M. Francis DIDIER, président de la fédération française de karaté et disciplines associées (FFKDA) et président de la commission spécialisée des dans et grades équivalents (CSDGE) qui gère les grades de plusieurs disciplines sportives, a accepté la mission que le ministère des sports lui a confiée le 27 septembre 2010, consistant à écrire un projet de règlement particulier de modalités de délivrance des dans et grades équivalents de l’aïkido, en vue d’améliorer l’actuel règlement (approuvé en 2004).
M. Francis DIDIER a remis ce projet le 21 juin 2011. Celui-ci a été transmis aussitôt aux présidents des deux fédérations agréées d’aïkido.
Le ministère des sports a décidé également d’étendre la consultation sur ce projet en le portant à la connaissance de tous les pratiquants, via son site internet, le 4 juillet 2011. Les réponses ont été nombreuses et riches. Elles ont fait l’objet d’une exploitation exhaustive. Le ministère a adressé le 8 septembre à tous un message de remerciements et d’orientations générales, à partir des avis reçus.
M. Michel CHAUVEAU, chargé par le directeur des sports d’une mission de préfiguration de la fonction de responsable national des grades, a procédé à l’analyse exhaustive des réponses à la consultation du 4 juillet dernier. Vous la trouverez ci-après. Elle a été préalablement transmise pour information aux présidents des fédérations agréées d’aïkido et aux co-présidents de la CSDGE aïkido, en décembre 2011, qui n’ont pas formulé de remarque particulière. Dans les propositions et commentaires du projet de nouveau règlement que M. Michel CHAUVEAU remettra à la fin du premier trimestre 2012, il pourra être fait référence, parmi d’autres, aux résultats de cette consultation.
II – Origines des réponses
Au 15 septembre 2011, le ministère des sports avait reçu 145 réponses exploitables. Certains répondants (89) ont voulu préciser qui ils étaient (sans que cela ne leur soit demandé). Il apparaît ainsi que 20 réponses proviennent de membres de la FFAAA, 67 de la FFAB, 2 d’autres origines ; 58 réponses ne précisent donc pas l’appartenance fédérale du répondant. Par ailleurs 38 réponses sont collectives (essentiellement au nom du club d’appartenance).
On notera que 4 réponses ont été adressées après le 8 septembre, par des personnes ayant déjà répondu antérieurement. Ces avis complémentaires reprennent en général les remarques initiales, en tenant compte de la réponse ministérielle globale placée sur son site internet le 8 septembre. Elles apprécient toutes le fait que ces réponses initiales ont été lues et, au moins pour partie, prises en considération.
Environ les trois quarts des 38 réponses collectives proviennent de clubs de la FFAB, pour beaucoup d’une même région. Les autres proviennent de clubs de la FFAAA ou ne sont pas identifiées. Dans la mesure où les fédérations avaient eu la possibilité de faire connaître leurs analyses de ce projet à leurs ligues et à leurs clubs, il est assez naturel que ces derniers s’en inspirent où y fassent référence, voire les joignent en copie à leur réponse, sans que ces fédérations aient pour autant donné de consignes à cet égard.
Un certain nombre de réponses précisent également explicitement l’ancienneté, le grade et/ou les fonctions de leurs auteurs. On note ainsi que 5 réponses ont été faites par des pratiquants 6e dan ou de grade supérieur, 5 du grade de 5e dan, 12 du 4e dan, 7 du 3e dan, 14 du 2e dan, 3 du 1er dan, et 2 d’un grade inférieur au shodan. Treize sont des élus associatifs le plus souvent présidents de club. Ils répondent en général à ce titre, et donc en général collectivement au nom du club. Nombreuses sont les réponses de pratiquants expérimentés ; 32 d’entre-elles précisent le nombre d’années de pratique de l’aïkido (entre 9 et 47 ans, avec une moyenne de plus de 25 ans de pratique, pour celles et ceux qui l’ont précisé) ; 27 déclarent être enseignants d’aïkido, la majorité titulaires d’un BEES du 1er degré, 4 du 2e degré, 7 d’un monitorat fédéral, un petit nombre n’indiquant pas la nature du diplôme d’enseignant. Bien évidemment, ces précisions peuvent se recouper (on peut être haut gradé, avec de nombreuses années de pratique, être enseignant et président de club).
III – Méthode d’exploitation de la consultation
Plus généralement, il faut bien considérer que le cadre de cette consultation était entièrement libre. La question était complètement ouverte, avec comme support le projet de règlement remis par M. Francis DIDIER. L’essentiel des avis porte sur le fonctionnement actuel des passages de grades et les souhaits d’évolution. Les réponses discutant point par point du détail des propositions de M. DIDIER sont très minoritaires.
