports :
• une réunion des directeurs des sports à Solna - petite ville proche de Stockholm - (1er et 2 octobre 2009).
C’est sous leur présidence qu’est organisé le renouvellement de la Commission européenne.

