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Analyse de la consultation des pratiquants d’aïkido

24 février 2012
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Analyse des répon­ses des pra­ti­quan­tes et pra­ti­quants d’aïkido qui ont sou­haité don­ner leurs avis sur le pro­jet de règle­ment par­ti­cu­lier de déli­vrance des dans et gra­des équivalents de l’aïkido.

I – Préambule – Bref historique de l’origine de la consultation et de son contexte

M. Francis DIDIER, pré­si­dent de la fédé­ra­tion fran­çaise de karaté et dis­ci­pli­nes asso­ciées (FFKDA) et pré­si­dent de la com­mis­sion spé­cia­li­sée des dans et gra­des équivalents (CSDGE) qui gère les gra­des de plu­sieurs dis­ci­pli­nes spor­ti­ves, a accepté la mis­sion que le minis­tère des sports lui a confiée le 27 sep­tem­bre 2010, consis­tant à écrire un pro­jet de règle­ment par­ti­cu­lier de moda­li­tés de déli­vrance des dans et gra­des équivalents de l’aïkido, en vue d’amé­lio­rer l’actuel règle­ment (approuvé en 2004).

M. Francis DIDIER a remis ce pro­jet le 21 juin 2011. Celui-ci a été trans­mis aus­si­tôt aux pré­si­dents des deux fédé­ra­tions agréées d’aïkido.

Le minis­tère des sports a décidé également d’étendre la consul­ta­tion sur ce pro­jet en le por­tant à la connais­sance de tous les pra­ti­quants, via son site inter­net, le 4 juillet 2011. Les répon­ses ont été nom­breu­ses et riches. Elles ont fait l’objet d’une exploi­ta­tion exhaus­tive. Le minis­tère a adressé le 8 sep­tem­bre à tous un mes­sage de remer­cie­ments et d’orien­ta­tions géné­ra­les, à par­tir des avis reçus.

M. Michel CHAUVEAU, chargé par le direc­teur des sports d’une mis­sion de pré­fi­gu­ra­tion de la fonc­tion de res­pon­sa­ble natio­nal des gra­des, a pro­cédé à l’ana­lyse exhaus­tive des répon­ses à la consul­ta­tion du 4 juillet der­nier. Vous la trou­ve­rez ci-après. Elle a été préa­la­ble­ment trans­mise pour infor­ma­tion aux pré­si­dents des fédé­ra­tions agréées d’aïkido et aux co-pré­si­dents de la CSDGE aïkido, en décem­bre 2011, qui n’ont pas for­mulé de remar­que par­ti­cu­lière. Dans les pro­po­si­tions et com­men­tai­res du pro­jet de nou­veau règle­ment que M. Michel CHAUVEAU remet­tra à la fin du pre­mier tri­mes­tre 2012, il pourra être fait réfé­rence, parmi d’autres, aux résul­tats de cette consul­ta­tion.

II – Origines des répon­ses

Au 15 sep­tem­bre 2011, le minis­tère des sports avait reçu 145 répon­ses exploi­ta­bles. Certains répon­dants (89) ont voulu pré­ci­ser qui ils étaient (sans que cela ne leur soit demandé). Il appa­raît ainsi que 20 répon­ses pro­vien­nent de mem­bres de la FFAAA, 67 de la FFAB, 2 d’autres ori­gi­nes ; 58 répon­ses ne pré­ci­sent donc pas l’appar­te­nance fédé­rale du répon­dant. Par ailleurs 38 répon­ses sont col­lec­ti­ves (essen­tiel­le­ment au nom du club d’appar­te­nance).

On notera que 4 répon­ses ont été adres­sées après le 8 sep­tem­bre, par des per­son­nes ayant déjà répondu anté­rieu­re­ment. Ces avis com­plé­men­tai­res repren­nent en géné­ral les remar­ques ini­tia­les, en tenant compte de la réponse minis­té­rielle glo­bale pla­cée sur son site inter­net le 8 sep­tem­bre. Elles appré­cient tou­tes le fait que ces répon­ses ini­tia­les ont été lues et, au moins pour par­tie, pri­ses en consi­dé­ra­tion.