Ce cadre d’interrogation particulièrement ouvert a nécessité plusieurs lectures de l’ensemble des réponses pour effectuer un repérage des thèmes qui apparaissaient le plus souvent, puis en une dernière lecture consistant à dénombrer plus précisément leur fréquence d’apparition.
Le cadre de la consultation étant ainsi libre, chacun avait la possibilité d’évoquer tel ou tel point, à sa guise, et personne n’était obligé de les évoquer tous. En conséquence, les réponses ont une relative dispersion (que la présente analyse essaie de regrouper par thèmes). Le fait que tel sujet ne soit évoqué que par une dizaine de personnes sur 145 réponses ne signifie donc pas du tout que ce sujet soit marginal. Il signifie plutôt qu’il a été jugé par une dizaine de personnes suffisamment important pour être évoqué, ce qui est à considérer au regard des autres sujets qui ont été abordés spontanément plus ou moins fréquemment, comme au regard de sujets proches.
Si, dans une nouvelle consultation, on avait évoqué ces sujets sous forme de questions fermées, il est très vraisemblable que les « scores » de chacun d’entre eux auraient été assez différents.
Par ailleurs le rédacteur du présent document a essayé de s’abstenir de tout jugement sur ces réponses. Cette d’analyse tente d’être un simple constat des avis reçus. S’il y a lieu, il fera ses commentaires dans le cadre de la présentation de ses propositions, en mars prochain, quand il se référera aux résultats de cette enquête.
IV – Résultats
Avis sur la consultation elle-même
Un certain nombre de réponses expriment spontanément un avis sur cette consultation. Pour 8 d’entre elles cet avis est négatif ; pour plus de 50, il est positif, nombreuses étant celles qui remercient le ministère d’avoir pris cette initiative ou exprimant une satisfaction à pouvoir s’exprimer sur ce sujet.
On peut considérer que tous les autres répondants considéraient pertinente cette consultation, sinon ils n’auraient sans doute pas fait l’effort de répondre.
Huit réponses considèrent que l’organisation des examens de grade est un lieu de « passage obligé » entre les fédérations agréées, qu’en conséquence s’y expriment là plus particulièrement, voire de manière plus aigue, les difficultés qu’elles rencontrent. « Tenter de traiter ces difficultés est en quelque sorte ne traiter que le symptôme ; cela ne réglera pas tout le problème. » disent certaines d’entre elles.
Par ailleurs 13 avis considèrent que cette consultation des pratiquants n’était pas nécessaire, voire inopportune ou même très contestable (les 8 avis négatifs étant inclus dans ces 13), les fédérations ayant pour mission d’exprimer les avis de leurs membres. Pour eux, en quelque sorte, cet exercice de démocratie directe était en contradiction avec le principe de démocratie représentative sur lequel est fondée l’organisation fédérale sportive actuelle.
Avis sur les institutions concernées par l’attribution des grades dan et leurs relations
Vingt-et-une réponses critiquent les mésententes observées entre fédérations agréées, 5 des dysfonctionnements de la CSDGE, 7 évoquent des difficultés d’expression interne, mais 10 soulignent, a contrario, la bonne entente entre les pratiquants, comme entre les examinateurs, sur les tatamis, lors des examens ou à l’occasion de stages ou autres rencontres.
Neuf réponses critiquent le rôle de l’Etat sur ce sujet et/ou semblent ignorer les dispositions législatives qui s’appliquent en France (réponses du type : « On ne voit pas pourquoi l’Etat, ou le ministère des sports se préoccupe de cette question ; il n’y a qu’à faire comme au Japon », alors que la délivrance des dans et grades équivalents est, en France, réglementée ; ou bien encore « laissez nous faire entre nous ») ; 2 réponses demandent que l’on adopte la méthode utilisée par l’Aïkikai pour les examens de grade.
Huit réponses demandent que l’on accorde une totale autonomie à chaque fédération (notamment dans l’attribution des grades et dan) ; 3 demandent une organisation confédérale ; 2 indiquent que la diversité (technique) devrait être perçue comme une richesse, et non une raison d’opposition ; 5 considèrent qu’il existe des styles ou des types de pratique différents et qu’ils sont peu compatibles ou incompatibles.
Sept réponses demandent des précisions sur la durée du mandat des membres de la CSGDE et 9 sur leurs conditions de nomination.
Avis sur le déroulement des passages de grades dan
Huit réponses critiquent le manque d’objectivité ou la partialité des examinateurs dans les passages de grades et dan ; 4 demandent plus d’équité et des critères d’évaluation plus précis ; 12 sont pour la mise en place d’une notation, 3 contre ; 3 demandent un droit d’inscription de session à session, et non de date à date, pour l’inscription à un nouvel examen de grade (du grade supérieur ou du même grade en cas d’échec précédent [Nota : le règlement actuel a été modifiée en ce sens il y a quelques années] ; une réponse est favorable au maintien des conditions actuelles de déroulement des examens de grade.
