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Lancement du plan 1000 jeunes bénévoles, à Vire
| 05/12/2011 |

6 décembre 2011

Monsieur le Député-maire, cher Jean-Yves (COUSIN),
Monsieur le Vice-président du Sénat et président du Conseil Général, cher Jean-Léonce (DUPONT),
Madame la Conseillère régionale représentant le Président du Conseil régional,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi avant toute chose de remer­cier Jean-Yves COUSIN qui nous accueille dans sa belle com­mune de Vire.

Cet après-midi, j’ai pu voir plu­sieurs équipements récem­ment cons­truits ou réno­vés dans ta ville. Je tiens à te féli­ci­ter, mon cher Jean-Yves, pour la qua­lité de ton action pour le sport.

Je vou­drais également remer­cier le Président du Conseil Général et la repré­sen­tante du Conseil Régional pour leur enga­ge­ment aux côtés des com­mu­nes.

Mon cher Jean-Léonce, je sais que tu veilles de près au déve­lop­pe­ment spor­tif de ton dépar­te­ment. Au Sénat, tu fais également par­tie des par­le­men­tai­res sur les­quels je peux comp­ter et je t’en remer­cie.

Je remer­cie enfin et sur­tout les béné­vo­les qui nous font l’hon­neur de leur pré­sence aujourd’hui.

En cette jour­née inter­na­tio­nale du béné­vo­lat, c’est à vous que je suis venu m’adres­ser.

Je veux vous dire ma reconnais­sance, mon res­pect et mon admi­ra­tion pour l’inten­sité et la cons­tance de votre enga­ge­ment.

Toute ma vie, j’ai côtoyé des béné­vo­les. Je sais que vous pré­fé­rez l’ombre à la lumière.

Laissez-moi vous dire une chose : à cha­que fois que j’ai été dans la lumière, à cha­que fois que je suis monté sur un podium, j’ai pensé à vous.

A vous, sans qui je n’aurais jamais décou­vert ma dis­ci­pline. A vous qui enca­drez les séan­ces d’entraî­ne­ment et les com­pé­ti­tions du week-end. A vous qui, dans les cou­lis­ses, êtes tou­jours pré­sents pour per­met­tre aux com­pé­ti­tions, gran­des ou peti­tes, de se tenir.

Aujourd’hui, je veux vous met­tre sous les pro­jec­teurs. Vous, dont l’humi­lité et la dis­cré­tion for­cent l’admi­ra­tion. Vous qui don­nez votre temps, votre enthou­siasme et votre énergie pour les autres.

Ne sous-esti­mez pas votre rôle : Vous êtes le ciment de la société et l’un des plus beaux visa­ges de la citoyen­neté.

Le sport n’exis­te­rait pas sans vous. Avec plus de 265 000 asso­cia­tions spor­ti­ves et 2,5 mil­lions de béné­vo­les, le sport est le pre­mier sec­teur d’enga­ge­ment asso­cia­tif de notre pays.

J’ai ren­contré beau­coup de béné­vo­les. Votre pas­sion du sport et votre géné­ro­sité ne fai­blis­sent pas. Je sais cepen­dant que vous avez par­fois le sen­ti­ment de faire plus d’admi­nis­tra­tif que de sport. Vous ne com­pre­nez pas pour­quoi, cha­que année, on vous demande les mêmes dos­siers. Vous crai­gnez également, je le sais, de ne voir per­sonne pren­dre la relève après vous.

Sachez, Mesdames et Messieurs, que le Président de la République a cons­cience de vos inquié­tu­des et qu’il m’a donné comme mis­sion d’y répon­dre au mieux.

Le Président sait que le béné­vo­lat est plus qu’un enga­ge­ment indi­vi­duel. C’est un pro­jet de société : celui d’une société res­pon­sa­ble, fai­sant confiance à l’enga­ge­ment gra­tuit des indi­vi­dus les uns envers les autres.

Il m’a dit : « Je veux que tu t’occu­pes des béné­vo­les. Ecoute-les, aide-les, valo­rise-les ». Eh bien fai­tes-moi confiance, je vais me bat­tre pour vous.

On parle sou­vent de crise du béné­vo­lat. Je ne me reconnais pas dans cette for­mule un peu facile.

En réa­lité, le nom­bre de béné­vo­les ne fai­blit pas. Nous n’en avons d’ailleurs jamais eu autant. Vous étiez un peu moins de 8 mil­lions en 1990 et vous êtes aujourd’hui plus de 12 mil­lions. Cela nous place bien au-des­sus de la plu­part de nos voi­sins euro­péens.

Cependant les for­mes d’enga­ge­ment ont changé. On voit beau­coup de béné­vo­les papillon­ner, pas­sant d’asso­cia­tion en asso­cia­tion. On en voit d’autres rechi­gner à don­ner trop de leur temps. Et sur­tout vous cons­ta­tez cha­que jour com­bien il est dif­fi­cile de trou­ver des per­son­nes prê­tes à assu­mer des res­pon­sa­bi­li­tés au sein des bureaux d’asso­cia­tions.

C’est pour­quoi, aujourd’hui, nous don­nons le coup d’envoi du plan « 1000 jeu­nes béné­vo­les, futurs diri­geants d’asso­cia­tions ».

Nous allons lan­cer des appels à pro­jet dans cha­que région pour détec­ter et for­mer des jeu­nes, âgés de 16 à 25 ans et béné­vo­les depuis au moins un an. Nous les pré­pa­re­rons à exer­cer des res­pon­sa­bi­li­tés au sein d’une asso­cia­tion.

