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Discours lors de la convention internationale Sport et Entreprise - Clermont-Ferrand
| 04/11/2011 |

8 novembre 2011

Je suis très heureux d’être parmi vous pour cette première convention internationale Sport et Entreprise.

Je vou­drais tout d’abord remer­cier le groupe MICHELIN qui est à l’ini­tia­tive de cette ren­contre, la pre­mière du genre, et remer­cier aussi mon ami Eric GRAB, qui a beau­coup fait pour que je sois ici aujourd’hui.

MICHELIN, c’est une his­toire fami­liale. Un exem­ple indus­triel. C’est aussi, on le sait moins, une aven­ture spor­tive.

Une aven­ture lan­cée par Marcel MICHELIN, dont le nom reste désor­mais atta­ché au stade de rugby cler­mon­tois. Il faut savoir que le rugby est arrivé en France entre la fin du XIXe siè­cle et le début du XXe. Clermont-Ferrand a donc été pré­cur­seur en la matière.

Une aven­ture qui s’est incar­née dans l’Association Sportive Montferrandaise dont nous fêtons cette année les 100 ans.

Une aven­ture qui a su évoluer avec l’arri­vée de nou­vel­les dis­ci­pli­nes au sein de l’ASM, comme l’ath­lé­tisme, la boxe ou le judo. Avec aussi des pro­jets d’entre­prise inno­vants pour amé­lio­rer la forme et le bien-être des sala­riés.

MICHELIN a une his­toire très par­ti­cu­lière avec le sport. C’est l’une des pre­miè­res entre­pri­ses à s’être préoc­cu­pée de la pra­ti­que spor­tive de ses sala­riés. Elle fait figure d’exem­ple, mais aussi d’excep­tion. Il faut que davan­tage d’entre­pri­ses s’enga­gent, c’est évident.

Aujourd’hui, on voit bien que les gens orga­ni­sent de plus en plus leur vie depuis leur lieu de tra­vail. La rai­son est sim­ple. Il est sou­vent plus facile de déga­ger une heure dans la jour­née pour faire du sport que le soir, après les trans­ports, les cour­ses, le bain des enfants…

Nous devons nous adap­ter à cette évolution de la société.

Le modèle du sport en entre­prise a long­temps été le sport cor­po­ra­tif et les fédé­ra­tions du sport en entre­prise. Ce modèle a porté ses fruits. Je tiens d’ailleurs à remer­cier Didier BESSEYRE, le pré­si­dent de la Fédération Française du Sport en Entreprise, qui réflé­chit avec nous à ces évolutions de la pra­ti­que spor­tive. Cependant, ces fédé­ra­tions ne peu­vent être le seul modèle, parce que les atten­tes et les modes de vie ont changé. Les actifs recher­chent une pra­ti­que tour­née vers le bien-être avec des horai­res sou­ples, une faci­lité d’accès, une diver­sité de pra­ti­que.

Nous avons donc décidé de lan­cer une cam­pa­gne de sen­si­bi­li­sa­tion sur le sport en entre­prise. Elle mobi­li­sera l’Etat, le CNOSF, des syn­di­cats patro­naux et de sala­riés et la Fédération Française du Sport en Entreprise. J’en pro­fite d’ailleurs pour remer­cier Denis MASSEGLIA, pré­si­dent du CNOSF, et Philippe JOFFARD, pré­si­dent du comité sport du MEDEF, pour leur impli­ca­tion sur ces sujets.

Au plus tard début décem­bre, nous allons dif­fu­ser des ques­tion­nai­res à des entre­pri­ses volon­tai­res et à leurs sala­riés. Cela nous per­met­tra de mieux cer­ner les moti­va­tions et les atten­tes. Cela per­met­tra aussi de sen­si­bi­li­ser l’ensem­ble du monde économique à l’inté­rêt de la pra­ti­que spor­tive.

Le comité sport du MEDEF réflé­chit de son côté à un autre sujet impor­tant : la mise en place d’un ticket sport.

J’y sous­cris tota­le­ment. J’en avais d’ailleurs moi-même lancé l’idée en 2009. En réa­lité, vous avez des entre­pri­ses qui sont suf­fi­sam­ment gran­des pour déve­lop­per leur pro­pre offre de sport. Et d’autres, plus peti­tes, qui ont besoin d’autres solu­tions. C’est tout le sens des tickets sport aux­quels nous réflé­chis­sons.

Tout n’est pas fina­lisé. Mais l’impor­tant, ce ne sont pas les effets d’annonce. C’est l’action concrète sur le long terme. Aujourd’hui, on lance une col­la­bo­ra­tion pérenne avec le monde de l’entre­prise. On aura gagné quand tou­tes les entre­pri­ses – les gran­des mais aussi les PME – auront com­pris tout ce que le sport peut leur appor­ter.

Il faut que le monde du sport s’enri­chisse de la culture de l’entre­prise et que l’entre­prise s’enri­chisse de la culture sport.

Le Président de la République croit en l’entre­prise, en ses valeurs, en sa capa­cité à cons­truire l’ave­nir. C’est pour cela qu’il a réformé la taxe pro­fes­sion­nelle, ce que per­sonne n’avait osé faire avant lui, déga­geant ainsi 6 mil­liards d’euros, qui, en dehors des dizai­nes mil­liers d’emplois sau­ve­gar­dés, per­met­tent d’accroî­tre la com­pé­ti­ti­vité des entre­pri­ses. C’est pour cela qu’il a lancé un grand emprunt de 35 mil­liards, dont 20 mil­liards auront déjà été enga­gés d’ici la fin de l’année.