Propositions d’évolutions et/ou d’améliorations
Soixante-huit réponses demandent que l’on accorde une voix prépondérante à la fédération d’appartenance du candidat ; 65 réclament un jury paritaire (en général de 4 membres), 3 un jury impair (de 3 examinateurs), pour faciliter la décision.
Quatre-vingt-douze réponses sont contre le fractionnement de l’examen (en unité de valeur), 2 réponses étant pour ce fractionnement.
Ces réponses se distribuent également entre fédération d’origine du répondant, quand elles sont précisées.
Deux réponses insistent sur l’importance d’évaluer les candidats dans leur comportement comme UKE, et pas seulement comme TORI ; 3 évoquent la situation des personnes handicapées, mal ou insuffisamment prises en compte ; 2 réponses s’interrogent sur la pertinence des écarts et âge minimum d’accès aux grades, l’une d’entre elle trouvant que l’on décourage un peu les jeunes pratiquants.
Quinze réponses soutiennent explicitement les modifications apportées par la FFAB au projet de M. Francis DIDIER, début juillet 2011. Certaines les joignent en annexe.
Formation des examinateurs - composition des jurys et prise de décision
Neuf réponses demandent le renforcement de la formation des examinateurs, certaines d’entre elles souhaitant qu’ils aient tous un diplôme d’enseignant ; 1 réponse souhaite un vote à bulletin secret ; 1 réponse est favorable au tirage au sort des juges.
Accès aux hauts grades - grades sur dossier
Trois réponses sont favorables à un examen pour les hauts grades (supérieur au Yondan - 4e dan) ; 4 contre. Une réponse fait part de ses réflexions pour l’accès aux grades sur dossier.
Remarques sur le projet de M. Francis DIDIER
Vingt-trois réponses trouvent le projet de M. Francis DIDIER trop compliqué, difficile à mettre en œuvre et/ou trop éloigné de la culture de l’aïkido ; 9 demandent des précisions sur certains points ; 6 se prononcent contre l’idée de points de bonification, 2 pour, mais plutôt pour des actions de développement ou d’enseignement que pour des stages effectués.
Autres remarques
Trois réponses mentionnent l’oubli de la situation de l’Aïkibudo [Nota : qui fait l’objet d’une annexe au règlement en vigueur, cette possibilité demeurant pour l’avenir] ; 1 évoque la situation des groupes d’aïkido extérieurs aux fédérations agréées ; 1 demande des renseignements personnels (en matière de reconnaissance d’équivalence).
Réponse du ministère des sports aux pratiquants qui ont souhaité participer à l’amélioration du futur règlement particulier de délivrance des « Dans » et « Grades équivalents » de l’aïkido faite le 8 septembre 2011
Le ministère des sports remercie les très nombreux pratiquants qui ont souhaité, suite à la mise en ligne le 4 juillet 2011 du projet de règlement sur le site ministériel, participer à l’amélioration du futur règlement particulier de délivrance des « Dans » et « Grades équivalents » de l’aïkido.
Leurs réactions, souvent très argumentées, ont été appréciées et ont permis, avec les réponses officielles des deux fédérations agréées d’aïkido saisies dès le 22 juin 2011, de nourrir la réflexion de celles et ceux qui veulent améliorer les examens de passage de grades de cette discipline.
Le ministère des sports regrette de ne pas pouvoir répondre individuellement à chaque contributeur et souhaite, par la présente, apporter à toutes et tous quelques éléments d’information et d’analyse.
Le projet de règlement soumis à l’avis des fédérations agréées d’aïkido et porté à la connaissance des pratiquants, reste un « projet » qui, amélioré par les divers avis et propositions reçues, sera soumis à la future commission spécialisée dont la mise en place est en cours. Celle-ci aura pour première responsabilité de finaliser le règlement qui ne deviendra applicable qu’après approbation par le ministère des sports.
Le choix de missionner M. Francis Didier, pour travailler à un projet de règlement pour l’aïkido, n’a pas été fait pour sa qualité de président de la fédération française de karaté et disciplines associées.
Ce choix a été effectué parce que M. Francis Didier, en tant que président d’une commission des grades gérant différentes disciplines et diverses spécialités ou écoles, a su concevoir une organisation d’examens de passage de « Dans » unifiée et respectueuse de la diversité des pratiques, tout en garantissant une homogénéité d’exigences et de prestations à chacun des niveaux de grades.
Le ministère des sports remercie M. Francis Didier pour sa contribution significative et pour son investissement personnel dans cette démarche.
Les améliorations dans les passages de grades exprimées plusieurs fois par les pratiquants dans leurs courriels, concernent notamment la transparence des décisions des jurys et l’impartialité des jugements.