Environ les trois quarts des 38 répon­ses col­lec­ti­ves pro­vien­nent de clubs de la FFAB, pour beau­coup d’une même région. Les autres pro­vien­nent de clubs de la FFAAA ou ne sont pas iden­ti­fiées. Dans la mesure où les fédé­ra­tions avaient eu la pos­si­bi­lité de faire connaî­tre leurs ana­ly­ses de ce pro­jet à leurs ligues et à leurs clubs, il est assez natu­rel que ces der­niers s’en ins­pi­rent où y fas­sent réfé­rence, voire les joi­gnent en copie à leur réponse, sans que ces fédé­ra­tions aient pour autant donné de consi­gnes à cet égard.

Un cer­tain nom­bre de répon­ses pré­ci­sent également expli­ci­te­ment l’ancien­neté, le grade et/ou les fonc­tions de leurs auteurs. On note ainsi que 5 répon­ses ont été fai­tes par des pra­ti­quants 6e dan ou de grade supé­rieur, 5 du grade de 5e dan, 12 du 4e dan, 7 du 3e dan, 14 du 2e dan, 3 du 1er dan, et 2 d’un grade infé­rieur au sho­dan. Treize sont des élus asso­cia­tifs le plus sou­vent pré­si­dents de club. Ils répon­dent en géné­ral à ce titre, et donc en géné­ral col­lec­ti­ve­ment au nom du club. Nombreuses sont les répon­ses de pra­ti­quants expé­ri­men­tés ; 32 d’entre-elles pré­ci­sent le nom­bre d’années de pra­ti­que de l’aïkido (entre 9 et 47 ans, avec une moyenne de plus de 25 ans de pra­ti­que, pour cel­les et ceux qui l’ont pré­cisé) ; 27 décla­rent être ensei­gnants d’aïkido, la majo­rité titu­lai­res d’un BEES du 1er degré, 4 du 2e degré, 7 d’un moni­to­rat fédé­ral, un petit nom­bre n’indi­quant pas la nature du diplôme d’ensei­gnant. Bien évidemment, ces pré­ci­sions peu­vent se recou­per (on peut être haut gradé, avec de nom­breu­ses années de pra­ti­que, être ensei­gnant et pré­si­dent de club).

III – Méthode d’exploi­ta­tion de la consul­ta­tion

Plus géné­ra­le­ment, il faut bien consi­dé­rer que le cadre de cette consul­ta­tion était entiè­re­ment libre. La ques­tion était com­plè­te­ment ouverte, avec comme sup­port le pro­jet de règle­ment remis par M. Francis DIDIER. L’essen­tiel des avis porte sur le fonc­tion­ne­ment actuel des pas­sa­ges de gra­des et les sou­haits d’évolution. Les répon­ses dis­cu­tant point par point du détail des pro­po­si­tions de M. DIDIER sont très mino­ri­tai­res.

Ce cadre d’inter­ro­ga­tion par­ti­cu­liè­re­ment ouvert a néces­sité plu­sieurs lec­tu­res de l’ensem­ble des répon­ses pour effec­tuer un repé­rage des thè­mes qui appa­rais­saient le plus sou­vent, puis en une der­nière lec­ture consis­tant à dénom­brer plus pré­ci­sé­ment leur fré­quence d’appa­ri­tion.

Le cadre de la consul­ta­tion étant ainsi libre, cha­cun avait la pos­si­bi­lité d’évoquer tel ou tel point, à sa guise, et per­sonne n’était obligé de les évoquer tous. En consé­quence, les répon­ses ont une rela­tive dis­per­sion (que la pré­sente ana­lyse essaie de regrou­per par thè­mes). Le fait que tel sujet ne soit évoqué que par une dizaine de per­son­nes sur 145 répon­ses ne signi­fie donc pas du tout que ce sujet soit mar­gi­nal. Il signi­fie plu­tôt qu’il a été jugé par une dizaine de per­son­nes suf­fi­sam­ment impor­tant pour être évoqué, ce qui est à consi­dé­rer au regard des autres sujets qui ont été abor­dés spon­ta­né­ment plus ou moins fré­quem­ment, comme au regard de sujets pro­ches.