Le monde du sport doit s’ins­pi­rer de l’exper­tise et de la culture de l’entre­prise notam­ment en matière de mana­ge­ment et d’enca­dre­ment. Je pense que beau­coup des cri­ses que nous avons connues dans le sport, et notam­ment les sports col­lec­tifs, sont liées à un défi­cit de mana­ge­ment.

Le monde de l’entre­prise a aussi beau­coup à appren­dre du monde spor­tif.

Le sport peut redon­ner une dimen­sion humaine à l’entre­prise. On sait à quel point la mul­ti­pli­ca­tion des pro­cess et la logi­que finan­cière peu­vent deve­nir déshu­ma­ni­sants.

Le sport apprend l’esprit d’équipe, l’échange, le par­tage, la réus­site, l’objec­tif en com­mun, mais aussi l’accom­plis­se­ment indi­vi­duel. A l’entraî­ne­ment, quand votre par­te­naire ne donne pas le meilleur de lui-même, vous êtes péna­lisé.

Le sport peut appor­ter de l’émotion, de l’énergie et de l’inno­va­tion. Il casse les bar­riè­res hié­rar­chi­ques et per­met d’oser. Je pense d’ailleurs qu’il est inté­res­sant pour les entre­pri­ses que leurs sala­riés por­tent des pro­jets spor­tifs. Regardez le suc­cès d’Hello inno­vate au sein du groupe MICHELIN.

Enfin, le sport apprend aussi la remise en ques­tion et l’auto­cri­ti­que. Il apprend à ana­ly­ser aussi bien les suc­cès que les échecs. C’est facile d’ana­ly­ser ses échecs, mais sou­vent on ne pense pas à ana­ly­ser les vic­toi­res, alors qu’on ne réus­sit jamais com­plè­te­ment.

J’ai parlé de culture sport, mais je suis per­suadé que les spor­tifs de haut niveau peu­vent également être de vrais atouts pour l’entre­prise.

Aujourd’hui, nous avons un sys­tème de conven­tions entre le minis­tère des sports et des entre­pri­ses qui per­met de don­ner un tra­vail aux spor­tifs de haut niveau. Le dis­po­si­tif fonc­tionne bien, mais on pour­rait aller beau­coup plus loin. Un peu moins de 800 spor­tifs béné­fi­cient de ces conven­tions, alors que la France compte plus de 7 000 spor­tifs de haut niveau.

C’est dom­mage, car nos spor­tifs de haut-niveau ont beau­coup à appor­ter à nos entre­pri­ses. Ils n’ont pas peur de tra­vailler. Ils ont le goût de l’excel­lence. Ils savent se fixer des objec­tifs et les attein­dre. Je veux qu’on trouve le moyen d’inté­res­ser davan­tage d’entre­pri­ses. Y com­pris des PME.

De l’autre côté, il faut mieux pré­pa­rer nos spor­tifs à inté­grer une entre­prise. Il faut qu’ils appren­nent les codes de l’entre­prise que sou­vent ils maî­tri­sent mal. Et sur­tout il y a la moti­va­tion. Lorsqu’un spor­tif arrête sa car­rière, du jour au len­de­main, il laisse de côté une vie de pas­sion. Du jour au len­de­main, il doit s’adap­ter à un nou­veau rythme. D’une cer­taine manière, on a des sprin­ters qui doi­vent appren­dre à faire un mara­thon.

Enfin, je vou­drais qu’on mobi­lise davan­tage d’entre­pri­ses autour des can­di­da­tu­res spor­ti­ves. Les entre­pri­ses se retrou­vent plei­ne­ment dans les valeurs du sport. Mais peu s’enga­gent. On a eu des par­te­nai­res for­mi­da­bles pour la can­di­da­ture d’Annecy. Mais ils n’ont été sol­li­ci­tés qu’au moment de la can­di­da­ture alors qu’ils pour­raient appor­ter énormément à la réflexion stra­té­gi­que. Ce qui est sûr, c’est que nous avons besoin des for­ces de tout le monde pour atti­rer chez nous les plus grands événements spor­tifs. Et nous devons aussi aider nos entre­pri­ses à être pré­sen­tes dans tou­tes les gran­des com­pé­ti­tions à l’inter­na­tio­nal.


Ce que je veux, c’est créer un groupe d’entre­pri­ses qui per­mette de créer des pas­se­rel­les. Nous avons de for­mi­da­bles entre­pri­ses. Michelin en est un exem­ple. Le sport ne les uti­lise pas et les entre­pri­ses n’uti­li­sent pas non plus le monde du sport. Si je veux créer ce groupe, ce n’est pas pour deman­der de l’argent aux entre­pri­ses, c’est pour que ces deux mon­des arri­vent à se connaî­tre. Nous allons tra­vailler ensem­ble et avan­cer sur tous les sujets que nous avons évoqués.

Je crois que, col­lec­ti­ve­ment, nous pour­rons mener de grands et beaux pro­jets. Des pro­jets por­teurs de valeurs. Les valeurs du sport, ce sont cel­les de notre République, ce sont aussi cel­les de nos entre­pri­ses.

Soyez assu­rés que le Président de la République, qui est un grand ama­teur de sport et qui croit plus que tout autre res­pon­sa­ble à la créa­tion de richesse par les entre­pri­ses, par­tage ce grand des­sein.
Je vous remer­cie.

*Seul le pro­noncé fait foi