Dès 1945, l’Etat a délégué aux fédérations sportives le pouvoir d’organiser et de promouvoir la pratique de leurs disciplines. Il en a résulté une assez large autonomie des fédérations qui constituent le « mouvement sportif » et sont au cœur de l’organisation du sport en France. Elles gèrent et animent l’ensemble des activités sportives de leurs disciplines, que ce soit le sport amateur ou le sport professionnel, le sport de haut niveau ou le sport loisir. Les articles L.131-8 et L. 131-14 du code du sport distinguent les fédérations qui bénéficient de l’agrément de l’Etat de celles qui, en plus, ont reçu délégation de ses pouvoirs.
LA DEFINITION DES POLITIQUES SPORTIVES
L’Etat occupe une place déterminante en matière d’organisation et de promotion des activités physiques et sportives puisqu’il lui revient d’assurer le suivi des fédérations sportives agréées et, par l’intermédiaire de l’aide financière et en personnel qu’il leur accorde ainsi qu’à leurs organes déconcentrés (ligues, comités), de soutenir les actions qu’elles conduisent aussi bien au plan national que local. A cet égard, il convient de souligner l’importance de « l’effet levier » qui résulte de l’action de l’Etat dans la définition et l’application des politiques sportives.
Les objectifs prioritaires du MSS sont pour l’essentiel :
maintenir et améliorer le rang de la France dans le classement mondial des nations sportives par une participation significative aux compétitions de référence que sont les Jeux olympiques et paralympiques, les championnats du monde et d’Europe ;
soutenir les politiques fédérales en faveur du développement des pratiques sportives compétitives
permettre aux fédérations multisports (pratique de différents sports), complémentaires des fédérations unisport (pratique d’une seule discipline ou de disciplines connexes), d’offrir une pratique sportive de qualité et diversifiée pour le plus grand nombre, sans obligation de recherche de performance.
Les fédérations sont chargées de structurer, développer et coordonner les parcours de l’excellence sportive du sport de haut niveau. Elles détectent, forment les jeunes talents et encadrent les équipes de France. Elles doivent optimiser les moyens dévolus au sport de haut niveau par la réalisation de stages de préparation et par l’aide aux collectifs des équipes de France qui participent aux compétitions de référence.
Responsables du développement de leurs disciplines dans un souci de développement durable, les fédérations ont pour mission de mettre en place des actions favorisant la découverte et la promotion du sport au profit notamment des publics qui en sont le plus éloignés. Elles contribuent ainsi à l’amélioration quantitative et qualitative de l’offre de pratiques sportives : les personnes en situation de handicap, les jeunes scolarisés, les femmes, les résidents en zone urbaine sensible et en zone rurale sont considérés comme des publics prioritaires. Les fédérations développent également des actions en faveur du sport santé et répondent en ce sens aux objectifs nationaux de santé publique : lutte contre l’obésité chez les jeunes, lutte contre les maladies cardiovasculaires chez les seniors, etc ...
Elles travaillent à l’accueil d’évènements sportifs internationaux ayant un impact positif pour le sport français, la discipline concernée et le rayonnement de la France.
Les fédérations agréées peuvent recevoir de l’Etat un concours financier dans des conditions fixées par une convention d’objectifs. Des personnels de l’Etat ou des agents publics rémunérés par lui peuvent exercer auprès d’elles des missions de conseillers techniques sportifs...(article L. 131-12 du code du sport).
LES CONVENTIONS D’OBJECTIFS
La convention d’objectifs, en règle générale pluriannuelle, est l’outil central du partenariat financier entre l’Etat et les fédérations sportives. Elle concrétise la volonté d’engagement du ministère chargé des sports et de ses partenaires associatifs pour une participation commune à la mission de service public de développement des activités physiques et sportives. Elle est la traduction opérationnelle et financière d’une politique sportive partenariale et contractualisée. Les conventions pluriannuelles de l’olympiade 2009-2012 se basent sur la négociation d’objectifs partagés situés au croisement des priorités ministérielles et du projet de chaque fédération. Un dialogue est mené avec les fédérations pour identifier les indicateurs qui permettront de mesurer au mieux l’efficacité de leur politique sportive et les accompagner dans la conduite des objectifs partagés avec la direction des sports. Chaque année, le respect des engagements est contrôlé et les résultats sont évalués.
L’aide de l’Etat se traduit par une intervention financière significative auprès des fédérations sportives : 75,1 millions d’euros en loi de finances 2011.
Les crédits seront répartis sur les 4 actions du programme sport :
promotion du sport pour le plus grand nombre
développement du sport de haut niveau
prévention par le sport et protection des sportifs
promotion des métiers du sport
Le centre national de développement du sport (CNDS), établissement public sous tutelle du ministère des sports, finance également chaque année la création et la rénovation d’équipements sportifs, l’organisation de grands événements internationaux organisés sur notre territoire (Championnats du Monde et championnats d’Europe) ainsi que les instances déconcentrées des fédérations (développement, formation, emploi, accès au sport de haut niveau et promotion de la santé)
LES CADRES TECHNIQUES
Les conseillers techniques sportifs (CTS) étaient en 2011 au nombre de 1680. Ils exercent auprès des fédérations sportives des missions de directeur technique national, d’entraîneur national, de conseiller technique national ou régional. Leur intervention est un soutien appréciable apporté par l’Etat aux fédérations. Leur action garantit la cohérence et la qualité des politiques fédérales et l’efficacité des interventions financières de l’Etat (encadrement national du sport de haut niveau ou mise en œuvre à l’échelon local des orientations ministériel-les).
Le code du sport (articles R131-16 à R131-24) précise le contenu et organise les conditions d’exercice de ces missions spécifiques compatibles avec les modes d’organisation et de gestion des CTS et les besoins des fédérations sportives. Des outils, spécifiquement adaptés, permettent de bien expliciter les rôles, responsabilités et conditions d’interventions des différents acteurs : lettres de mission, conventions cadres, conventions d’équipe technique régionale.

