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Réunion des directeurs départementaux chargés de la cohésion sociale
| 01/12/2011 |

1er décembre 2011

Madame le Secrétaire Générale,
Monsieur le directeur général,
Mesdames et Messieurs les directeurs,

Après avoir ren­contré les direc­teurs régio­naux le 26 octo­bre, je suis très heu­reux de pou­voir échanger aujourd’hui avec l’ensem­ble des direc­teurs des ser­vi­ces.

J’ai besoin d’échanger avec vous. C’est vous qui met­tez en œuvre les poli­ti­ques spor­ti­ves, sous le pilo­tage bien évidemment des direc­teurs régio­naux et des pré­fets de région.

C’est vous qui êtes sur le ter­rain, en contact direct avec tous les acteurs du sport et les usa­gers. Vous êtes les bras armés du Ministère des sports.

Vos mis­sions ont beau­coup évolué ces der­niers temps, allant de l’héber­ge­ment d’urgence à la pro­tec­tion des spor­tifs. Cela n’a pas été facile. Je tiens à saluer votre enga­ge­ment et votre pro­fes­sion­na­lisme en cette période de pro­fonds chan­ge­ments.

L’Etat doit rem­plir ses mis­sions, mais la situa­tion économique et bud­gé­taire impose d’avoir un souci de sobriété et d’effi­ca­cité. La révi­sion géné­rale des poli­ti­ques publi­ques (RGPP) a été l’occa­sion de cla­ri­fier le rôle et les res­pon­sa­bi­li­tés de l’Etat. Elle a également per­mis de réé­qui­li­brer les res­sour­ces et les mis­sions entre l’échelon régio­nal et l’échelon dépar­te­men­tal.

Tout au long de l’année 2011, une réflexion a été menée par le Secrétariat géné­ral sur les mis­sions, les métiers et les effec­tifs. Vous connais­sez désor­mais votre feuille de route.

Nous avons tenu à ce qu’il sub­siste des per­son­nels sport dans cha­que direc­tion dépar­te­men­tale. Leur tâche est claire et il n’est pas ques­tion que ces per­son­nels soient uti­li­sés pour d’autres mis­sions que cel­les de la poli­ti­que spor­tive.

Nous avons besoin de tou­tes les for­ces en pré­sence pour accom­plir nos mis­sions et accom­pa­gner au mieux les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les et le mou­ve­ment spor­tif.

Aujourd’hui, l’Etat ne doit plus être dans la logi­que de tout faire. Il doit fixer les gran­des orien­ta­tions natio­na­les et, sur le ter­rain, accom­pa­gner, assis­ter et éclairer les acteurs du sport.

Notre rôle d’exper­tise auprès des col­lec­ti­vi­tés loca­les doit être réaf­firmé.

Cette exper­tise doit por­ter sur les équipements. J’ai vu trop d’élus se lan­cer dans des cons­truc­tions sans réelle idée du coût total ni de l’uti­li­sa­tion future.

- Nous devons tout d’abord les aider à iden­ti­fier leurs besoins.

Nous allons pro­duire un schéma de cohé­rence ter­ri­to­riale des équipements spor­tifs pour le prin­temps 2012. Nous iden­ti­fie­rons ainsi les ter­ri­toi­res les plus défi­ci­tai­res et les types d’équipements à y cons­truire en prio­rité.

Ce schéma vien­dra com­plé­ter le pre­mier diag­nos­tic posé par l’atlas natio­nal des équipements spor­tifs. L’un des prin­ci­paux buts est de per­met­tre au CNDS de dis­po­ser de cri­tè­res plus objec­tifs pour attri­buer des sub­ven­tions.

L’ana­lyse des besoins en équipements pourra ensuite être affi­née grâce aux diag­nos­tics ter­ri­to­riaux appro­fon­dis. Une nou­velle métho­do­lo­gie vous a été adres­sée et, comme vous le savez sûre­ment, une pre­mière expé­ri­men­ta­tion a été réa­li­sée à Courcouronnes.

- Vous devez également accom­pa­gner les com­mu­nes dans la défi­ni­tion de leurs pro­jets d’équipements.

Je vais créer une cel­lule de conseils au sein du Ministère qui appor­tera une exper­tise sur trois points :

. Les nor­mes : j’étais au salon des mai­res la semaine pas­sée. Les élus m’ont encore fait part de leurs inter­ro­ga­tions, voire de leurs incom­pré­hen­sions, face à la com­plexité des nor­mes des règle­ments fédé­raux.
. Les coûts d’inves­tis­se­ment et de fonc­tion­ne­ment.
. Les usa­ges : Aujourd’hui, on ne cons­truit plus sys­té­ma­ti­que­ment des sta­des ou des gym­na­ses avec tri­bu­nes comme on le fai­sait il y a 30 ou 40 ans. Il y a toute une gamme d’équipements pos­si­ble qui doit répon­dre à la diver­sité des besoins et des usa­ges.

L’Etat doit par ailleurs accom­pa­gner le mou­ve­ment spor­tif pour déve­lop­per la pra­ti­que spor­tive.

- J’ai comme prio­rité la cor­rec­tion des iné­ga­li­tés d’accès à la pra­ti­que spor­tive.