Si, dans une nou­velle consul­ta­tion, on avait évoqué ces sujets sous forme de ques­tions fer­mées, il est très vrai­sem­bla­ble que les « sco­res » de cha­cun d’entre eux auraient été assez dif­fé­rents.

Par ailleurs le rédac­teur du pré­sent docu­ment a essayé de s’abs­te­nir de tout juge­ment sur ces répon­ses. Cette d’ana­lyse tente d’être un sim­ple cons­tat des avis reçus. S’il y a lieu, il fera ses com­men­tai­res dans le cadre de la pré­sen­ta­tion de ses pro­po­si­tions, en mars pro­chain, quand il se réfé­rera aux résul­tats de cette enquête.

IV – Résultats

- Avis sur la consul­ta­tion elle-même

Un cer­tain nom­bre de répon­ses expri­ment spon­ta­né­ment un avis sur cette consul­ta­tion. Pour 8 d’entre elles cet avis est néga­tif ; pour plus de 50, il est posi­tif, nom­breu­ses étant cel­les qui remer­cient le minis­tère d’avoir pris cette ini­tia­tive ou expri­mant une satis­fac­tion à pou­voir s’expri­mer sur ce sujet.

On peut consi­dé­rer que tous les autres répon­dants consi­dé­raient per­ti­nente cette consul­ta­tion, sinon ils n’auraient sans doute pas fait l’effort de répon­dre.

Huit répon­ses consi­dè­rent que l’orga­ni­sa­tion des exa­mens de grade est un lieu de « pas­sage obligé » entre les fédé­ra­tions agréées, qu’en consé­quence s’y expri­ment là plus par­ti­cu­liè­re­ment, voire de manière plus aigue, les dif­fi­cultés qu’elles ren­contrent. « Tenter de trai­ter ces dif­fi­cultés est en quel­que sorte ne trai­ter que le symp­tôme ; cela ne réglera pas tout le pro­blème. » disent cer­tai­nes d’entre elles.

Par ailleurs 13 avis consi­dè­rent que cette consul­ta­tion des pra­ti­quants n’était pas néces­saire, voire inop­por­tune ou même très contes­ta­ble (les 8 avis néga­tifs étant inclus dans ces 13), les fédé­ra­tions ayant pour mis­sion d’expri­mer les avis de leurs mem­bres. Pour eux, en quel­que sorte, cet exer­cice de démo­cra­tie directe était en contra­dic­tion avec le prin­cipe de démo­cra­tie repré­sen­ta­tive sur lequel est fon­dée l’orga­ni­sa­tion fédé­rale spor­tive actuelle.

- Avis sur les ins­ti­tu­tions concer­nées par l’attri­bu­tion des gra­des dan et leurs rela­tions

Vingt-et-une répon­ses cri­ti­quent les mésen­ten­tes obser­vées entre fédé­ra­tions agréées, 5 des dys­fonc­tion­ne­ments de la CSDGE, 7 évoquent des dif­fi­cultés d’expres­sion interne, mais 10 sou­li­gnent, a contra­rio, la bonne entente entre les pra­ti­quants, comme entre les exa­mi­na­teurs, sur les tata­mis, lors des exa­mens ou à l’occa­sion de sta­ges ou autres ren­contres.

