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Examen de la proposition de loi visant à renforcer l’éthique du sport et les droits des sportifs
| 18/01/2012 |

20 janvier 2012

Monsieur le Président,
Madame la Présidente de la commission,
Monsieur le Rapporteur, cher Eric,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Je vou­drais tout d’abord vous expri­mer ma satis­fac­tion d’être devant vous pour l’exa­men de la pro­po­si­tion de loi visant à ren­for­cer l’éthique du sport et les droits des spor­tifs.

Je remer­cie Eric BERDOATI, le rap­por­teur du texte, pour son tra­vail et sa grande impli­ca­tion. Eric BERDOATI est très sen­si­ble aux pro­blé­ma­ti­ques d’éthique dans le sport et c’est à ce titre qu’il a d’ailleurs accepté de pré­si­der le Comité du sup­por­té­risme.

La PPL Ethique du sport répond à une attente très forte du mou­ve­ment spor­tif et de l’ensem­ble des élus atta­chés au sport et à ses valeurs. Il est cou­tume, dans cette Assemblée, de voir la majo­rité et l’oppo­si­tion s’oppo­ser sur les lois sou­mi­ses à leur exa­men. C’est légi­time, cha­cun porte les convic­tions de sa famille poli­ti­que.

Mais la pro­po­si­tion de loi visant à ren­for­cer l’éthique du sport et les droits des spor­tifs n’est pas une loi comme les autres. Elle dépasse les cli­va­ges poli­ti­ques. Ce qui est en jeu, c’est l’inté­rêt du sport ama­teur et pro­fes­sion­nel, l’inté­rêt des béné­vo­les, des spor­tifs, de nos enfants.

Nous som­mes tous atta­chés à ce que le sport reste une école de la citoyen­neté. Il doit demeu­rer un espace de trans­mis­sion de valeurs qui sont au fon­de­ment de notre République. Cela fait consen­sus et c’est heu­reux.

D’ailleurs, cette pro­po­si­tion de loi a été adop­tée à l’una­ni­mité en pre­mière lec­ture au Sénat. Aujourd’hui, je vous invite à vous ins­crire dans la même volonté de défense de l’inté­rêt géné­ral et à la voter de manière conforme.

Je ne vais pas vous men­tir. J’aurais aimé, comme beau­coup d’entre vous, enri­chir ce texte d’autres dis­po­si­tions.

Cependant, compte tenu du calen­drier légis­la­tif, il ne sera pas pos­si­ble d’effec­tuer un deuxième vote au Sénat d’ici la fin de la légis­la­ture. Il faut déjà nous esti­mer heu­reux de pou­voir en dis­cu­ter aujourd’hui et je remer­cie ceux qui ont per­mis son ins­crip­tion à l’ordre du jour.

Le Gouvernement a déposé trois amen­de­ments de sup­pres­sion des dis­po­si­tions adop­tées en com­mis­sion. Nous som­mes également défa­vo­ra­bles aux amen­de­ments dépo­sés par la suite.

Certains auraient mérité de figu­rer dans le texte, comme celui de Jean-François LAMOUR limi­tant les aides des col­lec­ti­vi­tés aux clubs pro­fes­sion­nels. Cet amen­de­ment est inté­res­sant, même si des limi­ta­tions exis­tent déjà et que ce n’est pas aux fédé­ra­tions d’impo­ser des limi­tes aux col­lec­ti­vi­tés.

Je suis tout à fait dis­posé à com­men­cer à tra­vailler sur ces sujets pour une pro­chaine séquence. Cependant, le mou­ve­ment spor­tif attend les dis­po­si­tions de la PPL Ethique depuis déjà des années. Renvoyer le texte au Sénat, c’est pren­dre le très grand ris­que de ne voir ni ces amen­de­ments ni l’ensem­ble de la PPL adop­tés, alors que le texte actuel repré­sente déjà une avan­cée majeure pour le sport fran­çais.

Par ailleurs, je tiens à sou­li­gner que la plu­part des autres amen­de­ments dépo­sés sont contes­ta­bles sur le fond.

Je pense, par exem­ple, à celui sur les arbi­tres et les juges arbi­tres qui cal­que le dis­po­si­tif exis­tant pour les spor­tifs ins­crits sur la liste des spor­tifs de haut niveau. Cela engor­ge­rait le dis­po­si­tif des spor­tifs. Ce sujet doit être traité comme un sujet à part entière, de manière appro­fon­die, et non pas à la va-vite, sans concer­ta­tion avec les arbi­tres et leurs repré­sen­tants.

Je pense également à l’amen­de­ment concer­nant les rela­tions qu’entre­tien­nent les asso­cia­tions de sup­por­ters avec les repré­sen­tants des col­lec­ti­vi­tés loca­les et les autres acteurs du sport. Cet amen­de­ment revient sur un sujet déjà lar­ge­ment pris en compte au sein du Comité du sup­por­té­risme. Son Président, Monsieur le rap­por­teur Eric BERDOATI, ne me contre­dira pas.

Vous le voyez. Le texte actuel nous donne l’oppor­tu­nité de faire avan­cer le sport fran­çais dès aujourd’hui. Ne la lais­sons pas pas­ser.

La PPL Ethique du sport com­porte des dis­po­si­tions majeu­res, notam­ment en matière de mora­li­sa­tion du sport pro­fes­sion­nel.

Je sais que c’est un sujet qui vous préoc­cupe tous. La situa­tion du foot­ball euro­péen est inquié­tante, très inquié­tante même.