Trop sou­vent j’ai entendu ici ou là que per­sonne ne vou­lait pren­dre la relève. Trop sou­vent des diri­geants m’ont dit : « après 20 ans de pré­si­dence, j’aime­rais pren­dre un peu de dis­tance. On aurait besoin de jeu­nes, parce que les cadres juri­di­ques évoluent et qu’il faut main­te­nant uti­li­ser les nou­vel­les tech­no­lo­gies ».

Le plan « 1000 jeu­nes » est un pre­mier pas pour pré­pa­rer la relève. Dès le mois de février, des ses­sions de for­ma­tion seront orga­ni­sées par les CROS et les CDOS à des­ti­na­tion de jeu­nes de 16 à 25 ans adhé­rents depuis au moins un an d’une asso­cia­tion spor­tive affi­liée.

La for­ma­tion sera cen­trée autour de trois domai­nes pré­cis de la vie asso­cia­tive :

- la conduite de pro­jet asso­cia­tif,

- le cadre juri­di­que des asso­cia­tions,

- la ges­tion finan­cière des asso­cia­tions.

Cette for­ma­tion sera valo­ri­sée, reconnue et cha­que jeune sera invité à rem­plir son car­net de vie du béné­vole mis en place sur Internet par le CNOSF.

Au-delà de cet appel à pro­jet en direc­tion des jeu­nes, je veux également que l’on vous décharge des tâches admi­nis­tra­ti­ves.

Je suis atta­ché au main­tien des sub­ven­tions de l’Etat. Elles concré­ti­sent le lien entre un Etat, garant des valeurs répu­bli­cai­nes, et ceux qui trans­met­tent ces valeurs à notre jeu­nesse. C’est pour cela que nous ne relè­ve­rons pas le plan­cher de 750 euros. Je veux conti­nuer à aider tous les clubs, même les plus petits. C’est la reconnais­sance de leur uti­lité sociale et de l’enga­ge­ment des béné­vo­les qui les ani­ment.
Mais les deman­des de sub­ven­tion ne doi­vent pas être une charge sup­plé­men­taire pour vous. Nous allons donc vous sim­pli­fier la vie de manière très concrète avec :

- un dos­sier sim­pli­fié pour les peti­tes sub­ven­tions ;

- la pos­si­bi­lité de dépo­ser vos deman­des par Internet ;

- la mise en place d’une contrac­tua­li­sa­tion sur 3 ou 4 ans afin de vous éviter d’avoir à pré­sen­ter un dos­sier com­plet cha­que année. Vous aurez juste à refaire la demande annuelle, car c’est une exi­gence de la loi.

Pour vous aider, il existe aussi des cen­tres de res­sour­ces et d’infor­ma­tion des béné­vo­les.

J’étais au CRIB de Versailles ce matin même. Ces cen­tres sont une très belle idée de Jean-François LAMOUR et les béné­vo­les les uti­li­sent, je le sais. On peut sûre­ment amé­lio­rer encore leur fonc­tion­ne­ment. J’ai donc demandé à mes ser­vi­ces de me faire remon­ter des pis­tes d’amé­lio­ra­tion.

Enfin, je veux déve­lop­per le mécé­nat de com­pé­ten­ces.

Les entre­pri­ses n’ont pas que de l’argent à nous appor­ter. Elles ont envie de s’inves­tir dans le sport sur du long terme. Sachez d’ailleurs qu’aujourd’hui, 48% entre­pri­ses mécè­nes choi­sis­sent de s’enga­ger dans le sport. C’est leur pre­mier sec­teur d’enga­ge­ment après le social en matière de mécé­nat.

La rai­son en est sim­ple : le sport porte des valeurs, dans les­quel­les nos entre­pri­ses se reconnais­sent. Plus qu’une sim­ple démar­che de com­mu­ni­ca­tion, elles ont envie de défen­dre ces valeurs à nos côtés.

Il faut sai­sir cette oppor­tu­nité. Il faut le faire sérieu­se­ment à tra­vers des pro­jets qui dépas­sent la seule logi­que du spon­so­ring.

Je vais créer un groupe d’entre­pri­ses au sein du CNDS pour réflé­chir à tous les liens à créer entre le monde du sport et le monde de l’entre­prise.

Nous allons notam­ment tra­vailler sur le mécé­nat de com­pé­ten­ces. Les sala­riés ont un savoir à trans­met­tre aux asso­cia­tions, par exem­ple pour un site Internet ou la ges­tion de la comp­ta­bi­lité. Profitons-en !

C’est un plus pour le béné­vole, mais aussi pour le sala­rié qui redonne ainsi du sens à son enga­ge­ment pro­fes­sion­nel.

*

Mesdames et Messieurs, vous le voyez, je vais m’atta­cher à pré­ser­ver la vita­lité du béné­vo­lat spor­tif.

Je crois, comme le Président de la République, au rôle fon­da­men­tal du sport dans notre société.

Par votre enga­ge­ment, vous contri­buez à trans­met­tre les valeurs indis­pen­sa­bles à l’équilibre de notre République : l’effort, le mérite, la fra­ter­nité, mais aussi l’humi­lité et la remise en ques­tion.

Sachez que nous serons là pour vous aider dans votre action de ter­rain car elle est indis­pen­sa­ble.

Vous pou­vez comp­ter sur mon appui et le sou­tien indé­fec­ti­ble du Président de la République.

Je vous remer­cie.