Neuf répon­ses cri­ti­quent le rôle de l’Etat sur ce sujet et/ou sem­blent igno­rer les dis­po­si­tions légis­la­ti­ves qui s’appli­quent en France (répon­ses du type : « On ne voit pas pour­quoi l’Etat, ou le minis­tère des sports se préoc­cupe de cette ques­tion ; il n’y a qu’à faire comme au Japon », alors que la déli­vrance des dans et gra­des équivalents est, en France, régle­men­tée ; ou bien encore « lais­sez nous faire entre nous ») ; 2 répon­ses deman­dent que l’on adopte la méthode uti­li­sée par l’Aïkikai pour les exa­mens de grade.

Huit répon­ses deman­dent que l’on accorde une totale auto­no­mie à cha­que fédé­ra­tion (notam­ment dans l’attri­bu­tion des gra­des et dan) ; 3 deman­dent une orga­ni­sa­tion confé­dé­rale ; 2 indi­quent que la diver­sité (tech­ni­que) devrait être per­çue comme une richesse, et non une rai­son d’oppo­si­tion ; 5 consi­dè­rent qu’il existe des sty­les ou des types de pra­ti­que dif­fé­rents et qu’ils sont peu com­pa­ti­bles ou incom­pa­ti­bles.

Sept répon­ses deman­dent des pré­ci­sions sur la durée du man­dat des mem­bres de la CSGDE et 9 sur leurs condi­tions de nomi­na­tion.

- Avis sur le dérou­le­ment des pas­sa­ges de gra­des dan

Huit répon­ses cri­ti­quent le man­que d’objec­ti­vité ou la par­tia­lité des exa­mi­na­teurs dans les pas­sa­ges de gra­des et dan ; 4 deman­dent plus d’équité et des cri­tè­res d’évaluation plus pré­cis ; 12 sont pour la mise en place d’une nota­tion, 3 contre ; 3 deman­dent un droit d’ins­crip­tion de ses­sion à ses­sion, et non de date à date, pour l’ins­crip­tion à un nou­vel exa­men de grade (du grade supé­rieur ou du même grade en cas d’échec pré­cé­dent [Nota : le règle­ment actuel a été modi­fiée en ce sens il y a quel­ques années] ; une réponse est favo­ra­ble au main­tien des condi­tions actuel­les de dérou­le­ment des exa­mens de grade.

- Propositions d’évolutions et/ou d’amé­lio­ra­tions

Soixante-huit répon­ses deman­dent que l’on accorde une voix pré­pon­dé­rante à la fédé­ra­tion d’appar­te­nance du can­di­dat ; 65 récla­ment un jury pari­taire (en géné­ral de 4 mem­bres), 3 un jury impair (de 3 exa­mi­na­teurs), pour faci­li­ter la déci­sion.

Quatre-vingt-douze répon­ses sont contre le frac­tion­ne­ment de l’exa­men (en unité de valeur), 2 répon­ses étant pour ce frac­tion­ne­ment.

Ces répon­ses se dis­tri­buent également entre fédé­ra­tion d’ori­gine du répon­dant, quand elles sont pré­ci­sées.

Deux répon­ses insis­tent sur l’impor­tance d’évaluer les can­di­dats dans leur com­por­te­ment comme UKE, et pas seu­le­ment comme TORI ; 3 évoquent la situa­tion des per­son­nes han­di­ca­pées, mal ou insuf­fi­sam­ment pri­ses en compte ; 2 répon­ses s’inter­ro­gent sur la per­ti­nence des écarts et âge mini­mum d’accès aux gra­des, l’une d’entre elle trou­vant que l’on décou­rage un peu les jeu­nes pra­ti­quants.

Quinze répon­ses sou­tien­nent expli­ci­te­ment les modi­fi­ca­tions appor­tées par la FFAB au pro­jet de M. Francis DIDIER, début juillet 2011. Certaines les joi­gnent en annexe.

- Formation des exa­mi­na­teurs - com­po­si­tion des jurys et prise de déci­sion

Neuf répon­ses deman­dent le ren­for­ce­ment de la for­ma­tion des exa­mi­na­teurs, cer­tai­nes d’entre elles sou­hai­tant qu’ils aient tous un diplôme d’ensei­gnant ; 1 réponse sou­haite un vote à bul­le­tin secret ; 1 réponse est favo­ra­ble au tirage au sort des juges.