En réponse, le ministère des sports fait savoir qu’il vise à faire construire collectivement une organisation qui améliore la situation par trois évolutions sensibles du règlement :
l’utilisation d’une « grille d’évaluation » qui respecte l’expression de la diversité des pratiques mais qui garantisse l’utilisation de critères objectifs aboutissant à une notation ;
la mise en place de jurys formés à l’utilisation des grilles d’évaluation qui permette de dégager un résultat objectivable (au dessus ou en dessous de l’exigence annoncée) sans donner la prédominance d’un jury sur un autre (la question actuelle d’un poids différencié du oui ou du non tombe d’elle-même) ;
la mise en place de formations et de désignations des jurys (en nombre égal d’origine fédérale) placées sous la responsabilité d’un « responsable national des grades » garant du bon fonctionnement des examens de grades, celui-ci étant fondé sur les compétences avérées des jurys.
Plusieurs points font encore l’objet de débats, notamment l’accès aux grades par unités de valeur (système non souhaité par beaucoup de pratiquants, car jugé trop éloigné de la spécificité disciplinaire) ; l’unicité ou la multiplication des jurys pour le même candidat (l’unicité garantissant mieux la globalité du jugement, la multiplication approchant mieux l’impartialité) ; la nécessaire reconnaissance d’autonomie reconnue à l’aïkibudo (faut-il l’envisager pour d’autres pratiques ?), la gestion des hauts grades…
Le code du sport confie à l’Etat la définition des reconnaissances officielles en matière de compétences sportives. Les « Dans » et « Grades équivalents » des arts martiaux, donc de l’aïkido, font partie de ces reconnaissances (article L.212-5 du code du sport) au même titre que les qualifications d’éducateurs.
Le ministère des sports fixe par arrêté la composition des commissions spécialisées et approuve les règlements définissant les conditions de délivrance des Dans et Grades équivalents, après consultation des fédérations sportives concernées (article L.212-6 du code du sport).
Pour l’aïkido et en l’absence de fédération délégataire, la direction des sports a recueilli l’avis des deux fédérations agréées.
Le ministère des sports souhaite que des avancées significatives dans le passage des grades de l’aïkido soient réalisées dans les tout prochains mois.
Il remercie par avance tous celles et ceux, pratiquants, enseignants, dirigeants, qui faciliteront les évolutions attendues des aïkidoka et permettront une transition harmonieuse vers un système simple et juste d’accès aux « Dans » et « Grades équivalents » de l’aïkido.
Consultation des pratiquants d’aïkido lancée le 4 juillet 2011
La commission spécialisée des dans et grades équivalents (CSDGE) portée par l’union des fédérations d’aïkido (UFA) qui regroupe les deux fédérations d’aïkido agréées, la FFAAA et la FFAB, est en situation de blocage depuis plus d’un an. Cette situation ne permet pas la délivrance des dans et grades équivalents en aïkido.
Afin de mettre un terme à cette situation, le ministère chargé des sports a décidé en septembre 2010, en accord avec les membres de la commission consultative des arts martiaux et des sports de contact, de confier à M. Francis DIDIER, président du conseil interfédéral des arts martiaux et des sports de combat du CNOSF, président de la commission spécialisée des dans et grades équivalents de karaté, président de la fédération française de karaté et disciplines associées, une mission de réécriture des modalités d’attribution des dans et grades équivalents en aïkido.
Après consultation de techniciens désignés par les deux fédérations, le document finalisé par M. Francis DIDIER a été communiqué le 22 juin 2011 aux présidents de l’UFA, de la FFAAA et la FFAB en leur demandant de transmettre leurs observations dans un délai de 30 jours.
Il appartient désormais aux dirigeants de l’aïkido de s’accorder sur les modalités de mise en place de la délivrance des dans et grades proposées dans le projet afin de mettre fin à cette situation.
Il est apparu souhaitable que l’ensemble des pratiquants de l’aïkido puisse rapidement prendre connaissance du projet et contribuer à son amélioration. C’est pourquoi le texte est accessible sur le site ministériel.
La logique du projet repose sur 4 innovations majeures :
l’accès au grade se fait lors d’épreuves notées sur 20 (évaluation à partir de référentiels techniques précis), les unités de valeurs acquises étant conservées ;
les jurys d’épreuves sont composés de 3 experts formés à l’évaluation des grades ;
un responsable national des grades est chargé des modalités pratiques d’organisation des passages des dans (mise en place des examens ; formation et désignation des jurys) ;
la composition des commissions, nationale, interrégionales et régionales est élargie.
Télécharger le projet CSDGE Aïkido
N.B. : les pratiquants d’aïkido souhaitant contribuer à l’amélioration du contenu de ce projet de règlement, peuvent le faire en adressant leurs propositions à l’adresse suivante :
csdge-aikido@jeunesse-sports.gouv.fr

