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Débat avec les élus en charge des sports
| 05/12/2011 |

6 décembre 2011

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les élus,

Avant toute chose, il faut que vous sachiez que le pre­mier repré­sen­tant des élus locaux que j’ai reçu a été votre Président, Jacques THOUROUDE.

L’ANDES est un de nos par­te­nai­res pri­vi­lé­giés. Vous êtes un appui pré­cieux pour relayer nos poli­ti­ques auprès de tous les acteurs locaux. Vous sié­gez également avec assi­duité dans tou­tes les ins­tan­ces de concer­ta­tion.

J’ai beau­coup à appren­dre de vous et de votre expé­rience. Je suis un Ministre à l’écoute du ter­rain. J’ai été pré­si­dent de club, diri­geant de fédé­ra­tions. Avant d’être Ministre, j’étais un élu. Je veux gar­der un contact direct avec nos conci­toyens. C’est pour cela que j’ai déjà fait une ving­taine de dépla­ce­ments depuis ma nomi­na­tion pour aller à la ren­contre des élus, des béné­vo­les, des diri­geants d’asso­cia­tions. Et, aujourd’hui, j’attends avant tout votre retour d’expé­rience.

Je ne pense pas que mon rôle de Ministre soit de dic­ter votre conduite. Au contraire, il faut appro­fon­dir encore notre par­te­na­riat.

C’est cette volonté de concer­ta­tion qui a guidé ma déci­sion d’ins­tal­ler une Conférence natio­nale du sport, recen­trée sur les acteurs clés dont l’ANDES fait bien évidemment par­tie.

Beaucoup d’entre vous étaient pré­sents au congrès des mai­res, le 23 novem­bre der­nier. Nous avons pu y débat­tre des moyens néces­sai­res pour déve­lop­per le sport et diver­si­fier la pra­ti­que.

Je vous y ai pré­senté mes gran­des prio­ri­tés d’action pour les pro­chains mois.

Vous m’avez confirmé que les équipements spor­tifs sont l’une de vos préoc­cu­pa­tions majeu­res. C’est tout natu­rel, puis­que vous êtes pro­prié­tai­res de 80% des équipements.

Aujourd’hui, je vou­drais que l’on revienne en détail sur les deux grands chan­tiers en cours : le schéma de cohé­rence ter­ri­to­riale et la cel­lule de conseil aux col­lec­ti­vi­tés.

L’Etat est là pour vous accom­pa­gner finan­ciè­re­ment. En 2011, nous avons sou­tenu plus de 270 pro­jets d’équipements, sans comp­ter les cré­dits régio­na­li­sés du CNDS. Et, mal­gré la crise et le contexte bud­gé­taire contraint, je me bats pour que l’Etat tienne sa place. Et je peux vous dire qu’il la tient.

Mais le sou­tien le plus impor­tant n’est pas finan­cier.

Comme vous le savez, la Révision Générale des Politiques Publiques nous a amené à cla­ri­fier les mis­sions de l’Etat. Nous nous som­mes recen­trés sur l’accom­pa­gne­ment des acteurs de ter­rain.

J’ai tenu à ce que des per­son­nels sport sub­sis­tent dans cha­que direc­tion, que ce soit à l’échelon régio­nal ou dépar­te­men­tal. Et j’ai encore redit jeudi der­nier à mes ser­vi­ces que leur prio­rité devait être de vous appor­ter leur exper­tise.

Ils doi­vent tout d’abord vous aider à iden­ti­fier les besoins de vos ter­ri­toi­res.

- Pour cela, nous dis­po­sons déjà d’outils, comme le recen­se­ment et l’atlas des équipements spor­tifs. Vous les connais­sez, ils ont été bien dif­fu­sés.

- Nous dis­po­sons de métho­des, comme le diag­nos­tic ter­ri­to­rial appro­fondi. L’objec­tif est que cha­que région puisse expé­ri­men­ter un DTA l’année pro­chaine. Je sais que de nom­breu­ses com­mu­nes de l’ANDES se sont por­tées can­di­da­tes.

- Nous dis­po­sons de res­sour­ces. Ce sont les agents des ser­vi­ces déconcen­trés, recen­trés sur leur mis­sion de sou­tien.

A pré­sent, je sou­haite aller plus loin en élaborant un schéma de cohé­rence ter­ri­to­riale de l’offre d’équipements spor­tifs.

On va regar­der des cho­ses très concrè­tes :

- Les temps d’accès : par exem­ple, un enfant ne doit pas avoir à faire plus de 10 minu­tes de voi­ture pour trou­ver une pis­cine ou un gym­nase.

- La diver­sité des équipements : quand j’étais enfant, dans mon petit vil­lage de Normandie, c’était le foot et rien d’autre. Et j’étais obligé d’aller à Rouen pour faire du judo.

- La quan­tité d’équipements : cer­tains ter­ri­toi­res sont clai­re­ment sous-équipés. C’est sou­vent le cas des ban­lieues ou des zones rura­les. Une com­mune rurale sur trois ne dis­pose d’aucun équipement spor­tif.

Voilà le type de déter­mi­nants d’ana­lyse qui seront uti­li­sés pour avoir une vision très com­plète des besoins de cha­que ter­ri­toire.