- Accès aux hauts gra­des - gra­des sur dos­sier

Trois répon­ses sont favo­ra­bles à un exa­men pour les hauts gra­des (supé­rieur au Yondan - 4e dan) ; 4 contre. Une réponse fait part de ses réflexions pour l’accès aux gra­des sur dos­sier.

- Remarques sur le pro­jet de M. Francis DIDIER

Vingt-trois répon­ses trou­vent le pro­jet de M. Francis DIDIER trop com­pli­qué, dif­fi­cile à met­tre en œuvre et/ou trop éloigné de la culture de l’aïkido ; 9 deman­dent des pré­ci­sions sur cer­tains points ; 6 se pro­non­cent contre l’idée de points de boni­fi­ca­tion, 2 pour, mais plu­tôt pour des actions de déve­lop­pe­ment ou d’ensei­gne­ment que pour des sta­ges effec­tués.

- Autres remar­ques

Trois répon­ses men­tion­nent l’oubli de la situa­tion de l’Aïkibudo [Nota : qui fait l’objet d’une annexe au règle­ment en vigueur, cette pos­si­bi­lité demeu­rant pour l’ave­nir] ; 1 évoque la situa­tion des grou­pes d’aïkido exté­rieurs aux fédé­ra­tions agréées ; 1 demande des ren­sei­gne­ments per­son­nels (en matière de reconnais­sance d’équivalence).

Réponse du ministère des sports aux pratiquants qui ont souhaité participer à l’amélioration du futur règlement particulier de délivrance des « Dans » et « Grades équivalents » de l’aïkido faite le 8 septembre 2011

Le minis­tère des sports remer­cie les très nom­breux pra­ti­quants qui ont sou­haité, suite à la mise en ligne le 4 juillet 2011 du pro­jet de règle­ment sur le site minis­té­riel, par­ti­ci­per à l’amé­lio­ra­tion du futur règle­ment par­ti­cu­lier de déli­vrance des « Dans » et « Grades équivalents » de l’aïkido.

Leurs réac­tions, sou­vent très argu­men­tées, ont été appré­ciées et ont per­mis, avec les répon­ses offi­ciel­les des deux fédé­ra­tions agréées d’aïkido sai­sies dès le 22 juin 2011, de nour­rir la réflexion de cel­les et ceux qui veu­lent amé­lio­rer les exa­mens de pas­sage de gra­des de cette dis­ci­pline.

Le minis­tère des sports regrette de ne pas pou­voir répon­dre indi­vi­duel­le­ment à cha­que contri­bu­teur et sou­haite, par la pré­sente, appor­ter à tou­tes et tous quel­ques éléments d’infor­ma­tion et d’ana­lyse.

Le pro­jet de règle­ment sou­mis à l’avis des fédé­ra­tions agréées d’aïkido et porté à la connais­sance des pra­ti­quants, reste un « pro­jet » qui, amé­lioré par les divers avis et pro­po­si­tions reçues, sera sou­mis à la future com­mis­sion spé­cia­li­sée dont la mise en place est en cours. Celle-ci aura pour pre­mière res­pon­sa­bi­lité de fina­li­ser le règle­ment qui ne devien­dra appli­ca­ble qu’après appro­ba­tion par le minis­tère des sports.

Le choix de mis­sion­ner M. Francis Didier, pour tra­vailler à un pro­jet de règle­ment pour l’aïkido, n’a pas été fait pour sa qua­lité de pré­si­dent de la fédé­ra­tion fran­çaise de karaté et dis­ci­pli­nes asso­ciées.