Vous devez aider les clubs et les comi­tés à iden­ti­fier loca­le­ment les défi­cits de pra­ti­que.

Nous appor­te­rons une aide finan­cière et métho­do­lo­gi­que sup­plé­men­taire à ceux qui s’enga­gent dans une démar­che cor­rec­trice.

C’est pour cela qu’il vous est demandé, dans les dif­fé­ren­tes direc­ti­ves qui vous sont adres­sées, de vous fixer des objec­tifs de résul­tats sur l’accès des nou­veaux publics à la pra­ti­que. C’est le sens des cibles prio­ri­tai­res d’inter­ven­tion.

- Ma seconde prio­rité, c’est l’accom­pa­gne­ment et la valo­ri­sa­tion des béné­vo­les.

Le Président de la République y est très atta­ché.

Je trouve impor­tant que l’Etat, garant des valeurs répu­bli­cai­nes, conserve un lien direct avec les béné­vo­les qui trans­met­tent ces valeurs à notre jeu­nesse.

C’est pour cela que nous ne relè­ve­rons pas le plan­cher de 750 euros. Les sub­ven­tions du CNDS tra­dui­sent la reconnais­sance par l’Etat de l’uti­lité sociale des clubs et de l’enga­ge­ment des béné­vo­les qui les ani­ment.

C’est pour cela aussi qu’il est demandé aux clubs de pré­sen­ter un pro­jet éducatif. Ils doi­vent pren­dre cons­cience du rôle éducatif qu’ils jouent en indi­quant par écrit com­ment ils trans­met­tent et font res­pec­ter les valeurs de notre République.

Enfin, j’entends beau­coup de béné­vo­les s’inquié­ter pour l’ave­nir. Ils me disent que leur tâche est dif­fi­cile et que les jeu­nes n’auront pas for­cé­ment envie de conti­nuer.

Nous devons pré­pa­rer le renou­vel­le­ment des géné­ra­tions et mon­trer aux diri­geants en place que l’Etat se mobi­lise pour que d’autres vien­nent les épauler.

Je lan­ce­rai donc offi­ciel­le­ment lundi pro­chain, jour­née inter­na­tio­nale du béné­vo­lat, un appel à pro­jet « 1000 jeu­nes béné­vo­les futurs diri­geants ».

Très concrè­te­ment, l’appel à pro­jet « 1000 jeu­nes » figure dans la direc­tive ter­ri­to­riale du CNDS qui vous a récem­ment été envoyée. Il vous est demandé, dans le cadre des com­mis­sions ter­ri­to­ria­les et en lien étroit avec les CROS et les CDOS, de détec­ter les jeu­nes sus­cep­ti­bles de sui­vre ces for­ma­tions.

Chaque par­ti­ci­pant rece­vra un livret à la fin de la for­ma­tion. Ce sera un pre­mier pas vers le Carnet de vie du béné­vole mis en place par le CNOSF et sur lequel nous allons nous appuyer pour mieux valo­ri­ser l’enga­ge­ment béné­vole.

Enfin, il faut déchar­ger les béné­vo­les des contrain­tes admi­nis­tra­ti­ves. J’ai déjà demandé au CNDS de sim­pli­fier les deman­des de sub­ven­tions pour les plus peti­tes asso­cia­tions. Je vous demande main­te­nant de me faire part de votre expé­rience et de votre ana­lyse sur le fonc­tion­ne­ment et le rôle des cen­tres de res­sour­ces et d’infor­ma­tion des béné­vo­les (CRIB).

La Révision géné­rale des poli­ti­ques publi­ques a recen­tré l’Etat sur sa fonc­tion d’exper­tise, d’obser­va­tion et d’accom­pa­gne­ment. Nous devons également entrer dans une culture d’objec­tifs et de résul­tats.

Bien sûr, ce rôle d’exper­tise s’ajoute à vos mis­sions de contrôle qui garan­tis­sent la qua­lité d’accueil et de prise en charge des pra­ti­quants. Ces mis­sions ont aussi leur impor­tance.

Je vous l’ai dit, ma prio­rité, c’est le sport pour tous et vous êtes au cœur de cet enjeu. Ayez cons­cience que vous contri­buez également à déve­lop­per le haut niveau fran­çais, car sans une large base de pra­ti­quants, on ne peut pas for­mer et détec­ter de futurs cham­pions.

Je sais que le sport est désor­mais loin d’être votre seule prio­rité, mais il reste une des com­pé­ten­ces clef des direc­tions inter­mi­nis­té­riel­les char­gées de la cohé­sion sociale.

Avec l’école, le sport est aujourd’hui l’un des der­niers lieux d’appren­tis­sage des valeurs indis­pen­sa­bles à l’équilibre de notre République : l’effort, le mérite, la fra­ter­nité, mais aussi l’humi­lité et la remise en ques­tion. Je l’ai vécu, vous le cons­ta­tez au quo­ti­dien dans vos régions et vos dépar­te­ments.

Richard MONNEREAU, mon direc­teur de cabi­net, connaît par cœur tous ces sujets et il est, je le sais, tota­le­ment à votre écoute. N’hési­tez pas à le sol­li­ci­ter également.

Nous som­mes là pour échanger. Je vous invite donc à me faire part de vos réflexions ou de vos expé­rien­ces.

Seul le pro­noncé fait foi