Nous veille­rons à inté­grer les équipements spor­tifs sco­lai­res dans notre étude. Jacques THOUROUDE m’a alerté sur ce point. Nous y tra­vaillons avec le minis­tère de l’Education natio­nale. Vous avez un regard très per­ti­nent sur ces ques­tions et vous serez plei­ne­ment asso­ciés, tout comme le CNOSF, à cette démar­che.

Connaître ses besoins, c’est un pre­mier pas. Savoir mener un pro­jet, c’est autre chose.

Dans la très grande majo­rité des cas, les élus font les bons choix. Mais il arrive encore que, faute d’éclairage suf­fi­sant, un pro­jet public se révèle beau­coup plus cher qu’un pro­jet privé.

Je vais donc créer une cel­lule de conseil aux col­lec­ti­vi­tés loca­les au sein du Ministère. Elle déve­lop­pera une exper­tise sur 3 points en par­ti­cu­liers :

- Les règles fédé­ra­les : comme l’ANDES et dans votre inté­rêt, je suis très atta­ché au main­tien de la CERFRES comme ins­tance de concer­ta­tion entre l’Etat, le mou­ve­ment spor­tif et les col­lec­ti­vi­tés. Les nor­mes sont un sujet très spé­ci­fi­que qui jus­ti­fie une ins­tance pro­pre et une concer­ta­tion forte.

- Les coûts d’inves­tis­se­ment, mais aussi de fonc­tion­ne­ment. Par le passé, on n’a pas assez appré­hendé ces coûts, par exem­ple pour les pis­ci­nes. Aujourd’hui, cela pèse très lourd dans cer­tains de vos bud­gets, je le sais.

- Les usa­ges et les besoins : Aujourd’hui, on ne cons­truit plus sys­té­ma­ti­que­ment des sta­des ou des gym­na­ses avec tri­bu­nes comme on le fai­sait il y a 30 ou 40 ans. Il existe toute une gamme d’équipements pos­si­ble qui doit répon­dre à la diver­sité des besoins et des usa­ges. Je pense par exem­ple aux pra­ti­ques spor­ti­ves émergentes, comme le Double Dutch, dont j’ai signé l’agré­ment fin octo­bre.

Au-delà de ces chan­tiers, nous devons conti­nuer à dia­lo­guer sur le sujet des équipements.

Je pense par exem­ple à la ques­tion de la réno­va­tion. C’est l’angle que nous avons adopté dans le plan de rat­tra­page en Seine-St-Denis, voulu par le Président de la République. L’Etat va inves­tir 15 mil­lions d’euros pour per­met­tre d’accroî­tre l’uti­li­sa­tion d’équipements déjà exis­tants.

Le fil rouge de tout cela, c’est l’inté­rêt géné­ral. Je n’ai pas peur de dire à cer­tains élus : on sou­tien­dra le pro­jet de la com­mune voi­sine, parce que le besoin est plus impor­tant. Je n’ai pas peur de dire : on va redé­fi­nir ce pro­jet, car son coût est suré­va­lué. Vous, comme moi, nous ser­vons la République et l’inté­rêt géné­ral.

Enfin, je ne peux pas conclure sans par­ler du béné­vo­lat. Aujourd’hui, c’est la jour­née inter­na­tio­nale des béné­vo­les. Vous savez que je fais de ce sujet une prio­rité de mon action. Le Président de la République me l’a demandé.

Les béné­vo­les, vous les croi­sez tous les jours dans vos com­mu­nes. Vous voyez leur pas­sion, mais aussi cer­tains jours leur décou­ra­ge­ment. Ils assu­ment de plus en plus de res­pon­sa­bi­li­tés et se deman­dent qui va pren­dre la relève.

C’est pour cela que je vais lan­cer le plan 1000 jeu­nes béné­vo­les futurs diri­geants. Nous allons for­mer des jeu­nes moti­vés pour assu­mer des res­pon­sa­bi­li­tés dans des asso­cia­tions spor­ti­ves. J’annon­ce­rai offi­ciel­le­ment le lan­ce­ment de ce plan cet après-midi à Vire, en Basse-Normandie.

Ce matin, j’ai eu une réu­nion avec des béné­vo­les au cen­tre des res­sour­ces et d’infor­ma­tion des béné­vo­les de Versailles.
Je veux ren­for­cer le rôle des CRIB pour déchar­ger les béné­vo­les des tâches admi­nis­tra­ti­ves. J’ai également demandé au CNDS de sim­pli­fier les deman­des de sub­ven­tions pour les plus peti­tes asso­cia­tions.

*

Mesdames et Messieurs les élus,

Nous som­mes les héri­tiers d’un modèle spor­tif per­for­mant, pensé et voulu par le géné­ral de Gaulle après l’humi­lia­tion des Jeux de Rome.

Depuis les années 1960, le monde du sport a beau­coup changé. Le Président de la République est le pre­mier depuis le géné­ral de Gaulle à por­ter de nou­veau une vision de long terme pour le sport.

Cette vision, on doit l’enri­chir de votre expé­rience. Vous êtes les par­te­nai­res incontour­na­bles de l’Etat.

J’attends donc votre retour d’expé­rience et je vous invite à com­men­cer la dis­cus­sion dès main­te­nant.