Ce choix a été effec­tué parce que M. Francis Didier, en tant que pré­si­dent d’une com­mis­sion des gra­des gérant dif­fé­ren­tes dis­ci­pli­nes et diver­ses spé­cia­li­tés ou écoles, a su conce­voir une orga­ni­sa­tion d’exa­mens de pas­sage de « Dans » uni­fiée et res­pec­tueuse de la diver­sité des pra­ti­ques, tout en garan­tis­sant une homo­gé­néité d’exi­gen­ces et de pres­ta­tions à cha­cun des niveaux de gra­des.

Le minis­tère des sports remer­cie M. Francis Didier pour sa contri­bu­tion signi­fi­ca­tive et pour son inves­tis­se­ment per­son­nel dans cette démar­che.

Les amé­lio­ra­tions dans les pas­sa­ges de gra­des expri­mées plu­sieurs fois par les pra­ti­quants dans leurs cour­riels, concer­nent notam­ment la trans­pa­rence des déci­sions des jurys et l’impar­tia­lité des juge­ments.

En réponse, le minis­tère des sports fait savoir qu’il vise à faire cons­truire col­lec­ti­ve­ment une orga­ni­sa­tion qui amé­liore la situa­tion par trois évolutions sen­si­bles du règle­ment :

-  l’uti­li­sa­tion d’une « grille d’évaluation » qui res­pecte l’expres­sion de la diver­sité des pra­ti­ques mais qui garan­tisse l’uti­li­sa­tion de cri­tè­res objec­tifs abou­tis­sant à une nota­tion ;

-  la mise en place de jurys for­més à l’uti­li­sa­tion des grilles d’évaluation qui per­mette de déga­ger un résul­tat objec­ti­va­ble (au des­sus ou en des­sous de l’exi­gence annon­cée) sans don­ner la pré­do­mi­nance d’un jury sur un autre (la ques­tion actuelle d’un poids dif­fé­ren­cié du oui ou du non tombe d’elle-même) ;

-  la mise en place de for­ma­tions et de dési­gna­tions des jurys (en nom­bre égal d’ori­gine fédé­rale) pla­cées sous la res­pon­sa­bi­lité d’un « res­pon­sa­ble natio­nal des gra­des » garant du bon fonc­tion­ne­ment des exa­mens de gra­des, celui-ci étant fondé sur les com­pé­ten­ces avé­rées des jurys.

Plusieurs points font encore l’objet de débats, notam­ment l’accès aux gra­des par uni­tés de valeur (sys­tème non sou­haité par beau­coup de pra­ti­quants, car jugé trop éloigné de la spé­ci­fi­cité dis­ci­pli­naire) ; l’uni­cité ou la mul­ti­pli­ca­tion des jurys pour le même can­di­dat (l’uni­cité garan­tis­sant mieux la glo­ba­lité du juge­ment, la mul­ti­pli­ca­tion appro­chant mieux l’impar­tia­lité) ; la néces­saire reconnais­sance d’auto­no­mie reconnue à l’aïki­budo (faut-il l’envi­sa­ger pour d’autres pra­ti­ques ?), la ges­tion des hauts gra­des…

Le code du sport confie à l’Etat la défi­ni­tion des reconnais­san­ces offi­ciel­les en matière de com­pé­ten­ces spor­ti­ves. Les « Dans » et « Grades équivalents » des arts mar­tiaux, donc de l’aïkido, font par­tie de ces reconnais­san­ces (arti­cle L.212-5 du code du sport) au même titre que les qua­li­fi­ca­tions d’éducateurs.

Le minis­tère des sports fixe par arrêté la com­po­si­tion des com­mis­sions spé­cia­li­sées et approuve les règle­ments défi­nis­sant les condi­tions de déli­vrance des Dans et Grades équivalents, après consul­ta­tion des fédé­ra­tions spor­ti­ves concer­nées (arti­cle L.212-6 du code du sport).

Pour l’aïkido et en l’absence de fédé­ra­tion délé­ga­taire, la direc­tion des sports a recueilli l’avis des deux fédé­ra­tions agréées.