En France, la santé finan­cière des clubs a été davan­tage pré­ser­vée du fait de l’exis­tence d’une ins­tance de contrôle : la Direction natio­nale de contrôle de ges­tion (DNCG).

La PPL Ethique per­met­tra d’aller plus loin en matière de régu­la­tion des trans­ferts de joueurs grâce à deux dis­po­si­tions majeu­res :

*- La pos­si­bi­lité pour les fédé­ra­tions de pla­fon­ner la masse sala­riale des clubs. C’est le prin­cipe du salary cap.

*- La pos­si­bi­lité d’abais­ser le pla­fond de rému­né­ra­tion des agents.

Nous avons bien cons­cience qu’au-delà de ces dis­po­si­tions, la régu­la­tion des trans­ferts doit se faire au niveau euro­péen. J’y tra­vaille acti­ve­ment avec la Commission et le Parlement euro­péens. L’UEFA suit également de près cette ques­tion. Je dois d’ailleurs revoir très pro­chai­ne­ment Michel PLATINI sur ce sujet.

Pour reve­nir à la pro­po­si­tion de loi, le Gouvernement est également favo­ra­ble à tou­tes les dis­po­si­tions visant à pré­ve­nir la fraude liée aux paris spor­tifs en ligne.

Sur ce sujet-là également et grâce à la volonté du Président de la République, la France a été moteur à l’échelle inter­na­tio­nale, en posant un cadre légis­la­tif très strict lors de l’ouver­ture du mar­ché des paris spor­tifs en ligne.

La PPL Ethique du sport per­met de com­plé­ter la loi du 12 mai 2010 en posant de nou­vel­les inter­dic­tions pour pré­ve­nir les conflits d’inté­rêt.

Elle pré­voit également la pos­si­bi­lité pour les fédé­ra­tions d’accé­der aux don­nées de jeu, via l’ARJEL, afin de véri­fier que les acteurs de la com­pé­ti­tion n’ont pas par­ti­cipé aux opé­ra­tions de paris.

Enfin, nous sou­te­nons for­te­ment la créa­tion d’un délit pénal de cor­rup­tion spor­tive qui accroî­tra nos moyens d’inves­ti­ga­tion et de sanc­tion pour lut­ter contre les frau­des.

La PPL Ethique du sport com­porte aussi des avan­cées en matière de lutte contre le dopage.

C’est un point auquel j’atta­che beau­coup d’impor­tance, car les mes­sa­ges de bana­li­sa­tion exis­tent bel et bien. Je ne vais pas reve­nir sur les polé­mi­ques qu’il y a pu avoir ces der­niers mois.

Le dopage est une forme de tri­che­rie inac­cep­ta­ble. Tous les moyens pos­si­bles doi­vent être mis en œuvre pour lut­ter contre.

La France a tou­jours été exem­plaire dans cette lutte. La pro­po­si­tion de loi Ethique du sport per­met de para­che­ver la mise en confor­mité de notre légis­la­tion avec le code mon­dial anti­do­page.

Je tiens d’ailleurs à sou­li­gner que l’Agence mon­diale anti­do­page m’a fait part, par écrit, de son sou­tien à la pro­po­si­tion de loi qui s’ins­crit dans la lignée de ses pré­co­ni­sa­tions.

Cette pro­po­si­tion de loi élargit également le rôle et les com­pé­ten­ces de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD), auto­rité indé­pen­dante dont la qua­lité des contrô­les est lar­ge­ment reconnue à l’inter­na­tio­nal. Je sais que la repré­sen­ta­tion natio­nale est très atta­chée à son action et ses pré­ro­ga­ti­ves, comme j’ai encore pu le cons­ta­ter lors du vote du bud­get sport.

Mesdames et Messieurs les dépu­tés,

Je vous ai dressé les prin­ci­pa­les avan­cées appor­tées par la pro­po­si­tion de loi visant à ren­for­cer l’éthique du sport et les droits des spor­tifs. Il y en a d’autres, notam­ment l’obli­ga­tion faite aux fédé­ra­tions d’adop­ter une charte éthique.

Le Gouvernement sou­tient l’ensem­ble de ces dis­po­si­tions qui recueille­ront, je l’espère, un large consen­sus au sein de cette Assemblée.

Cette pro­po­si­tion de loi vien­dra com­plé­ter l’action du gou­ver­ne­ment en matière spor­tive. Le sport ne s’arrête pas à une loi et des régle­men­ta­tions. Depuis mon arri­vée au minis­tère des sports, nous avan­çons concrè­te­ment sur les sujets du dopage et de la cor­rup­tion, comme j’ai pu l’évoquer.

Il est également pour moi essen­tiel que l’Etat soit aux côtés des élus locaux pour les accom­pa­gner dans leurs pro­jets d’équipements. Un comité des grands équipements a ainsi été créé pour éviter, par exem­ple, que les élus se lan­cent dans des pro­jets dis­pro­por­tion­nés par rap­port à leurs besoins ou trop dépen­dants des finan­ces publi­ques, et notam­ment cel­les de l’Etat. Ce comité me sera d’une grande aide, dans les semai­nes à venir, lors­que nous aurons à pren­dre d’impor­tan­tes déci­sions de finan­ce­ment.

Sur tous ces sujets, il va de soi que je conti­nue­rai à asso­cier les par­le­men­tai­res, qui sont au plus près de la réa­lité du ter­rain et des préoc­cu­pa­tions de nos com­pa­trio­tes.

Je vous remer­cie.

Voir la vidéo de l’inter­ven­tion du minis­tre