Le minis­tère des sports sou­haite que des avan­cées signi­fi­ca­ti­ves dans le pas­sage des gra­des de l’aïkido soient réa­li­sées dans les tout pro­chains mois.

Il remer­cie par avance tous cel­les et ceux, pra­ti­quants, ensei­gnants, diri­geants, qui faci­li­te­ront les évolutions atten­dues des aïki­doka et per­met­tront une tran­si­tion har­mo­nieuse vers un sys­tème sim­ple et juste d’accès aux « Dans » et « Grades équivalents » de l’aïkido.

Consultation des pratiquants d’aïkido lancée le 4 juillet 2011

La com­mis­sion spé­cia­li­sée des dans et gra­des équivalents (CSDGE) por­tée par l’union des fédé­ra­tions d’aïkido (UFA) qui regroupe les deux fédé­ra­tions d’aïkido agréées, la FFAAA et la FFAB, est en situa­tion de blo­cage depuis plus d’un an. Cette situa­tion ne per­met pas la déli­vrance des dans et gra­des équivalents en aïkido.

Afin de met­tre un terme à cette situa­tion, le minis­tère chargé des sports a décidé en sep­tem­bre 2010, en accord avec les mem­bres de la com­mis­sion consul­ta­tive des arts mar­tiaux et des sports de contact, de confier à M. Francis DIDIER, pré­si­dent du conseil inter­fé­dé­ral des arts mar­tiaux et des sports de com­bat du CNOSF, pré­si­dent de la com­mis­sion spé­cia­li­sée des dans et gra­des équivalents de karaté, pré­si­dent de la fédé­ra­tion fran­çaise de karaté et dis­ci­pli­nes asso­ciées, une mis­sion de réé­cri­ture des moda­li­tés d’attri­bu­tion des dans et gra­des équivalents en aïkido.

Après consul­ta­tion de tech­ni­ciens dési­gnés par les deux fédé­ra­tions, le docu­ment fina­lisé par M. Francis DIDIER a été com­mu­ni­qué le 22 juin 2011 aux pré­si­dents de l’UFA, de la FFAAA et la FFAB en leur deman­dant de trans­met­tre leurs obser­va­tions dans un délai de 30 jours.

Il appar­tient désor­mais aux diri­geants de l’aïkido de s’accor­der sur les moda­li­tés de mise en place de la déli­vrance des dans et gra­des pro­po­sées dans le pro­jet afin de met­tre fin à cette situa­tion.

Il est apparu sou­hai­ta­ble que l’ensem­ble des pra­ti­quants de l’aïkido puisse rapi­de­ment pren­dre connais­sance du pro­jet et contri­buer à son amé­lio­ra­tion. C’est pour­quoi le texte est acces­si­ble sur le site minis­té­riel.

La logi­que du pro­jet repose sur 4 inno­va­tions majeu­res :
- l’accès au grade se fait lors d’épreuves notées sur 20 (évaluation à par­tir de réfé­ren­tiels tech­ni­ques pré­cis), les uni­tés de valeurs acqui­ses étant conser­vées ;
- les jurys d’épreuves sont com­po­sés de 3 experts for­més à l’évaluation des gra­des ;
- un res­pon­sa­ble natio­nal des gra­des est chargé des moda­li­tés pra­ti­ques d’orga­ni­sa­tion des pas­sa­ges des dans (mise en place des exa­mens ; for­ma­tion et dési­gna­tion des jurys) ;
- la com­po­si­tion des com­mis­sions, natio­nale, inter­ré­gio­na­les et régio­na­les est élargie.

Télécharger le pro­jet CSDGE Aïkido

N.B. : les pra­ti­quants d’aïkido sou­hai­tant contri­buer à l’amé­lio­ra­tion du contenu de ce pro­jet de règle­ment, peu­vent le faire en adres­sant leurs pro­po­si­tions à l’adresse sui­vante :
csdge-aiki­do@­jeu­nesse-sports.gouv.fr